Le 1er cyle, paysage oublié

La France est le seul pays qui possède quatre filières de formation post-bac : la licence, le DUT, le BTS, la CPGE. Et ce sans compter les formations paramédicales et sociales. Ce paysage est illisible et fortement hiérarchisé. Les Assises s’en préoccupent-elles ? Non ! Et pourtant, elles ont à leur ordre du jour “le nouveau paysage de l’enseignement supérieur et de la recherche”. Le slogan « bac-3 à bac+3 » cache une misère de propositions. En fait, ce n’est pas surprenant : le mode de structuration des Assises rend impossible de penser, de proposer une vision globale du 1er cycle.

Organisation des consultations nationales tout d’abord. Ont été entendues les organisations représentatives et des associations spécialisées, ces dernières protégeant – c’est légitime – un territoire particulier de formation. La première Note de synthèse du Comité de pilotage est fort logiquement muette sur une reconfiguration globale des formations post-bac en 3 ans.

Organisation des Assises territoriales ensuite. Les propositions, qui seront reprises dans les rapports territoriaux, émanent de celles et de ceux qui ont été invités et consultés, membres des séminaires et des ateliers de réflexion, des conseils universitaires, des équipes présidentielles, des élites teritoriales… Si votre “bout de paysage” n’a pas été identifié comme critère d’accès aux ateliers, vous n’avez pas pu “recommander“.

Il est ainsi logique que la contribution de l‘université de Haute-Alsace ne porte, en ce qui concerne le 1er cycle, que sur la licence. On ne demandait pas à cette université de penser réforme globale. Il est cependant curieux que la contribution ne dise rien de la formation en IUT, et ose écrire : « améliorer l’encadrement des universités (BIATSS et enseignants) et le financement en rééquilibrant avec le financement des classes préparatoires et BTS”. Déshabiller Paul pour habiller Pierre !

Les Sections de techniciens supérieurs (STS) sont ainsi les grandes oubliées des Assises. N’y a-t-il pas d’Association des chefs de travaux ? A Strasbourg, un proviseur de lycée a certes été associé à une table ronde, Marie-Claude Mathieu (photo) du lycée Cassin-Frey de Strasbourg. En quelques minutes, elle n’a eu le temps que de valoriser le succès d’une CPGE économique et commerciale, réservée à des bacheliers professionnels. Rien sur les STS de son lycée.

Pas de vision globale du premier cycle et donc pas de réforme globale envisagée. Il n’existe pas d’association des enseignants du 1er cycle, d’association regroupant les enseignants de licence, de BTS, de DUT, de CPGE. Pas d’association, pas d’identité, pas de lobbying, pas de contribution pour les Assises. De plus, il n’existe même pas de statistique nationale établissant l’effectif global de ces enseignants, par type de statut. Et pourtant, des professeurs agrégés (PRAG) enseignent dans les quatre types de formation post-bac. Même les universités, qui publient des bilans sociaux détaillés, n’ont jamais pensé à compter, à identifier précisément leur population enseignante en licence et en IUT, leur répartition par statut (dont les statuts les plus précaires).

Dans les contributions nationales, deux formations post-bac, le DUT et la CPGE, ont été défendues par des associations structurées : elles ont valorisé les points forts de leur formation et proposé des évolutions.

La contribution la plus structurée – et à vrai dire la plus argumentée et la plus convaincante – est celle de l’Association des directeurs d’IUT : 39 propositions. La proposition 13 en est la clef de voûte : “faciliter l’accès au master par la voie technologique et conduire vers le niveau I de certification pour ces mêmes diplômes ; les IUT proposent la constitution de L3 technologiques« . Photo : 3 des 5 directeurs d’IUT des universités d’Alsace.

Pour y parvenir, les IUT exigent une clarification de leurs relations avec les universités. “Inscrire dans la loi l’obligation de contrats d’objectifs et de moyens pluriannuels, intégrés au contrat d’établissement, entre l’Établissement et ses composantes, en particulier ses instituts. Inscrire dans le statut des universités, et en particulier dans le statut des “grandes universités” à venir, un mode de fonctionnement qui responsabilise ses composantes, en particulier ses instituts, pour mettre un terme à la dérive de centralisation excessive constatée depuis la mise en place de la LRU. Garantir l’autonomie de gestion mise à mal par le non-respect des textes existants relatifs à l’application de la loi LRU”.

