CPU. Non à un bureau masculin !

Les lecteurs du blog sont d’incomparables informateurs. Une nouvelle fois, merci à eux ! L’un d’entre eux vient de me signaler une dépêche de l’AEF, dévoilant un scoop avant tous les autres médias : le trio de candidats pour l’élection, le 20 décembre 2012, du nouveau bureau de la Conférence des présidents d’université. Mais pourquoi donc trois présidents donnent-ils la priorité à une Agence dont l’abonnement fort coûteux est inaccessible au commun des mortels, et donc aussi aux blogueurs individuels et non rémunérés ?

C’est sans conteste une première faute politique des candidats ! On aurait attendu d’eux qu’ils communiquent par le biais du site de la CPU accessible à toutes et à tous : n’est-ce pas un devoir moral de respecter l’organisation dont on est membre et… administrateur.

Ce n’est pas la seule faute politique du trio. Mais d’abord qui sont-ils ? Jean-Loup Salzmann, président de Paris Nord (Paris 13 Villetaneuse, vise la présidence de la CPU (chroniques du blog sur Paris 13 et les élections de 2012). Un PU/PH, professeur des universités et praticien hospitalier, succéderait au juriste Louis Vogel ? Il ne faut pas oublier que le prédécesseur de ce dernier était Lionel Collet, lui aussi PU/PH et aujourd’hui directeur du cabinet de Geneviève Fioraso. Deux PU/PH à deux ans d’intervalle, c’est trop ! Une gifle pour les autres disciplines ! Une deuxième erreur politique !

Les deux vice-présidents de JLS ? Khaled Bouabdallah, président de l’université de Saint-Étienne, et Gérard Blanchard, président de l’université de La Rochelle. Pas de faute politique dans la répartition géographiquedes postulants car ils appartiennent à trois régions différentes : l’Ile de France, Rhône-Alpes, Poitou-Charentes. toutes les régions ne peuvent être représentées dans le bureau !

 

Le trio commet deux autres erreurs politiques. Un message inadmissible envoyé à toute la communautés universitaire. « Circulez, présidentes d’université : vous n’êtes pas nombreuses et donc le bureau de la CPU n’est pas pour vous » ! Présidentes, révoltez-vous !

Un message provocateur à l’égard des présidents élus pour un premier mandat. « Nous sommes tous les trois réélus, nous avons de l’expérience ! Vous, les nouveaux, vous devez passer par une phase d’apprentissage ! Circulez, il n’y a rien à voir pour vous ! ». Présidents nouvellement élus, révoltez-vous !Vous êtes majoritaires au sein de la CPU !

Et puis, il y a les conditions d’élection de chacun des trois présidents candidats au bureau de la CPU. Jean-Loup Salzmann a été réélu contre deux candidates ! Il ne leur a pas fait de cadeau ! Khaled Bouabdallah a été réélu sans problème : il était le seul candidat ! Gérard Blanchard a été réélu, mais avec une minorité des suffrages exprimés lors des élections aux Conseils centraux.

Enfin, les trois présidents candidats ont exercé leur premier mandat sous le régime de la LRU. Ils n’en ont pas été les pourfendeurs ! Il faut donc un culot certain pour oser candidater au bureau de la CPU dans un nouveau contexte politique !

Le changement, c’est maintenant ! Il y a tellement peu de domaines où on peut mettre en pratique ce slogan qu’il ne faut pas hésiter une seconde ! L’élection du bureau de la CPU est une occasion ! Mesdames les nouvelles présidentes d’université, osez ! Montez au créneau ! Que l’une d’entre vous se propose comme présidente de la CPU et fasse équipe avec une vice-présidente et un vice-président ! Deux femmes à la tête de la CPU ! Oui et encore oui ! La CPU mérite mieux qu’un bureau qui appartient déjà au passé ! A suivre !

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Article du on Vendredi, octobre 12th, 2012 at 23:56 dans la rubrique 3. Ile-de-France, 3. Poitou-Charentes, Limousin, 3. Rhône-Alpes, Auvergne. Pour suivre les flux RSS de cet article : RSS 2.0 feed. Vous pouvez laisser un commentaire , ou un trackback sur votre propre site.

4 commentaires “CPU. Non à un bureau masculin !”

  1. zadig dit:

    Cher Pierre Dubois,
    Merci d’abord d’être la vigie de ce navire, le système universitaire, trop ballotté par les réformes, les attentes dont beaucoup sont parfaitement légitimes, les ambitions aussi…

    Sur le trio candidat pour le bureau de la CPU, il faut d’abord s’interroger sur la place des femmes présidentes. Il me semble que les récentes élections ne leur ont pas été favorables, globalement. Par exemple en Ile de France sur 17 universités entre 2008 et 2012 on comptait 5 présidentes (P3, P10, P12, Cergy, Versailles) depuis le printemps il y en a 2 (P3 et P8).

    Il est vrai que l’une des anciennes présidentes est devenue DGESIP, une autre Recteur à Lyon, après avoir coprésidé le Pres Cergy/Versailles. Reconnaissance par le nouveau pouvoir ….? Qu’en est-il dans le reste de la France ? Manque-t-on de femmes ? de femmes compétentes ?

    Il faut considérer le pedigree du trio candidat

  2. zadig dit:

    Suite des réflexions sur les candidats au bureau de la CPU. Sur le caractère représentatif des universités dont sont présidents ces candidats, et sur leur visibilité internationale :

    L’université de Villetaneuse est membre du PRES Paris Cité. A ce titre elle est la seule université de banlieue (de plus dans le « 9-3″) qui peut se targuer d’avoir été admise au club de Paris intra-muros. Ce qui permet aux différents pouvoirs publics de dire « mais regardez donc, non le périphérique n’est pas une barrière ». En tant que partie prenante au PRES Paris-Cité, qui doit aboutir à une « université unifiée », Villetaneuse bénéficie du renom international des membres de ce PRES.

    Quant à Saint Etienne et la Rochelle : ce sont des universités comme les autres, et même ne seraient-elles pas exemplaires de ce qui se prépare pour les universités, je veux dire des universités de « territoire »… avec tous les risques que cela implique : domination des intérêts locaux, perte de visibilité internationale, fractionnement d’un système national qui, à l’échelle du monde, n’est pas si grand, élargissement des inégalités spatiales…

  3. Fanny dit:

    Je ne pense pas que ça soit aux présidentes d’université de monter au créneau, mais plutôt à l’ensemble de la communauté. La parité, comme le rappelle zadig, est un doux rêve dans l’ESR.

    Comment espérer que des femmes puissent accéder à des postes à responsabilité dans l’ESR quand on sait que la Commission de l’union européenne a proposé il y a quelques mois une campagne publicitaire plus que douteuse pour promouvoir la science auprès du grand public ? La campagne a été retirée suite aux plaintes, mais il est toujours possible d’admirer que « Science: it’s a girl thing! » :
    http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=g032MPrSjFA

  4. Voltaire dit:

    Même si je sors quelque peu du sujet , je me permettrai de préciser à Zadig que l’université Paris 13 n’est pas  » l’Université de Villetaneuse » , elle possède 4 autres campus..

    Une petite nuance..

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