Actualisation 24 octobre 2012. Communiqué du président (16 octobre) : « ce drame appelle plutôt à l’humilité et au respect quand on sait la complexité d’un tel acte dans la vie privée ». Communiqué intersyndical. « Souffrance au travail : de vraies réponses à un malaise avéré » (23 octobre).
11 Octobre 2012. « Monsieur Dubois. Fonctionnaire de l’enseignement supérieur et de la recherche, je me permets d’attirer votre attention sur la situation de souffrance au travail à l’Université d’Orléans, qui a connu un pic dramatique au milieu de l’été, avec le suicide de la responsable communication de l’université ».
« Les médias locaux se sont tout récemment fait l’écho de cette affaire, et de l’action intersyndicale »… « Vous trouverez en pièces jointes le récapitulatif des actions unitaires des syndicats depuis fin août, les communiqués de l’intersyndicale sur la souffrance et les risques psychosociaux au travail (communiqués du 1 octobre, du 9 octobre), le dernier rapport du médecin de prévention de l’université ».
« Vous trouverez également les différents articles parus (La République du Centre du 3 octobre, La République du Centre du 5 octobre, La Tribune d’Orléans), les liens vers les reportages et interviews diffusés à la radio : France Bleu Orléans, RCF45, invité de 7h20, RCF45, journal ».
« Le lien entre le suicide de la responsable communication et la souffrance au travail n’est pas formellement établi, ce genre de lien étant difficile à établir matériellement. Mais elle a subi du harcèlement moral pendant des mois, et elle avait appris, 2 semaines avant son suicide, que son contrat ne serait pas renouvelé, après 2 ans au service communication de l’université, d’abord comme chargée de communication, puis, après le départ de la directrice communication il y a 1 an, comme responsable communication. En l’absence pour le moment d’action au pénal, il est difficile d’en dire beaucoup plus publiquement que ce qu’ont relayé les médias sur ce point précis. Quoi qu’il en soit, c’est le suicide de cette collègue qui a déclenché l’action unitaire des syndicats de l’université (3 syndicats sur 4, dont le syndicat majoritaire UNSA) ».
« Je précise enfin que le président réélu en juin dernier, Youssoufi Touré, a axé sa campagne sur la notion de « plaisir au travail« … Vous trouverez ci-joint sa profession de foi« .
« Pour ma part, je préfère, pour l’heure, conserver l’anonymat. En espérant que ces événements retiendront votre attention et que vous pourrez vous en faire l’écho ».


Après le suicide de Marie Claude Lorne, Valérie Pécresse avait souhaité nommer Claudine Tiercelin, professeur au Collège de France (à qui elle avait demandé un rapport)à la tête d’une commission de déontologie universitaire (relative aux enseignants chercheurs). Mais cette commission n’a pas été installée par son successeur.
Le médiateur de l’université (rôle pas généralisé), le médiateur du rectorat et le médiateur du ministère de l’éducation nationale peuvent être saisis avant que n’advienne le drame.
GGD
Il est grand temps, que le harcèlement à l’Université d’Orléans soit enfin déclaré au grand jour. Il est fortement regrettable que cela soit fait à cause (grace ?!…) au suicide d’une collègue, même si le rapport direct n’est pas avéré. Mais, c’est sans aucun doute la goutte de trop. Un cas, au moins, de tentative de suicide à la Présidence il y a quelques années, n’avait ému personne…Bien au contraire, la faute avait été reporté sur cet agent ! Les suites d’un harcèlement sont dramatiques et peuvent changer le comportement d’un être humain. Hélas, peu reconnaisse ou veut reconnaitre les conséquences d’un tel harcèlement. Le mal-être à l’Université d’Orléans date de quelques années, et j’ose dire depuis les 3 derniers Présidents et donc pas seulement depuis la LRU !
Je souhaite de tout coeur que ces syndicats réunis pour une même cause ainsi que le médecin du travail (qui autrefois n’a guère tenu compte du harcèlement que subissait l’un des agents de la Présidence et à même contribué à son déplacement d’office…), réussissent dans cette si délicate mission.
