Le président de l’UVSQ se fâche

Université de Paris Saclay. Le nouveau président de l’université de Versailles Saint-Quentin, Jean-Luc Vayssière, se fâche. Chronique de son blog (10 septembre 2012).

« Depuis que la pression présidentielle s’est estompée avec le changement de gouvernement, ce projet, qui était au départ celui d’une « université unique de classe mondiale », évolue vers un projet plus banal et dans lequel la place de l’UVSQ n’est visiblement pas souhaitée.  Pour simplifier, les grandes écoles garderaient leur diplôme et leur pré-carré sur les relations entreprises, les organismes de recherche resteraient dans un partenariat fort sans transfert de moyens, seules les 2 universités seraient finalement concernées par la fusion-acquisition, Paris Sud et l’UVSQ »….

Assises territoriales en Ile-de-France. Capacité des 17 universités franciliennes à faire des propositions communes ?

Tags: , , ,

Article du on Jeudi, septembre 13th, 2012 at 13:25 dans la rubrique 3. Ile-de-France. Pour suivre les flux RSS de cet article : RSS 2.0 feed. Vous pouvez laisser un commentaire , ou un trackback sur votre propre site.

4 commentaires “Le président de l’UVSQ se fâche”

  1. Sirius dit:

    Le Président de l’UVSQ se fâche-t-il ou prend-il conscience de la faiblesse, réelle, de sa position et cherche des boucs émissaires.
    Il tend à faire croire que le projet d’ »université unique » signifiait que les écoles avaient accepté de se dissoudre dans cet ensemble, en renonçant à leurs diplômes et à leurs relations propres avec les entreprises. Ceci est tout à fait inexact.
    Le problème de VSQ ne vient pas des écoles, mais de ses propres choix. Elle est face à la perspective d’une fusion-absorbsion par une université plus grande et beaucoup plus prestigieuse qu’elle-même. Avoir maintenu son appartenance à un autre Pres (UPGO) avec l’université de Cergy affaiblit encore sa position. D’autres perspectives étaient possibles, plutôt que d’être la cinquième roue du carrosse dans une alliance entre grands monstres.

  2. Pierre Dubois dit:

    @ Sirius. Je partage assez votre analyse. Une fusion-absorption entre Paris Orsay et l’UVSQ au sein de Paris Saclay pourrait se défendre. L’UVSQ n’est-elle pas apparue dans le classement de Shanghaï 2011 ? Elle a donc des bulles scientifiques à apporter.

    Mais l’UVSQ est également PRESsée avec Cergy dans l’UPGO, PRES non fusionnel. Les deux anciennes présidentes s’en partagent d’ailleurs la présidence et la vice-présidence : il faut bien des places pour les ex ! Ce PRES est également sans avenir s’il n’aboutit pas à la fusion !

    Au final, parfaitement d’accord, le président de l’UVSQ se fâche, mais que veut-il en définitive pour son université ?

  3. François dit:

    Réponse de Dominique Vernay, président de la FCS Campus Paris-Saclay
    (origine : AEF)

    « L’UVSQ est la bienvenue dans Saclay, à la condition qu’elle ne participe qu’à un seul ensemble structurant », répond Dominique Vernay. Il est invité à réagir à la tribune de Jean-Luc Vayssière, président de l’université Versailles Saint-Quentin, publiée le 10 septembre sur son blog, et dans laquelle il s’indigne de ne pas avoir toute sa place dans le projet d’université à Saclay.
    « J’ai des exigences qui s’appliquent à tous les membres de l’UPS (Université Paris-Saclay) : il faut être libre de tout engagement pour pouvoir participer au projet », rappelle Dominique Vernay. « Or, l’UVSQ est engagée dans un autre mariage au sein du PRES UPGO. Elle doit faire un choix ! » Le président de la FCS revient également sur les critiques de Jean-Luc Vayssière concernant une « banalisation » du projet saclaisien et les exigences des grandes écoles. « Quand l’université Paris-Saclay sera connue, reconnue et visible de l’étranger, les écoles elles-mêmes feront évoluer leurs diplômes. Il ne faut pas inverser le sens de la marche », estime ainsi Dominique Vernay, qui se veut avant tout « pragmatique ».

