Assises et réussite des étudiants

Comité de pilotage des Assises de l’enseignement supérieur et de la recherche. La Note de synthèse, publiée après les auditions de la consultation nationale, constitue une bonne surprise parce que les diagnostics sévères de l’état des lieux du Supérieur sont présentés sans langue de bois, parce qu’elle appelle à formuler des propositions qui devront être discutées dans les Assises territoriales. C’est le moment de dire haut et fort que des alternatives à la situation actuelle sont possibles et nécessaires, exigent un engagement financier plus fort de toutes les parties prenantes de l’enseignement supérieur.

C’est le temps du rêve éveillé : il faut en profiter ! La loi Fioraso, attendue dans la 1ère moitié de 2013, ne retiendra pas les propositions les plus révolutionnaires formulées dans les Assises. Sur la réforme de l’ensemble du 1er cycle, des pistes évoquées dans la Note concernent certaines des 20 propositions du projet porté par ce blog, désormais consultable sur le site des Assises : la création des IES, Instituts d’Enseignement Supérieur dédiés au cycle Licence. 238 autres contributions sur le site des Assises.

La réussite des étudiants en premier cycle (pages 3 à 7). La Note de synthèse rappelle des données insupportables : « l’obtention de la licence en trois ans concerne seulement 2,2% des étudiants titulaires d’un bac professionnel (4,1% en 3 ou 4 ans) » . Chronique du 28 juin 2012 : « Plus de 55.000 bacheliers professionnels 2012 envoyés au massacre ».

Le cÅ“ur de la Note se situe en haut de la page 4. « Le lien entre le lycée et l’université, sur le thème « Bac-3 / Bac+3, est capital. Une partie de l’échec étudiant s’explique par une rupture entre le secondaire et le supérieur : rupture pédagogique et méthodologique, rupture due également à la méconnaissance mutuelle de deux mondes qui se connaissent mal ». Selon la Note, quatre pistes de réforme sont envisageables : elles restent floues ou trop timides.

1. L’orientation des bacheliers technologiques et professionnels. « La redéfinition des modalités de recrutement des STS et des IUT est naturellement posée ». Empêcher l’entrée des bacheliers généraux dans ces filières ? Y imposer un quota de bacheliers technologiques et professionnels ? Piste de réforme trop timide : les STS doivent être sorties des lycées, l’offre de formation BTS/DUT doit être fusionnée et devenir la voie de formation professionnelle des IES.

2. Le corps enseignants en licence. « L’importance des professeurs agrégés/certifiés et leur complémentarité avec les enseignants-chercheurs – sur lesquels repose le projet universitaire – est souligné en raison des compétences pédagogiques reconnues des PRAG/PRCE, de leur disponibilité auprès des étudiants, et précisément de leur rôle clef à jouer dans le lien « bac-3 / Bac+3″… « L’équilibre entre le nombre de PRAG/PRCE et le nombre d’enseignants-chercheurs ne mériterait-il pas d’être précisé à l’aide d’un cadrage national, qui préserve le caractère fondamental et moteur de la recherche à l’université » ? Ne mettons pas la charrue avant les bÅ“ufs : aucune statistique ne permet de connaître la composition actuelle du corps enseignant en 1er cycle ! Piste de réforme trop timide. Le corps des agrégés doit être le seul corps enseignant dans les IES.

3. Classes préparatoires et premiers cycles universitaires. « Les professeurs agrégés/certifiés peuvent aussi jouer un rôle actif dans les coopérations, voire la mixité entre classes préparatoires et premiers cycles universitaires, que tous les acteurs souhaitent voir renforcée grâce à des partenariats cadrés nationalement et pas seulement laissés à l’initiative locale. Sur ce dernier thème des propositions sont attendues ». Piste de réforme trop timide : les CPGE doivent être sorties des lycées et une voie longue, donnant l’accès aux Masters et aux Ecoles, doit être organisée au sein des IES.

4. Les vacataires enseignants en premier cycle. « Une organisation auditionnée met en garde contre l’augmentation dramatique du taux de vacations par rapport aux heures d’enseignement délivrées par de véritables enseignants chercheurs, taux qui dérive dramatiquement depuis l’autonomie de gestion des universités et qui menace par là le lien fondamental entre l’enseignement supérieur et l’activité de recherche. Cela aussi ne nécessite-t-il pas un cadrage national » ? Dans les IES, l’ensemble de la charge d’enseignement est assurée par les professeurs agrégés.

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Article du on Mercredi, septembre 26th, 2012 at 11:14 dans la rubrique Débattre. Pour suivre les flux RSS de cet article : RSS 2.0 feed. Vous pouvez laisser un commentaire , ou un trackback sur votre propre site.

2 commentaires “Assises et réussite des étudiants”

  1. Contre la démocratie participative ? | Histoires d'universités dit:

    [...] nationales, le nombre des représentants de chaque région étant limité à 5. La première Note de synthèse laisse augurer – tout au moins je l’espère – de propositions non consensuelles. Geneviève [...]

  2. Chloé dit:

    Je voudrais attirer l’attention sur les effets pervers de l’attribution de la gestion de la masse salariale aux universités et aux IUT dans le cadre de la LRU :
    - les recrutements de PRAG (professeurs agrégés) sont actuellement presqu’exclusivement remplacés par des recrutements de PRCE (professeurs certifiés), qui sont moins chers. Absurdité du système : au bout de 15 ans de carrière, des agrégés qui ont des envies légitimes d’aller enseigner dans le supérieur ne le peuvent pas de fait, et quand ils y parviennent, ils se voient bloqués à leur poste ad vitam, puisqu’aucune autre université ne veut les recruter, car ils sont trop chers… Ils restent donc en collège ou en lycée…
    Quel gâchis de compétences !!!

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