Jean-Paul Jourdan élu, puis élu

Jean-Paul Jourdan a été élu président de l’université de Bordeaux 3 Michel de Montaigne le 23 mars 2012. Jean-Paul Jourdan a été élu président de l’université de Bordeaux 3 Michel de Montaigne le 7 décembre 2012.

Flashback sur cette élection à péripéties. J’y ai consacré près d’une dizaine de chroniques. Lors de la campagne électorale et après le résultat des élections aux conseils centraux du mois de mars, les adversaires de Jean-Paul Jourdan, mobilisés pour l’élection à la présidence de Pierre Beylot ou de Jean-Yves Coquelin, considèrent que je prends parti pour Jean-Paul Jourdan : lire les commentaires de la chronique « 3 candidats à Bordeaux 3« .

Un collectif produit un compte-rendu de ce qui s’est passé entre l’élection des conseils centraux (6 mars 2012) et l’élection du président Jourdan (23 mars) : « l’entre-deux tours« . Patrice Brun, président sortant, me communique le texte. Un tel document n’a pas son équivalent pour les autres élections de 2012 ; il est donc fort précieux.

Pierre Beylot, candidat à la présidence mais battu lors du scrutin de mars 2012, par 8 voix contre 12 pour Jean-Paul Jourdan, dépose alors un recours auprès du Tribunal administratif de Bordeaux, recours qu’il gagne, en première instance et en appel. Les juges considèrent que des échanges entre les membres du CA, par voie de SMS ou de courriels lors de la séance électorale, ont rendu le scrutin « insincère ».

Patrice Brun, président sortant de Bordeaux 3 et non candidat à sa réélection, est nommé, par le Recteur d’académie, administrateur provisoire de l’université. « Un été sans président« .

3 octobre 2012. « Service fait pour Patrice Brun« . Le recteur accepte la demande de Patrice Brun de mettre fin à son administration provisoire et nomme un autre administrateur provisoire.

6 novembre 2012. « Bordeaux 3 toujours sans président« . Le conseil d’administration est réuni pour élire le président. Jean-Yves Coquelin, démissionnaire du CA, n’est plus candidat. Jean-Paul Jourdan et Pierre Beylot sont les seuls en lice. 4 tours de scrutin donnent le même résultat : Jean-Paul Jourdan, 11 voix, Pierre Beylot, 8 voix, 3 votes blancs. J’écris de ma propre initiative : « Le blocage risque de subsister sauf si les deux candidats à la présidence retirent, d’un commun accord, leur candidature. Je suppose que la tension doit être vive dans l’université. Vers un nouveau candidat ? Non membre du CA actuel ?« . Étonnements et rumeurs dans l’université. Jean-Paul Jourdan, dans un commentaire à la chronique, écrit : « je maintiens ma candidature à la présidence en vue du scrutin du 7 décembre« .

7 décembre 2012. Les deux premiers tours de scrutin reproduisent le vote du 6 novembre : 11 voix pour Jean-Paul Jourdan, 8 voix pour Pierre Beylot… mais 2 bulletins blancs seulement au lieu de 3. Jean-Yves Coquelin, de retour mais qui n’est plus administrateur, obtient 1 voix.

Troisième tour : Jean-Paul Jourdan obtient 18 voix, Jean-Yves Coquelin, 1 voix, 3 votes blancs. 7 des 8 voix qui s’étaient portées jusqu’alors sur Pierre Beylot se sont portés sur Jean-Paul Jourdan. Trois scrutins dans la foulée : échaudés par l’annulation du scrutin du 23 mars, les membres du CA n’ont pas échangé entre eux entre le 2ème et 3ème tour de scrutin. L’affaire « était donc dans le sac » avant que le CA ne se réunisse le 7 décembre !