Ni victimisation ni psychologisation à outrance de l’organisation du travail: c’est une réalité, l’université d’Orléans est un véritable laboratoire d’étude sur le harcèlement moral. Un lieu de perversion organisée sur configuration d’un panier de crabe…Des personnes à responsabilités, déresponsabilisées, étouffant à petit feu leur responsable de communication jusqu’à la non reconduction de son contrat. Indécence, jusqu’à étouffer l’émoi, la souffrance et la douleur des personnels à la suite à son suicide. La compassion est la plus grande souffrance de l’homme… pas pour certains…TANT QU’IL Y A DU POUVOIR…
Bonjour,
La souffrance n’est jamais suffisament prise au sérieux. Le CNRS a assez récemment édité une série de documents concernant les risques psychosociaux mais sur le terrain, le harcèlement est toujours de mise. Harcèlement de permanents, et surtout harcèlement de précaires en CDD et vacations.
Les situations de viol de droit sont bien réelles, mais les responsables ne rendent *jamais* de compte. Il existe un esprit corporatiste insupportable qui coexiste avec une soumission volontaire de nombreux agents au chef d’unité, chef d’UFR ou d’établissement, qui permettent de faire du milieu académique un milieu toxique. Les critiques pleuvent devant la machine à café, on refait le monde, et ensuite on retourne courber l’échine avec le maigre espoir d’obtenir la PES ou une promotion.
Même quand une situation de viol de droit est reconnue par un tribunal, c’est « business as usual » dans les universités. Le sentiment d’impunité est fort dans le milieu académique. Je sais de quoi je parle: j’ai dû aller au tribunal administratif pour faire annuler un concours de recrutement MCF. Mais pour l’université un concours annulé par décision de justice reste un concours, et les escrocs ne sont pas inquiétés. Par contre, j’ai subi quelques pressions bien inamicales. La deuxième manche juridique va bientôt débuter. J’ai un profond sentiment de dégoût envers un système perverti par des fonctionnaires indignes de leur statut et des missions de service public confiées par l’Etat. Le pire, c’est que le Ministère cautionne ces turpitudes.
Tout ce système gangréné mérite de s’effondrer. En attendant qu’il s’effondre, ce sont des carrières a priori prometteuses qui sont sacrifiées sur l’autel de la malhonnêteté, des situations sociales très difficiles à vivre, des dépressions, et malheureusement des suicides.
Cordialement,
H.
[...] 11 Octobre 2012. “Monsieur Dubois. Fonctionnaire de l’enseignement supérieur et de la recherche, je me permets d’attirer votre attention sur la situation de souffrance au travail à l’Université d’Orléans, qui a connu un pic dramatique au milieu de l’été, avec le suicide de la responsable communication de l’université”. Lire la suite… [...]
Bonjour,
Je m’associe à la peine pour cet évènement dramatique ; et je souhaite également témoigner du développement du harcèlement moral comme méthode de management courante et quotidienne, par certains cadres de la fonction publique, j’ai connu le cas au sein des services d’intendance dans l’Education Nationale, dans lesquels les gestionnaires d’EPLE sont placés dans des situations de travail ubuesques, démontrant un déficit d’organisation et un manque de personnels, qui rejaillissent sur les cadres, acculés, harcelés, non considérés, accusés d’incompétence, quand c’est le système lui-même qui est défaillant. Malheureusement, certains cadres + devraient le dénoncer mais au contraire y participent pleinement le plus souvent par le fait d’une perversité du pouvoir. Ce fut le cas d’un agent comptable, qui a harcelé pendant plusieurs années, plusieurs gestionnaires titulaires d’eple, Attachés d’administration de l’Education Nationale, sans que cela inquiète qui que ce soit. De nombreux personnels des services de gestion des EPLE sont en situation à minima de souffrances, ce qui entraîne dépression, et donc congés longs, sans parler de démotivation et de reconversion forcée, situation fort connue du Rectorat et des structures syndicales, le premier ne prenant pas ses responsabilité et cautionnant le plus souvent ce type de pratiques considérées comme managériales, alors même que des réformes de structures devraient être décidées pour résoudre la plupart des problèmes.
J’observe ainsi des situations parallèles au sein de l’Université d’Orléans et imagine que toute l’administration est gangrenée ! C’est désolant pour les personnels, et laisse encore un sacré travail aux instances syndicales, qui dans de nombreux cas, sont les seules institutions à prêter attention à l’individu et à sa souffrance.
Lorsque l’on est soi-même cadre, cela interroge sur notre conception du management, de la gestion des ressources humaines et sur notre possible intégration dans un cadre contestable…