Fioraso aime Paris Lumières

Décret portant création du PRES « Université Paris Lumières« , paru mardi 3 octobre 2012 au Journal Officiel. Le PRES associe deux membres fondateurs : les universités franciliennes de Paris 10 Ouest Nanterre La Défense et de Paris 8 Vincennes Saint-Denis (« Paris 8 est fort bien gérée« ). Le décret porte la signature de Geneviève Fioraso.

Pourquoi la Ministre n’a-t-elle pas attendu les conclusions et les propositions des Assises, le projet de loi annoncé, pour statuer sur les PRES, sur leur éventuelle mise en extinction progressive ? A-t-elle signé le décret pour faire plaisir à Pascal Binczak, ancien président de Paris 8 et un des présidents leaders de la contestation de la réforme du statut des enseignants en 2009 ?

Un de nos informateurs à Paris 10 « ne sait de quoi il faut s’esbaudir le plus » : lire son analyse. Pour ma part, je suis également halluciné par les 14 objectifs du PRES (article 4) et par les recettes projetées (article 19). Le PRES Paris Lumières reprend de manière exhaustive les missions et les recettes financières de chacune des deux universités fondatrices. Pourquoi dès lors les 2 universités ne veulent-elles pas fusionner ? Trois établissements au lieu de deux. Vive la complexité !

Les PRES existants présentent un mauvais bilan (68 chroniques sur les PRES). Il suffit pour s’en persuader de relire le rapport de la Cour des comptes de février 2011 : « la Cour estime que les PRES ne doivent pas devenir, dans un paysage déjà encombré, de nouveaux centres de coût sans valeur ajoutée“. Pour cadeau de naissance, le Ministère dotera-t-il le PRES Université Paris Lumières de 2 millions d’euros ? Où les trouvera-t-il ?

Geneviève Fioraso se moque-t-elle des Assises ? Sur les PRES, la Note de synthèse intermédiaire du Comité de pilotage dresse un constat et attend des propositions des assistes territoriales et nationales. Le constat (page 2) dénonce le millefeuille institutionnel. « Les auditionnés sont unanimes à critiquer la complexité inédite qu’a atteinte l’ESR en France. FCS, IUH, IRT, SATT, CVT, Labex ou Idex, RTA ou RTRS, Instituts Carnot, pôles de compétitivité, IEED, PRES, Alliances, Agences variées… se sont additionnés aux multiples structures déjà présentes, qui plus est en un très court laps de temps, empêchant toute stabilisation du système… On a créé des structures sans jamais en éliminer d’autres… Tous critiquent les coûts de transaction économiques, juridiques, administratifs… Les syndicats décrivent des personnels perdus, parfois déboussolés, par cette complexité »...

Pourquoi avoir reconnu le PRES Université Paris Lumières alors qu’il ne regroupe que deux membres fondateurs, qu’il n’a aucun établissement associé, aucune école. L’esquisse de propositions entrevues par la Note de synthèse intermédiaire des Assises ne prévoit pas ce cas de figure singulier (page 13). « La nouvelle loi cadre qui définira la gouvernance des établissements de demain devra être assez souple pour permettre à chacun d’y trouver sa place, tout en conservant l’objectif d’offrir un cadre qui s’applique à tous. Des auditions, il ressort que la coopération entre les écoles et les universités, qui progresse depuis quelques années dans le cadre des PRES, doit être facilité à travers cette loi cadre en respectant l’autonomie et les spécificités des acteurs à travers des mécanismes de subsidiarité. Ces questions sont essentielles et des opinions devraient d’exprimer dans toutes les Assises territoriales ».

Quelle École pourrait devenir membre associé du PRES Paris Lumières ?… On ne peut s’empêcher de penser au Pôle universitaire Léonard de Vinci Nanterre. N’importe nawak ! Mais qu’attend l’administrateur de Nanterre, Dany Le Rouge, pour ruer dans les brancards ?

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Article du on Mercredi, octobre 10th, 2012 at 15:14 dans la rubrique 3. Ile-de-France, S'indigner. Pour suivre les flux RSS de cet article : RSS 2.0 feed. Vous pouvez laisser un commentaire , ou un trackback sur votre propre site.

2 commentaires “Fioraso aime Paris Lumières”

  1. Sirius dit:

    Entièrement d’accord. Ce PRES n’a aucune justification de fond sauf des accointances idéologiques entre responsables.
    Nanterre a mis des décennies à se libérer des images soixante-huitardes qui lui collaient à la peau et à offrir des formations de qualité, notamment en droit.
    Cet accord lui fait faire un grand bond en arrière.

  2. Olivier dit:

    La direction actuelle de Nanterre s’est faite élire en dénonçant un manque de communication de l’équipe sortante, mais force est de constater que mise à part des informations sur la création officielle du PRES, il n’existe strictement aucune communication en interne à l’université de le part de l’équipe en place.

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