Nouvelle contribution pour les Assises. Débattre. Les Instituts d’enseignement supérieur, dédiés au cycle long et au cycle professionnel, constituent des défis cruciaux pour la réforme en profondeur du 1er cycle en 3 ans de l’enseignement supérieur de France. Les IES en 20 propositions. Le blog a consacré 123 chroniques depuis janvier 2009 à la promotion et à la défense des IES, établissements distincts des lycées et des universités de recherche. 600 IES, de 600 à 1.900 étudiants, à créer entre 2014 et 2020. 20 à 25.000 étudiants dans chacune des universités de recherche.
Cinq défis pour les IES
1. Faire progresser par les IES l’accès et le succès des enfants des classes populaires dans l’enseignement supérieur. La dépense par étudiant d’IES est portée à 14.000 euros par an.
2. Permettre à une majorité de jeunes diplômés du supérieur et aux jeunes enseignants de commencer à travailler plus tôt et avec un contrat stable.
3. Donner la chance à une quinzaine d’universités, résultant de fusions entre les universités actuelles, d’être compétitives, attractives et lisibles dans le monde.
4. Utiliser mieux l’argent public, actuellement gaspillé dans un enseignement supérieur de premier cycle éclaté et dans une licence moribonde. Dépense à coût constant pour les finances publiques : 3,5 milliards d’euros nécessaires, financés par une chute des gaspillages (abandons, échecs, réorientations), des redéploiements de ressources et des nouvelles ressources.
5. Réaliser une nouvelle phase de décentralisation des compétences de l’État vers les régions, tout en confortant, tout en faisant progresser le service public d’enseignement supérieur.
Certains lecteurs du blog ont peur d’une régionalisation des IES qui affaiblirait le service public d’enseignement supérieur. La chronique d’aujourd’hui précise la répartition des compétences entre l’État et la quinzaine de grandes régions à créer en France, régions qui auraient toutes une université de recherche sur leur territoire.
Compétences de l’État pour garantir et faire progresser le service public d’enseignement supérieur de 1er cycle, organisé par les IES.
1. Les missions des IES sont fixées par la loi et la réglementation nationale.
2. Les programmes des 5 voies longues et des 5 voies professionnelles des IES sont fixés nationalement.
3. Le corps enseignant des IES est constitué par des professeurs agrégés, fonctionnaires d’État, recrutés sur concours national. Le corps des maîtres de conférences est mis en extinction. Pour un corps professionnel enseignant unique en Licence. PRAG et PRCE au cœur du cycle L.
4. Le salaire des agrégés, fonctionnaires d’État, est assuré par le budget du Ministère de l’enseignement supérieur. Ce qui signifie que la part la plus importante des dépenses des IES ne fait pas partie de leur budget. Ce qui signifie aussi que les responsabilités et compétences élargies (RCE), auxquelles sont soumises actuellement les universités dans le cadre de la LRU, doivent être abrogées pour ce qui concerne le transfert de la masse salariale des fonctionnaires vers les universités.
Compétences des Grandes Régions pour garantir et faire progresser le service public d’enseignement supérieur de 1er cycle, organisé par les IES.
1. Les Régions financent, hors masse salariale des fonctionnaires et dans le cadre des Contrats de programmes entre elles et l’Etat, le fonctionnement et l’investissement des IES, comme cela est actuellement le cas pour les classes supérieures des lycées.
En concertation avec les présidents d’IES et leurs partenaires économiques, culturels et sociaux, les Régions décident :
2. Le nombre d’IES à créer et à financer dans la région, le nombre de voies longues et professionnelles dans chacun des IES, i.e. l’offre et la carte des formations. Des exemples de carte des formations en Alsace, en Bretagne, en Pays de Loire, en Limousin et Poitou-Charentes.
3. Le volume de la part variable des programmes des voies longues et professionnelles, part qui tient compte des spécificités économiques, culturelles et sociales de la Région, de ses métropoles et de ses villes moyennes. La part variable des formations ne saurait dépasser 25% des contenus des programmes nationaux.
Débattre ! Débattre !

« Le corps des maîtres de conférences est mis en extinction ».
Chiche !
Cela veut dire que les MdC deviennent PR et peuvent atteindre l’échelon lettre E2 ? Qu’un EC commence sa carrière au 1er échelon de la 2ème classe de PR ?
Quand sera reconnu le doctorat, Bac+8, dans la grille indiciaire de la fonction publique car un MdC Bac+8 est sur la même grille qu’un agrégé Bac+4 ou 5 (avec la mastérisation) ? Même indice terminal agrégé HC ou MdC HC = A3 !
J’aimerais que ce point soit aussi traité… Mais je me fais pas d’illusion.
Il y a un corps qui est encore plus mal traité que celui des MC, c’est celui des CR des EPST (CNRS, INSERM, etc…). Pas de HC pour eux.
Et quand ils sont promus DR, nombreux sont ceux qui terminent DR2 soit A3.
C’est le choeur des pleureuses, ici
Quelques remarques (surtout pour ec, mais la fin est pour Styrène) :
- d’abord, c’est pas beau d’être jaloux
- ensuite, je vais manifestement dire un énorme sacrilège, mais je ne vois pas pourquoi les « grilles salariales » devraient dépendre strictement du niveau de la formation (sauf à la rigueur pour « rattraper » les années d’étude en plus). Avant tout, parce que j’ai tendance à considérer qu’on est rémunéré pour un travail, et non pour un papier enfoui dans des archives, et je suis fervent partisan du « travail égal, salaire égal » (à ce titre, d’ailleurs, je n’aime pas la séparation certifié/agrégé dans le secondaire). Je ne vois pas pourquoi on devrait avoir une grille spéciale pour les agrégés docteurs par rapport aux autres agrégés, je ne vois pas pourquoi le fait que l’EC soit docteur devrait « naturellement » lui donner une meilleure rémunération que l’agrégé (et je suis EC). Mais je veux bien considérer que le travail d’un EC « mériterait » une meilleure rémunération que celui de l’agrégé.
