Fête de la Science 2012 à Strasbourg. Suite des reportages et photos sur les doctorats de l’université. Chronique du 11 octobre : « Fête aux doctorats en neurosciences« . Chronique du 14 octobre : « Archéologue à l’INRAP, docteur en CDD« . 35 chroniques du blog sur le Doctorat.
Manon sur le stand de la fête de la science : album de 12 photos. Elle compte soutenir son doctorat en géographie et aménagement en mars 2013. Sa thèse s’insère au sein des travaux de recherche du groupe Pollution de l’air et Climat urbain, Laboratoire Image, Ville, environnement (LIVE), du CNRS et de la Faculté de géographie et d’aménagement de l’université.
La problématique générale : « la ville chauffe !« . « A l’échelle de la ville et dans des conditions climatiques favorables, on observe un phénomène physique, l’ilôt de chaleur urbain. Il se manifeste par l’apparition d’un dôme d’air chaud au-dessus des aires urbaines. En effet les villes sont plus chaudes de 1°C à 10°C que la campagne environnante ».
Le doctorat de Manon procède de la recherche fondamentale. Elle mène des travaux de modélisation en laboratoire, dont la portée pratique existe potentiellement (lire la Note infra) : « faire que la ville chauffe moins !« . Elle ne fait pas de mesures sur le terrain. Elle paramètre et fait interagir les facteurs qui influencent la température de l’air urbain : conditions atmosphériques (température et humidité de l’air, vitesse du vent en particulier), consommation énergétique dans les bâtiments en fonction de l’heure de la journée (présence ou non de personnes dans les immeubles), morphologie des quartiers (forme et espacement des immeubles, matériaux des façades), occupation du sol et nature des matériaux (béton, asphalte, végétation, eau)…
Manon a pensé son doctorat dès son master en géoscience, environnement et risques, où elle s’est spécialisée en climatologie : elle a collecté et organisé les statistiques sur le climat de l’Islande depuis les années 900. Elle mène ses recherches de thèse dans de bonnes conditions : contrat doctoral de source CNRS, bourse ZAEU pour faire la soudure en 4ème année, bureau partagé au sein du laboratoire, équipements informatiques, frais de mission pour se rendre dans des colloques, participation aux cours proposés par l’École doctorale, « mais il faut s’inscrire rapidement, sinon il n’y a plus de place« . Un regret cependant : il n’est pas facile pour un doctorant de se positionner dans un laboratoire ; soit on le considère encore comme un étudiant, soit il est déjà un jeune collègue chercheur.
Manon a intégré la contrainte du post-doctorat. En thèse, elle a commencé à s’insérer dans le réseau de contacts et de partenariats de son laboratoire : participation à des colloques et à des conférences. Mais six mois avant la soutenance de thèse, rien n’est encore sûr. Un post-doc en Belgique, en Espagne, en Nouvelle-Zélande, aux USA ou ailleurs ?… Manon estime qu’il est temps pour elle de bouger : jusqu’ici, elle ne s’est pas éloignée de l’Alsace.
Son projet professionnel : intégrer le CNRS comme jeune chercheur. Le nombre de postes est fort limité, mais Manon sait qu’elle peut postuler dans trois sections : environnement, géographie et aménagement, sciences humaines et sociales.
Bon vent, Manon ! Note complémentaire. »Travaux de la ZAEU réalisés avec le soutien de la CUS. Évaluation des stratégies d’atténuation de l’ilot de chaleur urbain et de réduction des dépenses énergétiques pouvant s’inscrire dans le Plan climat énergie territorial (PCET),obligatoire depuis la loi du Grenelle 2 pour les agglomérations de plus de 50 000 habitants ».

