La CPU n’est plus désespérément muette. Lettre d’information (n°90, 12 septembre 2012). Le site consacre désormais une rubrique aux Assises de l’enseignement supérieur et de la recherche : « la CPU mobilisée pour contribuer aux Assises« . « Sous la direction de Gérard Blanchard, président de l’Université de La Rochelle, un comité de pilotage animera la réflexion autour des 3 thèmes des assises : la réussite des étudiants, la réorganisation de la recherche et la révision de la gouvernance des établissements et des politiques de sites et de réseaux. Les travaux ont débuté lors de l’université d’été de la CPU et se poursuivront au rythme de deux rencontres mensuelles« .
Il faut se féliciter la mise en ligne des actes des colloques de la CPU depuis 1999, des conclusions de ces différents colloques, des propositions de la CPU depuis 2002 sur : la réussite de tous les étudiants ; la réorganisation de la recherche ; la révision de la gouvernance des établissements et des politiques de sites et de réseaux.
Réussite de tous les étudiants. Plusieurs propositions des colloques de 2011 et 2012 portent sur l’entrée à l’université. Ayant mis en Å“uvre l’orientation active et prisonnière du tabou de l’absence de sélection à l’entrée, la CPU s’engage dans une voie qui empêche la réussite de tous les étudiants, des bacheliers professionnels en particulier.
Moins de 5% des bacheliers professionnelles obtiennent la licence en 3 ou 4 ans. Organiser « des parcours adaptés, associés à des outils d’orientation effectifs », « rendre lisibles et cohérents les parcours de formation de niveau Licence » ne changera rien à l’affaire. Plus de 55.000 bacheliers professionnels, qui vont poursuivre des études supérieures à la rentrée 2012, n’obtiendront aucun diplôme du supérieur. Plus de 55.000 jeunes envoyés au massacre !
2012. Proposition 4 de la CPU. « L’absence de sélection à l’entrée à l’université est le corollaire de l’objectif de démocratisation, de justice sociale et d’élévation du niveau de qualification supérieure de notre population. Les universités ont pour ambition l’accueil de tous les publics, et, grâce à l’organisation de parcours adaptés à leur diversité, associés à des outils d’orientation effectifs, une exigence de réussite pour chacun ».
2011. Propositions 2. « Privilégier l’orientation vers les Sections de techniciens supérieurs des bacheliers professionnels poursuivant leurs études » est un vÅ“u pieux, un leurre. Pour une raison simple : avec la réforme du bac pro (3 ans au lieu de 4 ans), il n’y a pas assez de places dans ces sections. Il ne faut pas oublier que les classes supérieures des lycées ont été touchées, certes à un moindre niveau que les lycées, par le non remplacement d’un enseignant sur deux. Comment, dans ce contexte, ouvrir de nouvelles sections pour accueillir des bacheliers professionnels ?
2011. Proposition 1. « Concevoir le passage du lycée aux études supérieures comme un continuum : associer les acteurs du secondaire et du supérieur, réformer l’orientation des élèves ». « Le continuum » : la CPU se retrouve d’accord avec la Ministre Fioraso et le projet qu’elle défend : du -3 au +3. Que veut donc dire ce projet ? On ne sait trop mais il figure déjà dans le programme de travail de l’IGAENR pour 2012-2013. Il constitue un des axes de la refondation de l’école : « instauration d’une continuité bac – 3, bac + 3, passant par la mise en place d’un lycée de la réussite, la valorisation des voies technologique et professionnelle, une orientation réussie dans les premiers cycles de l’enseignement supérieur ».

Proposition : donner la licence à tout ceux qui sont encore inscrits au bout de trois ans, et organiser un examen d’entrée aux masters.
Cela simplifiera les choses et évitera toutes les usines à gaz pour faire de la réussite à 100 % (QCM, panachage, compensation, rattrapage, etc…)..
Les enseignants chercheurs seront contents : l’universitaire, libéré de la correction stérile des copies, pourra ainsi se consacrer à la recherche.
L’UNEF sera contente, réussite à 100 %
Les étudiants seront contents
Les familles seront contentes
Les secrétaires seront contentes : plus besoin d’organiser les lourdes et peu utiles sessions d’examen
Le ministère sera content, les chiffres du Gosplan seront atteints (plan réussite à 100 %), et la France pourra afficher des chiffres records de réussite dans les classements internationaux.
Et on fera des économies administratives d’examens, économies de fonctionnement de réunions, de comités, de réformes consacrés à la réussite ou l’échec à l’Université.
Et surtout la démocratie, la diversité, la justice sociale régneront enfin en France….
Oh très bonne idée Renaud.
Et puis on pourrait aussi penser à des passerelles d’entrées à l’université sans le bac plus efficaces. Comme ça même si on atteint pas 80% d’une classe d’age au bac on aura 100% à la licence….