Il y a quelques jours, dans L’union, le président de l’université de Reims Champagne-Ardenne, Gilles Baillat, confirmait le projet de refondation de l’université autour du grand Campus de Croix-Rouge, situé à 3 stations de tramway de la gare TGV. « J’estime entre 200 et 250 millions d’euros le financement à réunir dans un contexte où j’annonce la perspective pour 2020, où l’État soutient le projet, comme la ville et la région. Le financement sera donc au moins quadripartite en prenant en compte l’apport de l’université ». Une somme considérable en ces temps d’austérité. Certes, l’université a une situation financière saine mais ses projets immobiliers n’ont pas été retenus par l’Opération Campus. Croix Rouge, un projet mobilisateur de long terme ?
Mais déjà , l’université dans sa région s’est largement mobilisée pour les Assises de l’enseignement supérieur et de la recherche. Nombreuses contributions sur la page des Assises territoriales, émanant, en particulier, du Conseil économique, social et environnemental régional, de l’Université technologique de Troyes, de Reims Management School. Sur le site de l’université, analyses et propositions des 5 principaux campus (Sciences, Santé, Croix-Rouge, Charleville-Mézière, Troyes), ainsi qu’une synthèse de 10 pages pour l’ensemble de l’université.
Pour le thème 1 « Agir pour la réussite de tous les étudiants« , pas moins de 50 propositions : « repenser l’orientation des bacheliers, faciliter les réorientations, encourager les poursuites d’études, créer des conditions favorables à la reprise d’études, adapter le contenu et la structure des formations dans un souci de qualité, repenser les pratiques et le fonctionnement des équipes pédagogiques, améliorer l’encadrement pédagogique des étudiants en Licence, (re)définir les missions et les carrières des enseignants-chercheurs, améliorer les conditions matérielles de la vie étudiante, conserver un cadre national, perfectionner l’ancrage régional ».
Les constats, interrogations et propositions du site de Croix-Rouge (LLSH, Droit et Sciences politique, Économie et Gestion) paraissent même rejoindre le projet de création d’Instituts enseignement Supérieur (IES) pour ce qui concerne les parcours de formation des étudiants, l’intégration des CPGE et des STS dans les universités !
« Les étudiants de L1 de Science-Éco disent, pour 70% d’entre eux, s’être inscrits par défaut. Autrement dit, c’est parce qu’ils n’ont nulle part où aller que de très nombreux néo bacheliers viennent remplir les bancs de l’université. Il est donc urgent de leur proposer d’autres voies plus adaptées. Les bacheliers des filières professionnelles, en particulier, ne disposent pas assez de places en filières courtes, ce qui serait pour eux bien plus adapté que des études universitaires par essence assez théoriques et les mettant quasi inévitablement en échec ».
« À l’inverse, d’autres bacheliers fuient l’université lui préférant des filières sélectives, probablement plus car celles-ci ont meilleure réputation que parce qu’elles leur seraient plus adaptées. De ce point de vue, si les classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) étaient intégrées à l’université, leur concurrence en serait amoindrie et le choix des étudiants pourrait se faire plus par affinité que par image ».
« En bref, il faudrait que le public étudiant soit mieux ciblé : arrêter d’accepter en licence des bacheliers qui n’ont pas vocation à faire des licences générales et favoriser la venue d’étudiants pour qui la licence générale est une poursuite d’étude optimale ».
« Il pourrait être opportun d’envisager aussi l’intégration au sein de l’université des sections de techniciens supérieurs (STS) afin d’avoir une vision plus globale de l’offre de formation post-bac. Cette meilleure orientation passe également par l’amélioration des informations à destination des lycéens mais peut-être aussi par le fait de rendre contraignants les avis émis lors des admissions post-bac« .


« (…) rendre contraignants les avis émis lors des admissions post-bac »
Où l’on reparle de l’Orientation Sélective.