Mais la contribution des IUT, pour être cohérente, est obligée de commettre deux oublis. Pour conforter la mission de recherche des IUT, l’Association insiste sur le rôle de ses enseignants-chercheurs et doit oublier la contribution des professeurs agrégés et certifiés (le mot PRAG/PRCE ne figure pas une seule fois dans la contribution). L’Association veut une licence technologique et doit donc oublier l’existence des BTS : quelle place pour ces diplômés sur le marché du travail ?

La contribution des Classes préparatoires aux grandes écoles aux Assises est également conséquente, mais elle est plus éclatée que celle des IUT. Une première contribution émane de la Conférence des CPGE. Nous l’avons analysée dans la chronique du 7 octobre 2012. “Elle fait preuve d’une large ouverture vers les universités, avance des propositions argumentées pour une réforme de l’ensemble de l’enseignement supérieur.

Une autre contribution émane de l’Union des professeurs de spéciales : 2.700 agrégés enseignant dans les classes supérieures des lycées, essentiellement dans les CPGE scientifiques. L’union met en avant les compétences de ces agrégés : la quasi-totalité d’entre eux possèdent un M2 et de plus en plus un doctorat, voire une habilitation à diriger des recherches. L’union fait des propositions concrètes pour faire évoluer positivement les prépas : semestrialisation, ECTS, stages, limitation des effectifs par classe, enseignement de l’informatique, partenariats avec les universités. Personne n’a demandé aux Professeurs de spéciales de « penser global », d’avoir des idées sur la réforme de l’ensemble du paysage du 1er cycle du suipérieur.

Autre contribution, celle de deux syndicats, l’un représentant les Agrégés de l’enseignement supérieur, l’autre une partie des enseignants du second degré. Ils prennent en compte le fait que des professeurs agrégés et certifiés enseignent dans les 4 types de formation post-bac. Leurs revendications portent sur les inégalités de carrière, de conditions de travail et de charge de service, de mobilité, de relations avec la hiérarchie, de médiation et de règlement des conflits. Ainsi, ils demandent avant tout un nouveau décret statutaire.

Le lecteur l’aura compris. Impossible d’avoir au sein des Assises une discussion sur la réforme de l’ensemble du premier cycle. J’ai eu la naïveté de croire que le projet porté par ce blog, la création d’Instituts d’enseignement supérieur dédiés au cycle Licence en 3 ans, pourrait y être discuté. Ma contribution aux Assises s’est résumée à une page de powerpoint, projetée pendant 30 secondes devant les participants aux Assises territoriales d’Alsace. Il faudrait que je pense sérieusement à me reconvertir, à militer pour la création d’une Association des enseignants de 1er cycle !

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Article du on Samedi, octobre 20th, 2012 at 11:33 dans la rubrique 3. Alsace, Débattre, S'indigner. Pour suivre les flux RSS de cet article : RSS 2.0 feed. Vous pouvez laisser un commentaire , ou un trackback sur votre propre site.

13 commentaires “Le 1er cyle, paysage oublié”

  1. François dit:

    Rappel historique.

    Une tentative de réorganisation globale eut lieu à la Libération (René Capitant étant alors le ministre gaulliste de l’EN) : le plan Langevin-Wallon (2 intellectuels communistes) qui se fixait pour but :
    « La possibilité effective, pour les enfants français, de bénéficier de l’instruction et d’accèder à la culture la plus développée, afin que les fonctions les plus hautes soient réellement accessibles à tous ceux qui auront les capacités requises pour les exercer et que soit ainsi promue une élite véritable, non de naissance, mais de mérite, et constamment renouvelée par les apports populaires. »
    Voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Plan_Langevin-Wallon

    Malheureusement les méandres de la politique internationale firent que les communistes quittèrent le gouvernement, que le PC devint pendant quelques décennies un parti d’opposition systématique chargé essentiellement de soutenir l’URSS dans sa lutte contre les puissances occidentales … ce qui ralentit quelque peu la mise en œuvre de ce plan qui apparaît aujourd’hui comme novateur sur certains points, mais dépassé sur d’autres.

  2. Pierre Arnoux dit:

    Certes, comme le dit Pierre Dubois, « Il n’existe pas d’association des enseignants du 1er cycle ». Mais pire que cela : en université, il n’existe pas d’association des enseignants de licence, même par grand champ disciplinaire (sciences, lettres…). Le LMD a conduit à une atomisation extrême qui aboutit à ce que les spécialités d’une même mention se concurrencent entre elles. Les présidences d’université regardent cette mêlée avec une « négligence bienveillante », comme disent les anglais. Dans une telle ambiance, ceux qui ont une réflexion globale, quelle qu’elle soit, se retrouvent sur la touche, comme le constate Pierre Dubois, et comme je l’ai régulièrement constaté.

