Montpellier 3. Fioraso et Fraisse

« Je ne vois aucune raison pour que le site de Béziers ferme », indique la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche Geneviève Fioraso, sollicitée par Midi Libre. La ministre renvoie la balle à Anne Fraisse, la présidente de l’université Montpellier III qui a annoncé mardi la fermeture de l’antenne biterroise de la faculté à la rentrée 2014, qui accueille 700 étudiants sur le site de Du-Guesclin : « Il y a eu manifestement un problème au niveau de l’université », explique la ministre, qui se défend d’un éventuel désengagement de l’État ».

Anne Fraisse, Président de l’université Paul Valery Montpellier 3, a réagi, ce 21 septembre 2013, par un message adressé aux personnels et aux étudiants : réponse aux déclarations de Mme la Ministre. « Dans un entretien au journal Midi-Libre paru aujourd’hui, Madame la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche fait peser sur l’université Paul Valéry Montpellier 3 la responsabilité des difficultés financières que nous connaissons plutôt que d’assumer les conséquences annoncées de sa politique. La ficelle est très grosse. Afin de démontrer l’inanité de ces accusations, j’ai décidé de diffuser sur le site internet de l’université les courriers échangés depuis 3 ans avec le ministère afin que chacun puisse en prendre connaissance »…

En annonçant la fermeture, à la rentrée de 2014, du site de Béziers de l’université Paul Valéry (700 étudiants) a frappé un grand coup et elle a eu raison : c’était ça ou la cessation de paiement au dernier trimestre de 2014. La loi sur l’enseignement supérieur et la recherche de juillet 2013 a en effet maintenu les responsabilités et compétences élargies (RCE), dispositif emblématique de la loi LRU de Valérie Pécresse. Les RCE ont entraîné une spirale infernale de réduction des dépenses, dans un contexte de désengagement financier de l’État. Ce gouvernement est, comme le gouvernement précédent, sourd aux cris d’alarme lancés depuis 2009 par la plupart des universités, par la CPU elle-même. Pour aller plus loin : 113 chroniques du blog sur les RCE.

Anne Fraisse ne manque pas de courage politique. « Aucune des allégations portées contre l’université n’est exacte. Je ne veux pas savoir si Mme la ministre connait mal le dossier, si elle est mal conseillée ou si elle fait ces déclarations sciemment ; ce n’est pas ce qui m’importe. Je prends acte de son engagement de permettre le fonctionnement normal et durable du site de Béziers et puisque nous apportons publiquement la preuve que les difficultés actuelles sont le fait exclusif du Ministère de l’enseignement supérieur et qu’il en a toujours été informé, j’attends que les erreurs commises par le passé soient réparées au plus vite ».

Geneviève Fioraso devrait avoir davantage de courage politique. Elle sait en effet – il faut l’espérer – qu’elle n’a pas les moyens financiers pour éteindre les incendies qui ne vont pas manquer de se déclarer dans les mois qui viennent. Après le site de Béziers, à qui le tour ? Albi ? Brive-la-Gaillarde, dont le campus a été inauguré en grande pompe par la Ministre ? Une occasion pour elle de communiquer sur l’avenir des sites de proximité !

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Article du on Samedi, septembre 21st, 2013 at 12:59 dans la rubrique A. S'indigner, C. Midi-Pyrénées, Languedoc Roussillon. Pour suivre les flux RSS de cet article : RSS 2.0 feed. Vous pouvez laisser un commentaire , ou un trackback sur votre propre site.

2 commentaires “Montpellier 3. Fioraso et Fraisse”

  1. Pascal Maillard dit:
  2. Socialiste anti-fioraso dit:

    Pour ceux qui penseraient que tous les socialistes soutiennent la politique Fioraso, il convient de rappeler que de nombreux membres de la Commission Enseignement Supérieur du PS ont constitué un Collectif Langevin dénonçant la politique Fioraso.
    Cette dernière va poursuivre, avec de nouveaux IDEX la politique de ségrégation universitaire et , pour la plupart des établissements et des universitaires (salaires), continuer à organiser le décrochage avec le reste des pays développés.
    La camarade Fioraso n’aura pas fait illusion longtemps.
    A Angers, par exemple, le 18 décembre 2012 , à l’unanimité moins une voix, le CA, y compris des socialistes et élus locaux socialistes, ont voté le texte suivant :
    « Nous, administrateurs de l’Université d’Angers, refusons la négation de nos ambitions par une politique nationale qui affirme des efforts pour le développement de l’enseignement supérieur et de la recherche tout en réduisant les moyens alloués et chercherons par tout moyen à faire connaître et reconnaître la situation injustifiable de notre établissement ainsi que la dégradation des conditions de travail et les risques psycho-sociaux auxquels les personnels de l’université se voient de plus en plus exposés. Notre communauté ne demande qu’à être reconnue et à s’impliquer pour l’intérêt commun et le service public.

    Nous, administrateurs de l’Université d’Angers, pensons qu’en l’état, notre dotation 2013 condamne toute perspective de retour à l’équilibre sur lequel l’Université d’Angers était prête à s’engager et rend impossible le vote de notre budget 2013 avec un déficit prévisionnel de 2,4M€.

    Nous, administrateurs de l’Université d’Angers, souhaitons qu’une concertation s’engage dans les meilleurs délais avec le MESR afin qu’une solution acceptable soit co-construite sur la base du plan de retour à l’équilibre initialement proposé par l’Université d’Angers. Nous vous prions de croire, Madame la Ministre, à l’expression de notre plus haute considération. »

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