En attendant Fioraso ! C’est un participant aux débats de Strasbourg qui m’a suggéré ce titre pour une chronique sur les Assises. Merci à lui ! Titre logique : les assises préparent la discussion et la promulgation d’une nouvelle loi sur l’enseignement supérieur et la recherche. La balle sera prochainement dans les mains de Geneviève Fioraso et de ses conseillers.
Qu’attend-on de Fioraso ? Michel Granet, en concluant les Assises alsaciennes ce midi, a fait part du fil rouge qu’il suivrait pour structurer son rapport à partir de la cinquantaine de recommandations des 5 ateliers. « N’ayant pas entendu d’avis contraire au cours des débats, les recommandations ont vocation à se retrouver dans le rapport ». Est-ce aussi le cas pour les propositions déposées sur le site des Assises territoriales ?
Son fil rouge : « créer du lien à tous les niveaux du service public d’enseignement supérieur« . Liens sociaux entre étudiants, BIATSS et enseignants, liens institutionnels, liens entre recherche et monde économique, liens entre recherche et enseignement, liens au niveau international, liens entre soutiens de base et crédits sur appels à projets, liens entre l’État, les collectivités territoriales et le système d’enseignement supérieur. Des liens qui donnent lieu à des contrats. Selon Michel Granet, « nous n’échapperons pas aux contrats de site« .
Les lecteurs fidèles du blog savent que je ne peux m’empêcher d’imaginer comment je structurerais un rapport territorial si j’avais à faire l’exercice ! J‘éliminerais d’abord, dans la cinquantaine de recommandations, celles qui n’en sont pas et qui ne sont que des interrogations, celles qui sont trop générales et donc non opérationnelles. Je tenterais de résister à mon atavisme jacobin. Et donc mon fil rouge : qu’attendre du projet de loi et que faut-il ne pas en attendre ?
1. Recommandations que les universités doivent mettre en Å“uvre elles-mêmes, en toute liberté et responsabilité, bref en toute autonomie. Autrement dit : champs dans lesquels l’État ne doit pas légiférer, produire des lois, des décrets, des arrêtés, des circulaires d’application. Trop d’universités ou universitaires tardent à décider car ils « attendent la réponse du ministère« . Oser l’autonomie ! Chronique à suivre : Pour une pleine autonomie statutaire des universités !
2. Recommandations corollaires : mesures réglementaires que l’État doit abroger pour remplir les conditions du 1.
3. Recommandations qui doivent être inscrites dans les lois et règlements. 3.1. Recommandations faisant l’objet d’un large consensus et à mettre en Å“uvre en urgence. 3.2. Recommandations qui doivent faire l’objet d’un débat plus long car elles ne sont pas consensuelles. Chronique à suivre : pour une pleine autonomie financière des universités ? Alain Beretz, président de l’université de Strasbourg, estime par exemple que la question des droits d’inscription est un « piège à cons » si elle ne prend pas place dans un débat sur l’ensemble des ressources des universités.


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