  3. Révauger dit:

    Il y a eu une tentative d’unification des CPGE et des premiers cycles en 1982/1983, vite mise sous le boisseau. La fronde des CPGE, et la création de QSF y ont mis fin. François Mitterrand a arbitré en faveur du statu quo, et l’EN a par la suite doublé le nombre de places en CPGE, détournant des premiers cycles autant d’étudiants motivés et de bon niveau.
    La question des premiers cycles est une des questions politiques cruciales. Quelle est la voie républicaine pour gérer la massification du supérieur, en période de chômage ? Comment gérer la sélection de certaines filières pro (BTS et IUT), mais pas toutes (LEA), et de certaines filières généralistes (la plupart des CPGE), mais pas toutes ?

  4. Martainville dit:

    Bof… il ne sortira pas grand chose des assises, si ce n’est la nième usine à gaz de prédagogisme, de nouvelles charges pour les enseignants chercheurs… de toute façon, il n’y a plus rien dans les caisses pour payer le personne à sa juste valeur. Un prof de lycée au Luxemboug gagne 77 000 euros par an… La vraie question de l’université est sa paupérisation, du recrutement étudiants, des salaires des enseignants chercheurs, des moyens dévolus à la recherche, et plus grave, une paupérisation intellectuelle. Les assises, c’est un peu de l’agit prop… pour se mettre en valeur. Elles passionnent les apparatchiks de l’Université, et bien peu les enseignants de base, las des réformes, qui accentuent leuyr dévalorisation… au nom d’idéaux généreux mais stériles (cf. Le plan Langevin)… Quand posera-t-on la question de la sélection à l’entrée de l’Université ? Jamais, pour ne pas déplaire à l’UNEF… La secondarisation est en marche, rien de l’arrêta. Après celles études, viendra celle des personnels enseignants… cf. le projet Dubois IES… qui cautionne cette secondarisation (et la disparition des MCF : merci chez collègue).

  5. lolo dit:

    Pourqoui voulez que les filières sélectives (IUT, STS et CPGE) s’occupent de ces assises…Ce sont des formations qui n’ont pas de soucis, qui sont performantes et très utiles pour la société française….Cette usine à gaz des assises a été mise en place pour les Universités en mal de réputation…ILS FAUT DISSOUDDRE LES UNIVERSITES et donner DEFINITIVEMENT la gouvernance AUX GRANDES ECOLES…arrêtons ces BETISES DEFINITIVEMENT…

  6. Sirius dit:

    Cher Irenius,
    Vous appelez au débat sur les IES depuis si longtemps qu’on est tenté de vous répondre, même si c’est de façon qui peut vous paraître provocatrice. Et si le peu d’échos que reçoit ce projet était dû au fait qu’il présente des défauts majeurs ? Essayons d’en identifier quelques uns.

    1) Quel est l’avantage de créer un nouveau système dual horizontal (IES vs/ Universités de recherche) à la place du système dual vertical traditionnel en Europe (filières courtes vs/ filières longues) ?
    2) Il s’agit d’une pensée systématique et jacobine s’opposant à l’autonomie des établissements, donc à leur liberté de choisir des stratégies originales.
    3) Prétendre que ce système sera un « modèle pour l’Europe », c’est en même temps avouer qu’aucun pays n’a adopté une telle organisation, ni en Europe, ni ailleurs (à part les CEGEP au Québec, qui sont loin d’être convaincants). Il y a peut-être de bonnes raisons.
    4) Quelle est la valeur ajoutée produite par le regroupement obligatoire des premiers cycles de la « voie longue » (licence et CPGE) et de la « voie professionnelle » (IUT et BTS) dans les mêmes établissements ? Chacun de ces deux regroupements ne pose-t-il pas assez de problèmes pour ne pas charger la barque en voulant à tout prix regrouper les quatre filières ?
    5) La définition de 5 « parcours » est une proposition qui a du sens pour simplifier les premiers cycles de la voie longue en cherchant à se rapprocher, à conditions que ces cinq parcours ne soient pas « tubulaires », des colleges of liberal education . Mais ce modèle n’est ni atteignable, ni efficace dans la voie professionnelle.
    6) Quelle est la signification pédagogique d’un horaire uniforme de 750 heures par an, à part d’être une moyenne arithmétique entre les horaires des CPGE et ceux d’une licence ?
    7) Mettre en extinction le corps des Maîtres de Conférences et décréter que l’enseignement dans les IES sera assuré par des agrégés est la proposition la plus représentative du fait que ce projet est celui d’une « secondarisation » du premier cycle universitaire. Ce qu’exprimait encore mieux le titre que vous aviez d’abord donné à vos établissements, les « lycées d’enseignement supérieur ».
    8) L’agrégation est un concours sélectionnant les meilleurs enseignants du secondaire. Mais elle ne sélectionne en aucune manière les candidats sur leur capacité à faire de la recherche. Vous prétendez qu’il faut la modifier pour qu’elle permette de le faire. Comment ? Et, à supposer que cela soit possible, est-il raisonnable de faire exercer comme enseignant pendant des années ceux qui sont supposés constituer le réservoir des futurs professeurs-chercheurs dans des instituts sans recherche ?
    9) La place centrale donnée à l’agrégation du secondaire dans ce projet n’est-elle pas une extension à l’ensemble du système du rôle très particulier qu’elle joue en lettres et sciences humaines ? Elle est en tout cas parfaitement contradictoire avec le reproche fait par les universitaires aux CPGE et aux BTS d’être coupés de la recherche. Dans les IES, tous les premiers cycles seraient coupés de la recherche.