    AEF : Le 10 septembre, Jean-Luc Vayssière, le nouveau président de l’université Versailles Saint-Quentin, a jeté un pavé dans la mare en publiant sur son blog une tribune dans laquelle il estime que le projet d’université Paris-Saclay est en train de se « banaliser ». A quoi faisait-il référence ?

    Dominique Vernay : Vous pouvez ajouter que, suite à cette tribune, un article du « Figaro » a titré sur « l’enlisement » de l’université Paris-Saclay Mais le projet de Saclay ne s’enlise pas du tout ! Nous sommes en plein travail. Le 30 avril dernier, la convention idex a été signée avec l’État. La première phase du travail a consisté à mettre en place tout un dispositif de concertation pour définir la structuration de l’université Paris- Saclay et définir sa forme juridique. Un EPCS va être créé, dont il faut décider comment il sera gouverné, qui sera au CA, qui sera membre, quels seront ses organes consultatifs, quels seront les principes de délégation aux « schools », quelle sera l’autonomie des membres, etc. Pour traiter tous ces sujets, nous nous sommes organisés en groupes de travail, et nous faisons une journée de synthèse tous les mois et demi, qui donnent lieu à des « notes d’étape » disponibles sur le site de la FCS. La dernière réunion a par exemple identifié les futurs départements disciplinaires, qui seront transverses à l’université, et huit « schools » un peu différentes de celles qui figuraient dans le projet initial. Ce sont beaucoup de discussions qui sont nécessaires, car nous sommes là en plein dans la première grande structuration de Saclay. Nous avons gagné en maturité et je suis confiant dans notre capacité à tenir le planning que nous nous sommes fixé.

    AEF : Pourquoi Jean-Luc Vayssière évoque-t-il des « grandes écoles qui garderaient leur diplôme et leur pré-carré sur les relations entreprises » ?

    Dominique Vernay : Je pense que le président de l’UVSQ fait référence à une discussion que nous avons eue au sein du groupe qui réfléchit aux statuts de la future université, et qu’il y a une incompréhension. Nous avons bien, à dix ans, un projet d’université intégrée. Mais le mieux est l’ennemi du bien, et nous avons toujours prévu des étapes dans la mutualisation. Tout ne peut pas se faire en un claquement de doigts. Il n’est pas question de construire brutalement une superstructure qui gérerait tout. Ainsi, sur la question des relations entreprises, les grandes écoles ont une longue tradition et des partenariats très forts. Certaines d’entre elles, comme l’X, se sont émues de savoir si l’UPS allait se substituer à elle pour gérer ses relations entreprises. Ma réponse, c’est de dire que nous ne cassons pas les relations qui existent, mais que nous en créons de nouvelles. Lors de ses contacts avec ses partenaires, l’X, comme les autres membres de l’UPS, devra rappeler qu’elle est dans l’université Paris-Saclay et ainsi donner à cette relation une perspective plus large. Nous sommes dans une démarche pragmatique. Je ne nous vois pas monter un service des relations entreprises qui regrouperait ce que font déjà les 22 partenaires de la FCS !

    AEF : Et sur la question des diplômes ?

    Dominique Vernay : Les grandes écoles sont prêtes à mutualiser le doctorat et les masters. En revanche, chaque école souhaite rester l’entité qui délivre le diplôme d’ingénieur. Nous avons déjà beaucoup de sujets à traiter, qui nécessiteront beaucoup de temps et d’énergie. De plus, je ne vois pas l’intérêt de faire disparaître des diplômes qui fonctionnent. Quand l’université Paris-Saclay sera connue, reconnue et visible de l’étranger, les écoles elles-mêmes feront évoluer leurs diplômes. Il ne faut pas inverser le sens de la marche : le jour où la marque sera déployée et que l’UPS ne sera plus la start-up qu’elle est aujourd’hui, les notions de sous-identités s’atténueront. Et au fur et à mesure, la fierté d’appartenance à l’université s’accroîtra.

