Ni sélection, ni droits d’inscription

Note de synthèse du Comité de pilotage des Assises de l’enseignement supérieur et de la recherche. Lire également la chronique “Assises et réussite des étudiants“. La Note fait état des divergences classiques des organisations auditionnées sur la sélection à l’entrée de l’université et sur les droits d’inscription. Ne rêvons pas. Le statu quo, porté par les principales organisations étudiantes, l’emportera : ni sélection, ni progression des droits ! Les propositions innovantes seront mises aux oubliettes.

Divergences sur la sélection à l’entrée de l’université. “Pour les principales organisations étudiantes, la sélection est une restriction des chances. Elles préfèrent orienter le débat vers la demande d’une information plus précise sur les taux de réussite ou les débouchés de chaque cursus, vers des propositions de formations plus larges sur le plan disciplinaire, vers l’existence de passerelles entre les cursus, vers l’idée de pédagogies renouvelées”… A l’inverse d’autres organisations auditionnées “estiment que la sélection existe de fait dans notre système d’enseignement supérieur et qu’une sélection explicite, assumée et contrôlée serait moins pernicieuse et moins susceptible de conforter ou d’aggraver les inégalités“.

Je partage ce dernier avis. L’absence de sélection à l’entrée à l’université pénalise les étudiants issus des classes populaires : plusieurs dizaines de milliers de bacheliers 2012 vont s’y inscrire et échouer.

Proposition dans le cadre de la création des Instituts d’enseignement supérieur (IES) : l’orientation sélective.Tous les bacheliers ont le droit, immédiat ou reporté, de poursuivre des études supérieures. L’orientation vers telle ou telle voie du cycle licence est soumise à un examen sur dossier et sur projet. Le nombre de places dans les voies longue et professionnelle de Santé et paramédical est fixé conjointement par l’Etat et chacune des grandes Régions”. Droit reporté ou droit futur dans le cadre de la formation tout au long de la vie : ceci veut dire que l’examen sur dossier et sur projet peut se conclure par une décision de report de l’admission à une date ultérieure.

Divergences sur les droits d’inscription. “La question des frais d’inscription est bien sûr évoquée. Il eût été surprenant qu’elle fît l’unanimité. Tout d’abord, il est bon de rappeler que la gratuité des frais d’inscription ne suffit pas à permettre à toutes et à tous d’accéder à l’enseignement supérieur. Les études longues coûtent cher. On observe d’ailleurs un taux très élevé de CSP+ en master. Il n’y a donc pas aujourd’hui, égalité des chances ou d’accès à l’enseignement supérieur et cela constitue incontestablement un frein à sa démocratisation. Quand bien même les catégories sociales les plus aisées bénéficient donc davantage que les autres de notre service public, la majorité des acteurs (et en particulier les principales organisations étudiantes) est résolument opposée à toute augmentation des frais d’inscription.

Je partage l’analyse de la Note de synthèse : la quasi gratuité de l’accès à l’enseignement supérieur n’est pas une condition de sa démocratisation.

Proposition dans le cadre de la création des Instituts d’enseignement supérieur. Pour porter à 14.000 euros la dépense annuelle par étudiant en IES, il est nécessaire de faire progresser les ressources autres que celles venant de l’État et des collectivités territoriales : droits de scolarité calculés selon les revenus des parents et globalement augmentés, développement de l’alternance dans la voie professionnelle des IES et obligation pour les employeurs d’apprentis de verser aux IES une taxe d’apprentissage”.

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Article du on Jeudi, septembre 27th, 2012 at 10:33 dans la rubrique Débattre. Pour suivre les flux RSS de cet article : RSS 2.0 feed. Vous pouvez laisser un commentaire , ou un trackback sur votre propre site.

3 commentaires “Ni sélection, ni droits d’inscription”

  1. Ni sélection, ni droits d’inscription | Enseignement Supérieur et Recherche en France | Scoop.it dit:

    [...] Ni sélection, ni droits d’inscription From blog.educpros.fr – Today, 12:03 PM [...]

  2. Quentin Ariès dit:

    Etant en séjour académique au Royaume-Uni je dois dire que l’augmentation des frais d’inscriptions drastiques en outre-atlantique à des conséquences désastreuses : Même pour des études d’infirmières on arrive à du 10-15000 £ pour la formation en trois ans ! (soit entre 12 et 18000 euros). Et les conditions d’études ne sont pas améliorées selon les étudiants …

  3. Pierre Dubois dit:

    @Quentin. Je suis partisan d’une progression des droits d’inscription à l’université, mais évidemment pas dans la proportion que vous indiquez pour la Grande-Bretagne.

    Les enquêtes de l’Observatoire de la vie étudiante indiquent que l’étudiant dépense par mois 50 euros pour son informatique et Internet et 70 euros pour ses loisirs. 50 + 70 = 120 euros par mois x 12 mois = 1.440 euros. Ne pourrait-il pas dépenser autant pour se former et se diplômer ?

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