  7. Olivier dit:

    @lolo : Oui, yaka, faukon.
    L’avantage de l’université est qu’on y réfléchit 5 minutes avant de parler et d’énoncer comme des principes immanents de parfaites platitudes non étayées, non argumentées.

  8. Martainville dit:

    Rappel aux doux rêveurs : L’université de demain = secondarisation, « médiocratisation » et caporalisation.

    Le changement maintenant serait : sélection ou orientation… et que les « inaptes » aux filières longues aillent dans des filières courtes, professionnalisante ou en alternance : l’avantage, on revalorise les filières professionnelle, et on donne une formation technique et professionnelle à des milliers de jeunes qui auront ainsi plus de chance de trouver un emplois. Mieux vaux un titulaire de DUT au travail, qu’un titulaire de Licence ou de Master au chômage.

  9. Damien dit:

    @Martainville
    Votre message est rigolo, parce qu’il est complètement contradictoire. Reprenons ce qu’il faudrait, d’après vous, faire :
    - on sélectionne en filière longue
    - on envoie les « inaptes aux filières longues » en filières courtes ou professionalisantes ou en alternance (où ils deviendront forcément « aptes », comme le montre les taux de réussite des bac pro en IUT)
    - et ces filières courtes seront alors « revalorisées ».

    Seul petit problème de votre raisonnement : où avez-vous (pour l’enseignement supérieur) que les filières professionnelles ou courtes sont « dévalorisées » ? Les IUT seraient donc désertés ? Les STS en proie à un déficit aigu de recrutement ? L’alternance est considérée comme une tare par les étudiants ?
    Non, non et encore non.

    Donc, s’il vous plait, défendez la sélection si vous le souhaitez, ou le renvoi des « inaptes » aux filières courtes, mais laissez le lieu commun sur la nécessaire revalorisation des filières pro ou sur le « mieux vaut travailler avec un DUT que d’être au chômage avec un master » (d’une part, la majorité des DUT continuent leurs études, d’autre part les titulaires de master sont rarement au chômage), ça donne la furieuse impression que vous ne voyez pas la différence entre DUT et CAP.

    Et, sinon, juste comme ça, pour envoyer les « inaptes » dans les filières courtes, il n’y a pas besoin de mettre de la sélection à l’université (les « inaptes », en général, ne cherchent pas vraiment à y aller), il suffit d’augmenter le nombre de places dans ces filières courtes. Sélectionner à l’université sans augmenter le nombre de places dans ces filières, ça ne fera guère qu’envoyer les « inaptes » à Pôle Emploi.
    Ou alors, vous considérez que sélectionner en L1 va revaloriser les filières longues (à l’université) et donc par effet de balancier dévaloriser les filières courtes (en y enlevant les « aptes aux études longues »), ce qui permettra d’y mettre les étudiants « inaptes ». Possible, mais ne dites pas que ça va revaloriser les filières professionnelles…

