« Guichet unique » et « subsidiarité »

La France aime les « guichets uniques » et la « subsidiarité ». Ils constitueraient la solution magique pour résoudre les problèmes immenses de la complexité, de l’illisibilité, du gâchis d’argent public, engendrés par les millefeuilles institutionnels dans tous les champs d’activité. Pour aider les français à y comprendre quelque chose et pour mieux dépenser l’impôt collecté, il faut leur donner régulièrement de grands espoirs : « nous allons créer des guichets uniques et vous dire haut et fort « qui fait quoi » ; nous allons mettre en Å“uvre le principe de subsidiarité, répartir clairement les compétences de chaque structure, éviter les doublons et les chevauchements, la mauvaise utilisation de vos impôts ».

« Guichets uniques » et « subsidiarité réelle » : courage, fuyons ! La France n’a jamais su faire. Elle a toujours créé de nouvelles structures sans fermer aucune des structures existantes. La multiplication de celles-ci empêche évidemment la mise en Å“uvre de la subsidiarité, chaque structure cherchant à « piquer » des compétences à sa voisine, pour se « faire mousser », pour démontrer qu’elle mérite de survivre ad vitamLes guichets uniques s’ajoutent au nombre pléthorique des structures existantes. Et la France est repartie pour un tour !

J’ai bien peur que la loi Fioraso n’ajoute au mal français des guichets uniques non uniques, de la subsidiarité signifiant « tout le monde fait tout« . Pour inventer un nouveau paysage de l’enseignement supérieur et de la recherche, la préoccupation du Comité de pilotage, de la Ministre et de ses conseillers est de résoudre, entre autres questions, celle épineuse du partage des rôles entre l’État et les Régions, dans le cadre de l’acte III de la décentralisation. Lire la 3ème partie de la 1ère Note de synthèse des Assises.

La loi Fioraso ne fera pas disparaître les schémas régionaux de l’enseignement supérieur et de la recherche. Par contre, elle rendra impératives les politiques de site – principe de subsidiarité : qui fait quoi dans le SUP au niveau régional ou infra-régional -. Et elle inventera un guichet unique pour piloter ces politiques, les financer, les mettre en Å“uvre, les contrôler, les évaluer, les réformer… Je propose un nom : le Comité régional des politiques de site ; il ne manquera pas de candidat(e)s pour en assurer la présidence ! Qui a dit qu’on ne réformait pas la France par décrets ?

Donc. Si vous entendez parler de « guichet unique » et de « subsidiarité », n’hésitez pas : « tirez à vue » ! Et si on commençait par fermer certains des structures de l’enseignement supérieur et de la recherche ? Faites votre choix dans la pléthore de structures énoncées dans la page 2 de la Note de synthèse !

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Article du on Samedi, octobre 20th, 2012 at 15:09 dans la rubrique S'indigner. Pour suivre les flux RSS de cet article : RSS 2.0 feed. Vous pouvez laisser un commentaire , ou un trackback sur votre propre site.

3 commentaires “« Guichet unique » et « subsidiarité »”

  1. Clio dit:

    Un peu facile de critiquer l’esprit simplificateur de nos réformateurs en chef du gouvernement. Préférez-vous vraiment qu’on laisse persister cette jungle d’appels à projets où personne ne contrôle plus rien et où tout le monde s’arroge le droit d’attribuer des ressources (souvent dérisoires)sous la forme d’appels à projets dans lesquels on ne maîtrise plus rien, ni l’équité, ni la riguer des jugements, ni la protection de la PI ? finalement tout ira bien le jour où il y aura autant d’appels que de chercheurs, et que chacun aura trouvé le sien ! bien sûr qu’il faut faire cesser ces pratiques délétères et dévoreuses de temps ! C’est pitoyable ! mais bon sang quand est-ce que l’on mettra l’AERES à évaluer l’efficience des guichets au lieu de jouer les agences de notation à traiter les labos comme des grands comptes solvables en les notant avec des lettres en majuscules et des ++ ???

  2. samuel Bliman dit:

    Guichet unique….
    Il est intéressant d’évoquer , en boucle, quasiment cet article.
    Pour mémoire, simplement, il faut se souvenir qu’au plan législatif, en France on excelle en l’art de proposer des lois articles et décrets à répétition sans se préoccuper des redites et contradictions entre textes et en n’abrogeant jamais ou presque, de sorte que l’on trouve « Ã  boire et à manger » dans tout ce fatras disposant organisation à répétition. Alors « guichet unique »? à quoi bon s’épuiser à ce jeu puisque des pans entiers de ce qui se positionne après bac échappe totalement à toute tentative d’unification. Pourquoi? mais simplement et l’histoire et la culture de ce pays le confirment, ce qui gouverne est convaincu que le système de sélection à l’oeuvre depuis qu’ont été créées les grandes écoles « fonctionne » ….alors pourquoi en changer… on laisse dire qu’il faut changer… et l’on aménage, à la marge. D’ailleurs, depuis la fin de la guerre , combien de Réformes ont été « engagées » et combien de structures post bac sélectives ont été créées??

  3. Pierre Dubois dit:

    @ Clio et @ Samule Bliman. Me suis-je mal fait comprendre ? Je souhaiterais que les réformateurs, qui proposent des guichets uniques et l’application du principe de subsidiarité, réussissent !!! Mais, comme le pense Samuel avec moi, la France n’est pas performante en matière de guichet unique et de subsidiarité.

    Samuel Bliman en donne plusieurs exemples pour l’enseignement supérieur. Un autre exemple éloquent : les PRES. La délégation, par les universités, de certaines compétences au PRES n’induit pas la suppression de l’exercice de ces compétences dans les universités qui ont délégué. Il suffit, pour s’en convaincre, de faire une lecture comparée des organigrammes des PRES et de leurs établissements fondateurs.

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