Que s’est-il donc passé entre le 6 novembre et le 7 décembre ? Quelqu’un, un collectif va-t-il prendre la plume pour expliquer ce qui s’est passé ? Comme Patrice Brun l’avait fin début avril ? La transparence l’exigerait ! Hypothèse espérée : Pierre Beylot et les élus qui soutenaient sa candidature à la présidence ont privilégié l’intérêt de l’université Michel de Montaigne.

Bilan sur les contentieux électoraux en 2012. Des recours ont été portés devant les tribunaux administratifs. Ils ont toujours été gagnants. De nouvelles élections ont alors été organisées. Dans tous les cas, elles ont conforté les résultats des élections annulées.

Ce soir est pour moi un moment de grande émotion. Bordeaux 3 Michel de Montaigne, université des arts, lettres, langues, sciences humaines et sociales, va aller de nouveau de l’avant. Jean-Paul, de lourdes responsabilités vous attendent, toi, l’équipe, les collègues enseignants et BIATSS, les étudiants, les autres universités d’Aquitaine, les partenaires économiques et sociaux. Les défis sont immenses ! Vous devez réussir.

Patrice, tu as été un des premiers présidents à inviter le blogueur libre de ton, et donc toujours critique. Sincèrement merci à toi d’avoir accompagné le blog depuis le 23 août 2010. Je vais maintenant pouvoir m’arrêter.

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Article du on Dimanche, décembre 9th, 2012 at 1:28 dans la rubrique C. Aquitaine. Pour suivre les flux RSS de cet article : RSS 2.0 feed. Vous pouvez laisser un commentaire , ou un trackback sur votre propre site.

2 commentaires “Jean-Paul Jourdan élu, puis élu”

  1. Jean-Paul Jourdan élu, puis élu | Enseignement Supérieur et Recherche en France | Scoop.it dit:

    […] Jean-Paul Jourdan élu, puis élu From blog.educpros.fr – Today, 12:37 PM Blog de Pierre Dubois Histoires d’universités, 9/12/2012 […]

  2. Guillaume Garrigues dit:

    Bonjour,
    Suite à votre article je souhaiterais clarifier très succinctement le déroulement de l’élection de vendredi, je suis moi-même élu au CA et responsable du MET dans l’université et je tenais à vous expliquer comment s’est déroulée l’élection de ce vendredi 7 décembre.
    Aux 2 premiers tours la situation n’a pas bougé, la CGT a maintenu son vote blanc suite au vote interne qu’ils avaient organisé lundi dernier et qu’ils ont dépouillé vendredi matin avant le conseil.
    Résultats des 2 premiers tours: Jourdan 11, Beylot 8, Coquelin 1, blanc 2, nous sommes restés fidèles à Pierre Beylot et son équipe. A l’issue du second tour: suspension de séance, à la sortie de la salle j’ai annoncé à J-P Jourdan qu’aucun président n’avait été élu et j’ai pu ensuite échanger avec le candidat et son équipe ainsi qu’avec l’équipe de Jean-Yves Coquelin et celle de Pierre Beylot. Ce dernier m’a annoncé qu’il ne se représenterait pas au 3e tour. Après discussions et coups de téléphone avec d’autres élus de mon syndicat (nous sommes 8 élus MET dans les différents conseils de Bordeaux 3), nous avons convenu qu’il serait bon dans l’intérêt de l’université (et au vu de la volonté affichée par l’équipe de Jourdan d’ouvrir le dialogue avec l’ensemble des élus) de voter pour Jean-Paul Jourdan de manière à mettre un terme à cette situation de blocage. Pierre Beylot a pris la même décision et a proposé aux élus de son équipe de voter Jourdan ou de voter blanc.

    La situation étant débloquée, des CA et CEVU sont prévus très rapidement pour rattraper le temps perdu, l’heure est maintenant au travail d’équipe et je pense que la fin de cet épisode a permis de ressouder l’ensemble des élus.

    J’espère avoir pu éclaircir vos interrogations concernant ce scrutin, il a mis en exergue un certain nombre de difficultés dans l’application de la loi LRU.

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