  10. Martainville dit:

    A Damien

    Je maintiens qu’il faut revaloriser dans nos cerveaux, les filières courtes, l’enseignement professionnel, l’apprentissage. Tous les enfants de France ne peuvent devenir cadres supérieurs. Et un plombier gagne plus qu’un universitaire (et tant mieux pour lui… et tant pis pour nous…).
    La société a fait de l’Université un étage supplémentaire de la garderie nationale, avec la complicité des pédagogistes…
    Soyons cynique, plus il y a d’étudiants, plus on aura de postes… Moi, je suis pour donner la licence au bout de trois ans (et ne plus à avoir à faire semblant de faire cours, de donner des sujets, de corriger des centaines de copies et de racheter les médiocre).
    Je maintiens que tous les jeunes ne sont pas aptes à poursuivre des études longues, et qu’une bonne formation courte (même rallongée, ce qui prouve que la formation courte était bonne et à bien préparé la poursuite dans un cursus plus long), vaut mieux que de glander en fac.

  11. Damien dit:

    A Martainville

    « Je maintiens qu’il faut revaloriser dans nos cerveaux, les filières courtes, l’enseignement professionnel, l’apprentissage. »

    J’ai la nette impression que vous parlez d’abord pour votre cerveau, comme en témoignent ce cliché sur le plombier qui gagne plus que l’universitaire (salaire moyen d’un plombier-chauffagiste qualifié, 1700 € net, ben oui seule une minorité des plombiers sont non-salariés, et même ces derniers ne roulent pas tous sur l’or).
    Et encore une fois vous laissez la désagréable impression de mettre dans un même panier filières secondaires courtes (CAP), filières supérieures courtes (BTS ou DUT), ou apprentissage (vous savez qu’il y a des M2 en apprentissage ? croyez-vous que les universitaires qui les gèrent dévalorisent l’enseignement professionnel ?).

    Vous voulez « revaloriser » les filières courtes ? Et que faites-vous pour ça ? Vous allez dans les lycées expliquer les avantages et les inconvénients des études longues et études courtes ? Vous conseillez du mieux que vous pouvez les lycéens ou étudiants dans les salons d’orientation ? Ou vous vous contentez de pester sur ces étudiants « qui n’ont rien à faire à la fac » ?
    Mais pour défendre les études courtes, il faut déjà les connaître (un peu mieux que seulement comme « l’endroit où il faudrait mettre les inaptes aux études longues »), et ce n’est pas en sortant des trucs du genre « un plombier gagne plus qu’un universitaire » que vous allez convaincre le lycéen de faire des études de plomberie.

  12. Martainville dit:

    Bah, brisons là, et clamons : tout le monde la fac… il n’y a que la fac qui sauve…tous des cerveaux, des intellectuels, des buroniers. Et notre intérêt est de gérer les masses, la foule, de donner des diplômes, de corriger 2000 à 4000 QCM par an.. Ça c’est de la formation. Il faut continuer. Ainsi, on atteindra les scores de diplômés. Plus il y aura d’étudiant, plus il aura de poste à l’Université. Et puis faire une thèse pour faire instituteur supérieur, c’est vachement bien…
    Je mets dans le même panier toutes les formations, parce qu’un bon ouvrier est aussi respectable qu’un ingénieur, même si sa qualification est différente.

    PS. Mon plombier, artisan, gagne très bien sa vie… de petit salarié, il est devenu patron, dirige sa petite entreprise tout en continuant à aller sur le terrain… Bel exemple de réussite sociale par le travail et le mérite.

    Enseignant-chercheur, j’ai été embauché pour faire de l’enseignement et de la recherche, pas pour être conseiller d’orientation ou VRP. Il y a de très bonnes formations pour cela… et à chacun sa compétence (et sa fiche de poste).

    Quant à connaître l’endroit des études courtes : ce n’est pas aux vieux singes, qui ont travaillé en ZEP, en lycée professionnel, qu’on apprends à faire des grimaces. Et dire à un jeune que la plomberie est un vrai métier, et qu’il peut être rémunérateur, qu’il peut mener à l’ascension sociale, je pense que ça le motive, plutôt que d’aller à la fac et finir par classer des permis de conduire à la préfecture avec un M2 (encore un cliché me direz-vous, mais – hélas – la vie est pleine de clichés).

    NB : mon cerveau se porte bien… est très ouvert à la vie, même hors de l’université.

  13. Former à et par la recherche ? | Histoires d'universités dit:

    [...] chances d’obtenir la licence en 3 ou 4 ans ?” . Pour les deux présidentiables, “le 1er cycle demeure un paysage oublié de la réforme“. Alain Beretz n’est pas favorable à la création de prépas intégrées dans [...]

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