Loi Fioraso : la grogne monte

Toutes les chroniques sur le projet de loi Fioraso. Après le vote du CNESER du 25 février 2013 (la CPU a voté « oui, avec réserves« ), 11 présidents d’université publient une Lettre ouverte à Madame la Ministre de l’Enseignement Supérieur et la Recherche et aux élus de la Nation : Pour une loi de l’Enseignement Supérieur et la Recherche ambitieuse, concertée, à la hauteur des enjeux réels.

Extrait. « Il ne ressort pas de cap stratégique clair sur des sujets majeurs tels que la démocratisation de l’ESR ou le rôle de la recherche pour la société. Il n’y figure aucune clarification sur le rôle respectif et la place des établissements d’enseignement supérieur, de l’État et des Régions à l’aube de l’acte trois de la décentralisation, et l’on n’en tire pas de vision fédératrice de la notion d’autonomie. Les débats au sein du CNESER et la multitude des amendements qui y ont été déposés, dont certains contradictoires, exacerbent les incompréhensions et les clivages au sein de la communauté universitaire. Le résultat très partagé du vote du CNESER du 25 février 2012 à la proposition de Madame la Ministre dont le texte a très peu évolué sur le fond ne contribue pas à clarifier les visées stratégiques du projet ni à rassembler la communauté universitaire« .

En novembre dernier, 14 présidents écrivaient une Lettre ouverte pour demander à la Ministre de faire reprendre la gestion de la masse salariale des personnels fonctionnaires par le Ministère : « Les RCE, enfin, contestées !« . La Ministre a répondu « Non », montrant son attachement aux responsabilités et compétences élargies, instaurées par la LRU.

Elle confirme cette position dans le projet de loi et n’a même pas retenu un amendement-clé approuvé par le CNESER :  « Il est inséré, à l’article L712-9 du code de l’éducation, un troisième paragraphe ainsi rédigé : « La dotation annuelle est recalculée chaque année, selon une méthodologie garantie par la Cour des comptes après avis du CNESER, pour prendre en compte : le glissement vieillesse-technicité propre à chaque établissement ; l’hypothèse d’inflation retenue par la loi de finances initiale ; les conséquences pour la masse salariale d’éventuelles modifications législatives et réglementaires intervenues depuis la dotation précédente ; le coût des obligations nouvelles mises par l’État à la charge des établissements ». La loi Fioraso est une loi LRU 2.

14 présidents signataires en novembre 2012, 11 en février 2013. Les 4 mêmes présidentes : bravo mesdames ! Deux nouveaux présidents : Philippe Boutry de Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Jean-Paul Saint-André d’Angers. 4 présidents n’ont plus signé.

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Article du on Jeudi, février 28th, 2013 at 13:15 dans la rubrique A. Débattre. Pour suivre les flux RSS de cet article : RSS 2.0 feed. Vous pouvez laisser un commentaire , ou un trackback sur votre propre site.

3 commentaires “Loi Fioraso : la grogne monte”

  1. Martainville dit:

    Fioraso, Pécresse, même combat, mêmes inspirations, mêmes conseillers (dans les cabinets)… des réformes technocratiques, des réformes de pouvoir, et les questions de fond, la crise universitaire (objectifs de l’Université, sélection, orientation, carrière et rémunération) sont volontairement oubliées. On peur rêver à un front uni, de tous les syndicats de gauche, de droite, de tous les universitaires, afin d’exprimer le raz le bol des réformes entreprises depuis 20 ans, du mépris, de la dégradation er de la dévalorisation du métier… et faire un immense bras d’honneur aux politiques, aux technocrates qui détruisent l’Université.

  2. ric dit:

    Si nous étions en démocratie, nous pourrions comme en Suisse décider de ce qui nous regarde sans regarder hébéter ce que les gouvernements décident pour nous. Cessons de manifester notre mécontentement ici pour telle mesure ou là pour telle loi inique, exigeons le référendum d’initiative citoyenne pour abroger ou initier des lois que la majorité souhaitent et pas l’inverse !

  3. Flamme de l'Étoile dit:

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