Le Maire, l’Université, les Assises

4 octobre 2012, Strasbourg, 3ème des 10 Rencontres avec le Maire, salle du bon Pasteur, quartier du Conseil des XV et de l’Orangerie. Prés de 200 personnes, plutôt âgées. La plaquette. Le film de 9 minutes projeté en début de rencontre : le patrimoine incomparable, la capitale européenne, la 1ère université de France, les transports en commun et le vélo, l’excellent boire et manger, la ville en développement… Une ville où l’on vit très bien.

Roland Ries, maire, et Olivier Bitz, adjoint de quartier, introduisent le débat avant d’entendre les questions de la salle. Il y en aura une bonne dizaine durant 1 heure 30. Les édiles municipaux sont à l’écoute. Leur connaissance et leur maîtrise des dossiers techniques m’impressionnent. Les réponses qu’ils apportent ou qu’ils délèguent à un membre de l’équipe municipale sont toujours précises. Strasbourg, une ville où il fait bon vivre.

Je pose la première question, en 3 points : la ville et l’université. La situation financière fort difficile de celle-ci, l’argent du Plan Campus qui n’arrive pas parce que l’université refuse, avec raison, les Partenariats-Public-Privé (PPP) ne compromettent-ils pas certains projets de la ville ? L’aménagement de la presqu’île Malraux en particulier ?

Roland Ries acquiesce. J’en ai discuté avec Alain Beretz ; nous avons réservé la Tour Seegmuller pour la cité internationale de l’université et des logements étudiants ; cette Tour ne peut rester une friche industrielle dans un quartier d’avenir, dans cet espace de développement de la ville vers l’Allemagne. Nous sommes en train de construire une autre solution que le PPP. Olivier Bitz. Nous sommes toujours en discussion avec l’université pour que le parc du Palais universitaire et le Jardin botanique soient davantage ouverts au public dans de bonnes conditions. Nous versons d’ailleurs une subvention à l’université mais visiblement, cela ne semble pas suffire.

Les facultés de théologie catholique et protestante de l’université publique de Strasbourg forment des prêtres et des pasteurs. Que pensez-vous de l’ouverture d’une faculté privée de théologie musulmane, financée par la Turquie et qui formera des imams ? L’université laïque et républicaine ne devrait-elle pas les former elle-même ? Roland Ries. Il s’agit effectivement d’une faculté privée. La Turquie a acheté le terrain et aucun règlement n’interdit d’y créer une telle faculté. Former des imams pour la 2ème religion de France est absolument nécessaire. Le maire considère que des imams français doivent être formés pour les musulmans français. Il faudrait que l’université puisse avoir son mot à dire sur la formation dispensée dans la faculté privée. Sous forme d’un contrôle des programmes ? La ville doit engager des discussions sérieuses avec l’université. La frilosité de celle-ci ne saurait être de mise. Mais c’est un dossier d’une extrême complexité.

La ville a-t-elle été invitée aux Assises territoriales de l’enseignement supérieur et de la recherche ? Avez-vous soumis une contribution pour ces Assises ? Le maire de Strasbourg répond avec un large sourire. Nous avons certainement reçu une invitation. L’équipe n’a pas préparé de contribution. A vrai dire, nous n’y avons même pas pensé. Réponse d’une totale franchise. C’est aussi cela la démocratie participative ! A choisir, je préfère ce type de rencontre entre les élus municipaux et leurs concitoyens que la fausse démocratie participative des Assises !

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Article du on Vendredi, octobre 5th, 2012 at 9:57 dans la rubrique 3. Alsace. Pour suivre les flux RSS de cet article : RSS 2.0 feed. Vous pouvez laisser un commentaire , ou un trackback sur votre propre site.

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