Dans un contexte de tensions financières, la campagne pour les élections aux conseils centraux et à la présidence de l’université de Strasbourg démarre doucement, trop lentement. Les personnels voteront le 20 novembre 2012, les étudiants le 27 et 28. La/le Président(e) de l’université sera élu le 18 décembre par les 22 élus du nouveau conseil d’administration. Six semaines avant les premières élections, que sait-on du nombre de listes dans les différents collèges, de leur composition, de leur profession de foi, de leur communication, de la création de blogs de campagne, des candidats à la présidence. Presque rien ! Certes, il y a des rumeurs, des bruits de couloir, des propos d’assemblées générales, des informations officieuses…
Pour l’instant, une seule certitude : Alain Beretz, président de l’université, a annoncé, dès juin 2012 dans l’Actu n°61, sa candidature à un second mandat. Fin 2008, Alain Beretz était sorti vainqueur de la compétition entre les 3 listes du collège des professeurs et les 4 listes du collège des autres enseignants. Fin 2008, Michel Granet, aujourd’hui rapporteur territorial pour les Assises du supérieur, était candidat à la présidence.
Le démarrage poussif de la campagne est-il favorable au président sortant ? Je le crois. Quel programme pour un second mandat ? Reconduction de la même équipe ? Le président Beretz devrait rapidement faire le point sur le contrat quinquennal 2013-2017 qu’il a négocié et qui devrait être signé dans les premiers mois de 2013. Ce contrat engage l’action de l’équipe sortante. Dans un contexte de tensions sur les heures de formation, le minimum ne serait-il pas de mettre en ligne l’offre de formation, proposée avec l’université de Haute-Alsace en voie de rattachement, pour le contrat et pour la rentrée 2013, offre qui vise à « mettre en Å“uvre une stratégie de réussite pour nos étudiants ».
La rubrique « élections » du site de l’UdS est sensée fournir « toutes les informations sur les arrêtés, les notices, les candidatures, les professions de foi, etc…« . Pour l’instant, n’y figurent que des informations « administratives », à une exception près : une « charte de bonne conduite » de 6 pages, datée du 6 septembre 2012. Direction et organisations représentatives des personnels et des étudiants cherchent avec raison à éviter les contentieux électoraux qui se sont produits dans un nombre trop élevé d’universités. « Le président prend toute mesure pour garantir la sincérité et la régularité des scrutins« . La charte devra être « signée par les correspondants de listes au moment du dépôt de candidature de leur liste, par les candidat(e)s à l’élection présidentielle au moment du dépôt de leur candidature ». La Charte vise une égalité de traitement entre les listes, les candidat(e)s à la présidence.
La charte de bonne conduite consacre son point 3.7 à l’organisation des relations avec la presse. « Pendant la campagne, le service de presse s’engage à transmettre aux médias qui le solliciteraient, les coordonnées des correspondants de listes ou des candidat(e)s à la présidence, dès lors qu’ils sont officiellement déclarés. Le service n’organisera pas de conférence de presse pour les listes et/ou candidat(e)s, et ne transmettra pas leurs communiqués de presse… Il ne réalisera pas de panorama de presse spécifique pour la campagne. Il assurera les relations avec la presse pour les résultats officiels des élections ».
Je vais de ce pas demander au service de presse de me transmettre le minimum d’informations.

Au delà des problèmes spécifiques à l’UdS, ceci traduit les effets des principes de démocratie réduite de la LRU, qui atteignent des sommets avec une université qui a fusionné 3 universités, conformément aux injonctions sanghaïesques de nos gouvernants. Si l’on veut vraiment faire des énormes paquebots universitaires type Université de Lorraine, de Strasbourg, etc, il faut IMPERATIVEMENT revoir le mode d’élection des CA et des présidents. Sans quoi les universitaires ne deviendront plus que des simples salariés de grandes boites sans visibilité des instances dirigeantes et des choix qu’elles opèrent. Et ces élections de purs simulacres de démocratie laissant place à une direction autoritaire et centralisée, répondant aux seuls impératifs budgétaires, réglementaires et politiques dans le plus pur mépris de la profession académique et des personnels universitaires en général.