    AEF : Dans son blog, le président de l’UVSQ fait également référence à la « pression présidentielle » qui « s’est estompée avec le changement de gouvernement ». Ressentez-vous la même chose ? Cela peut-il affaiblir le projet d’université à Saclay ?

    Dominique Vernay : Sur le fond, c’est la partie de ce texte qui m’indigne le plus. Penser qu’il nous faudrait un aiguillon gouvernemental pour avancer, c’est quasiment insultant ! Au contraire, tout le monde a aujourd’hui compris que seule l’UPS pouvait permettre d’atteindre cette nécessaire dimension mondiale.

    AEF : La présence de Jean-Marc Monteil comme émissaire de l’ancien gouvernement vous a tout de même été bien utile pour faire avancer le projet lors de la phase précédente, non ?

    Dominique Vernay : Bien évidemment, car il y avait un énorme travail interministériel à effectuer, qui a été fondamental. Mais nous avons maintenant franchi cette étape. Avec la nouvelle équipe gouvernementale, nous avons des relations régulières et nous avançons enligne avec l’esprit et la lettre du contrat que nous avons signé.

    AEF : Le dernier point important soulevé par Jean-Luc Vayssière concerne la place de son université dans le projet Paris-Saclay. Il estime anormal que celle-ci ne soit représentée ni au CA de la FCS, ni au comité idex. Que lui répondez-vous ?

    Dominique Vernay : J’ai des exigences qui s’appliquent à tous les membres de l’UPS : il faut être libre de tout engagement pour pouvoir participer au projet. Or, l’UVSQ est engagée dans un autre mariage au sein du PRES UPGO. Elle doit faire un choix ! L’UVSQ est la bienvenue dans Saclay si elle a toute liberté d’action sur les sujets qui concernent l’UPS. Elle peut aussi choisir une troisième voie, comme un partenariat avec Saclay sur certains sujets. Mais ce qui est sûr, c’est qu’elle doit sortir de l’ambiguïté. Quant à sa place dans les instances, il s’agit là d’un procès d’intention : en 2011, nous avons collectivement décidé de réduire la place des établissements dans le CA de la FCS pour en faire davantage aux communautés. L’UVSQ appartient à l’assemblée des membres, sa voix est prise en compte dans le collège des établissements d’enseignement supérieur, elle reçoit tous les documents de travail du comité idex -qui ne peut pas réunir tout le monde- et elle participe au groupe très important des statuts de l’UPS…

    AEF : Vous ne pouvez cependant pas nier que les membres de la FCS géographiquement situés aux marges du plateau (l’UVSQ et l’université d’Evry) ont toujours été associés de manière assez distendue au projet, ce qui explique peut-être que l’UVSQ ait recherché un autre partenariat structurant…

    Dominique Vernay : L’université d’Evry participe à plusieurs labex avec Saclay et ne souhaite pas rester seule, ce que je comprends complètement. Nous allons réfléchir à monter avec eux un partenariat stratégique, et je pense que nous allons aboutir. Avec l’UVSQ, nous étions partis dès le début sur un schéma plus intégratif. Lors de la première candidature aux idex, où Saclay a échoué, l’UVSQ s’est dit qu’il fallait peut-être envisager une alternative : c’est bien humain ! Mais maintenant que l’idex de Saclay est lancée, nous avons le devoir d’aboutir à quelque chose qui ne soit pas un ectoplasme ! On doit savoir qui en est, et comment. Le PRES UPGO se dit « intégratif » : cela m’interroge, puisque l’une des règles d’appartenance à l’UPS est d’accepter que le doctorat soit délivré par l’UPS… Je redis donc que l’UVSQ est la bienvenue dans Saclay, à la condition qu’elle ne participe qu’à un seul ensemble structurant.

  4. Jean-luc Vayssière dit:

    Le Président de l’UVSQ entend vos commentaires voire vos critiques, forcément fécondes, mais reste un peu sur sa faim quant à votre vision, votre prospective :-)

Laisser un commentaire