- mais, et enfin, dire que l’agrégé et l’EC ont la même grille indiciaire, et prendre pour exemple le dernier grade des hors classes, c’est quand même très réducteur : ça ne prend en compte ni la vitesse de l’avancement, ni le taux de passage hors-classe. Un agrégé à l’ancienneté met 30 ans à arriver au dernier échelon de la classe normale, un EC à peine 22 ans, et pratiquement tous les échelons de l’EC sont au-dessus de ceux de l’agrégé. Bien sur, le recrutement est plus tardif, mais avec les reconstructions de carrière l’EC commence rarement au premier échelon. Pareil pour le hors-classe, l’EC progresse nettement plus rapidement. Certes, un agrégé peut progresser au (grand) choix ou passer chaire supérieure, mais cela concerne combien d’agrégés (et combien ont leur doctorat) ?
Enfin, pour Styrène, on pourrait presque oublier à vous lire que les CR des EPST changent d’échelon plus vite que les EC (d’accord, une fois passé CR1), ont des reconstructions de carrière plutôt enviables, et ne sont pas vraiment désavantagés face aux EC quand il s’agit de postuler à des postes de PR (DR est loin d’être la seule promotion possible).
Franchement, c’est peut-être que je suis encore un « jeune » EC (plus si jeune, mais bon), mais je ne comprends pas comment on peut comparer les statuts uniquement sur le salaire du dernier échelon accessible.
Pour en revenir au sujet, sauf erreur « mettre un corps en extinction » ne veut pas dire qu’on supprime le corps tout de suite, juste qu’on ne recrute plus d’autres personnes dans ce corps.
Des pleureuses, même assorties d’une émoticone, je n’en vois pas.
Les points que je signale sont des réalités et je souhaitais simplement attirer l’attention sur les chercheurs des EPST dont il me semble que l’on parle assez peu – notre blogueur vient cependant de parler de sa fille – au contraire des agrégés. Je n’ai pourtant aucune animosité contre ces derniers ayant enseigné pendant plus de quinze ans dans une préparation à une agrégation qui a presque chaque année des reçus.
Quant aux chercheurs, il y a toujours une 2e classe pour les CR, au contraire des MC, et les DR ne progressent plus plus vite que les professeurs depuis plusieurs années. http://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/cid31777/plan-carrieres-mesures-specifiquesaux-professeurs-des-universites.html
Mais je crois que nous sommes en hors-sujet par rapport à l’article initial.
Extrait de la contribution de l’Association des Sociologues Enseignants du Supérieur (ASES)aux Assises :
» Elle refuse la création de premiers cycles autonomes et secondarisés car la liaison avec la recherche doit imprégner l’ensemble des cycles universitaires. »
Y aurait-il différents courants au sein de la communauté des sociologues ?
Allez, tout se vaut, tous égaux… pas le peine de s’enquiquiner la vie à faire une thèse… Et on pourrait même baisser le salaire des universitaires, pour qu’ils soient payés comme les ouvriers (du savoir qu’ils sont devenus grâce à la doxa misérabiliste et sociale qui perturbe la question scolaire et universitaire depuis des années).
Une fois de plus, la pensée unique, le système unique, la voie royale, les concours du secondaire, le moule, le bachotage, le formatage. L’avantage de la thèse, c’est de pouvoir recruter des profils différents.. forgés sur le long terme, la connaissance lentement, péniblement acquise, par se long parcours initiatique Mais la différence, c’est déjà la discrimination.
L’idée de l’IES est intéressante : mais le diable est dans les détails. L’IES, c’est en fait constater que le bac ne prépare plus aux études supérieures, et qu’il faudrait recréer « propédeutique ». Mais le grand problème de notre système scolaire, c’est que la première année d’un cycle est toujours une année de remise à niveau… niveau qui est censé être atteint pour entrer dans la première année du cycle.
Au lieu de mettre des cours d’informatique, de projet professionnel, de projet du tutoré, de parcours bibliothécaire, etc… et autres modules destinés à donner 15/20, on pourrait déjà réintroduire des cours de culture générale (comme dans les organisme de formation aux concours) en Lettres, droit, de culture scientifique générale en sciences, des questions d’actualité, etc… pour remettre à niveau. Et en option, offrir en cours du soir, des cours d’orthographe, de grammaire, etc… outils indispensables pour réussir.
Puisqu’on ne veut pas sélectionner à l’entrée, sélectionnons à la fin de la première année… et comme il faut être social, formons au cours de cette première année à la sélection. L’idéal serait que le bac redevienne ce qu’il a été, mais là , je suis méga politiquement incorrect…
Alors IES ou pas IES… commençons par remodeler les premiers cycle, les débarrasser des scories « pédagogiques » obligatoires (unités « bidons » notées au dessus de 15), à remettre des heures de cours ou de conférences (l’illusion du travail personne est un argument pédago-démago et comptable, car il justifie les cours semestriels de 24, 20, 12 heures… une ânerie dans certaines matières, mais une économie pour l’employeur). Et pour ce qui peine, les heures sup de français… car sans la langue, pas d’accès au livre et à la connaissance (cours qui peuvent être faits par les profs de français de lycée, formés et compétents pour cela).
Enfin, les maîtres de conférences, docteur, sont fiers de leur formation, de leur niveau ! mais pas du système et de la carrière qui leur est offerte. Je ne vous pas pourquoi on accepte que les médecins docteurs (bac + 8 ou plus) soient reconnus – financièrement – et pas les autres docteurs.