1ère contribution d’une université

La contribution aux Assises de l’université de Lyon 3 Jean Moulin, dans les formats impartis (4 pages et 3 thèmes), est la première portée à ma connaissance. Help aux lecteurs du blog pour me signaler d’autres contributions. Rappelons que Lyon 3 réunit, ne réunit qu’un nombre limité de disciplines d’enseignement et de recherche : droit, lettres et civilisations, langues, philosophie ; l’IAE et un IUT y sont rattachés.

La contribution de Lyon 3 ne se contente pas de diagnostiquer les problèmes de l’enseignement et de la recherche ; elle dessine des perspectives. Certaines sont assez classiques (dispositif rénové d’orientation active, repérage des étudiants les plus fragiles et mise en place d’un suivi spécifique, développement de l’esprit d’autonomie des étudiants, diversification des parcours). D’autres sont davantage innovantes : sensibilisation à la recherche dès la licence, diversification des modes de validation… Mais Lyon 3 ne rêve pas : des moyens sont nécessaires pour aller de l’avant.

Duex interrogations courageuses. La première porte sur les droits d’inscription. « Cette approche conduira inéluctablement à se poser la difficile question des droits d’inscription. La solution pourrait passer par la mise en place d’une variation des droits d’inscription selon des barèmes issus du quotient familial ou tout autre critère permettant d’apprécier la situation économique de celui qui s’acquitte des droits d’inscription, et l’établissement d’un système de bourses gérés par les universités et non par un organisme extérieur. L’objectif est à la fois de donner une marge financière aux établissements et d’avoir un système plus équitable de fixation des droits universitaires, sans aller cependant vers des maxima qui s’apparenteraient aux coûts d’inscription des universités anglo-saxonnes ou des écoles de commerce françaises. Il est clair que l’autonomie sans réelle marge de manœuvre sur la masse salariale et sur les recettes est un leurre« .

Seconde interrogation. « Réfléchir à une simplification du dispositif de l’enseignement supérieur, illisible à l’étranger : simplification des cursus internes des universités, mais aussi simplification du système dans son ensemble où coexistent actuellement des écoles qui sont sélectives avec des universités qui ne le sont pas ». L’université de Lyon 3 serait-elle prête à engager un débat sur la création d’Instituts d’enseignement supérieur dédiés à une licence complètement réformée ?

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Article du on Mercredi, octobre 3rd, 2012 at 9:51 dans la rubrique 3. Rhône-Alpes, Auvergne. Pour suivre les flux RSS de cet article : RSS 2.0 feed. Vous pouvez laisser un commentaire , ou un trackback sur votre propre site.

5 commentaires “1ère contribution d’une université”

  1. François dit:

    Contribution très intéressante et constructive, mais qui malheureusement commence par une phrase lamentable :
     » Comment réduire la situation de concurrence existant entre les universités et les filières sélectives ? « .

    Alors que la démarche devrait être :  » de quels atouts est-ce que les universités disposent, comment peuvent-elles les exploiter pour faire au moins aussi bien et si possible mieux que les autres filières, puis comment peuvent-elles le faire reconnaître à l’extérieur ? « , ceci revient à dire :  » comment brider les autres filières pour les empêcher de faire mieux que nous ? « , c’est à dire  » comment niveler par le bas, comme ça en France nous serons tous égaux; le reste du monde, on s’en fiche, yaka fermer les frontières ! « .

    C’est d’autant plus surprenant que la suite du texte met en évidence les atouts dont dispose l’université : proximité enseignement/recherche, mode de fonctionnement favorisant le développement de l’autonomie et de l’initiative des étudiants. Lyon 3 aurait intérêt à enlever cette phrase de son texte.

  2. Damien dit:

    François:
    « ceci revient à dire : ” comment brider les autres filières pour les empêcher de faire mieux que nous ? “, »

    Non, ceci revient à dire « comment envisager une réforme globale de l’enseignement supérieur et ne pas se focaliser sur chaque élément indépendamment, ce qui interdit toute réflexion globale », ce que vous faites dans votre première démarche.

  3. Olivier dit:

    « simplification des cursus internes des universités, mais aussi simplification du système dans son ensemble où coexistent actuellement des écoles qui sont sélectives avec des universités qui ne le sont pas »

    L’université pas sélective ? Le taux d’échec en premier cycle est déjà une sélection (légitime) car l’université n’est pas faite pour accueillir la majorité des bacheliers… Ou si je le formule autrement: l’université ne doit pas être le déversoir de tous ceux qui n’ont pas été pris en CGPE, IUT et BTS… Mais je pense que les grands théoriciens de l’éducation ne l’ont pas compris et ne veulent surtout pas aborder cette question !!!

    Oui l’université doit être sélective,

    Oui l’université ne doit pas brader ses formations et ses diplômes pour permettre à 50% d’une classe d’âge d’avoir un bac+3 en formation INITIALE

    Oui l’université avec ses masters et ses formations doctorales doit damier le pion une bonne fois pour toutes aux grandes écoles (privées),

    Oui l’université doit être la seule référence au niveau international,

    Oui l’université doit devenir la seule référence en matière de formation CONTINUE POST-BACCALAUREAT avec des formations visibles, accessibles financièrement et reconnues,

    Quitte à bousculer l’organisation et le fonctionnement de tout l’enseignement supérieur français…

  4. François dit:

    Pour mettre un peu d’ambiance dans le débat, le point de vue d’un Indien (d’Inde, pas un Sioux) sur la manière d’avoir de bonnes universités :

     » Harvard was established as a public institution in 1636. When Harvard alumni dominated the Massachusetts legislature, the university was given support and consideration. But in the 1840s, mass immigration, fueled by the Irish potato famine, altered the state’s demographic balance, enabling populists to gain control of the legislature.

    Almost immediately, Harvard came under attack for being too elitist, too exclusive and too expensive. Even its curriculum was challenged.

    Over the next two decades, the state increasingly impeded Harvard’s functioning by, for example, refusing to release funds and obstructing the appointment of professors. This behavior culminated in 1862, when the legislature blocked a university president’s appointment.

    In response, Harvard requested that it be placed « out of the reach of ordinary political strife and change » and into the « hands of alumni who have the interests of education most at heart. » Since then (1865), Harvard’s Board of Overseers, has been controlled exclusively by alumni.

    Inspired by Harvard’s success, other universities took similar action. This “genuine American method” became the norm not only for private universities, but also for public institutions. Today, 19 of the top 20 American universities in U.S. News and World Report’s much-watched rankings are controlled by alumni (defined as 50 percent or more representation on the Board of Trustees). On average, alumni make up 63 percent of the boards of the top 100 U.S. universities, both public and private.

    In general, a higher percentage of alumni on the board is associated with a higher ranking, increased selectivity and a larger endowment. After all, no group cares more about a university’s prestige than its alumni, who gain or lose esteem as their alma mater’s ranking rises or falls. »

  5. Bloc-notes dit:

    Pour les droits d’inscription, ils doivent être les mêmes pour tous ! Et dans toutes les universités les mêmes. Egalité, Fraternité (pas liberté pour les universités). Même si les universités sont devenues autonomes, je pense que ce n’est pas à elle de gérer les bourses. Il y a les boursiers, il y a ceux qui peuvent largement payer et il y a ceux qui sont entre les deux et ceux-là sont largement oubliées. LE JUSTE MILIEU ! En résumé la classe moyenne, ceux qui ne bénéficient pas des bourses parce que trop « riches » et ceux qui sont loin de gagner autant qu’un enseignant-chercheur et qui du coup sont obligés de travailler pendant leurs études. Que l’on arrête de les faire payer.

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