Il faut exfiltrer le soldat Salzmann !

25 octobre 2013. Libre opinion de Laurent Carraro (directeur général de l’École nationale supérieure d’arts et métiers, ENSAM) dans le Monde M Idées : Jean-Loup Salzmann, arrêtez de dénigrer les grandes écoles !

Dans un article paru dans le supplément « Universités & grandes écoles » du Monde en date du 17 octobre 2013, le président de la Conférence des présidents d’Université, Jean-Loup Salzmann, juge opportun d’adresser une attaque en règle en direction des grandes écoles.

Outre la légèreté d’un propos pour le moins approximatif et calomnieux, la méthode est choquante et doit interroger tous les citoyens sur l’état actuel de leur enseignement supérieur. Nous avons l’impérieuse obligation de nous ressaisir et de cesser de prendre en otages des générations entières d’étudiants dans des querelles stériles de lutte de pouvoir. Quelle crédibilité peut-on aujourd’hui nous accorder quand les seules avancées que nous pouvons proposer à la société française se résument à des stigmatisations permanentes entre deux clans et des réformes de structures bureaucratiques sans impact dans la vie quotidienne des jeunes que nous formons ? Sans parler du fait, qu’une fois encore, les déclarations faites par un « camp » sont faites par des acteurs qui ignorent tout de l’autre et se fondent sur des idées reçues très éloignées de la réalité. Lire la suite dans M Idées.

Les temps sont durs pour Jean-Loup Salzmann, président de la CPU. Le 17 octobre 2013, lors de l’Assemblée plénière de la Conférence, il a dû faire face à la colère de 17 présidents d’université.  La motion du bureau de la CPU ayant été jugée trop « molle », celui-ci a dû produire une motion de synthèse plus offensive : la CPU décidée au combat !

Les temps sont durs pour Jean-Loup Salzmann, président de l’université Paris 13 Nord. Le 18 octobre 2013, son conseil d’administration a voté à l’unanimité une motion souhaitant que la direction de l’université demande clairement au Ministère… de verser l’intégralité de notre dotation globale par le versement budgétaire immédiat d’au moins six millions d’euros, dus par l’État à l’université.

Les temps sont durs pour Jean-Loup Salzmann. Le 25 octobre, il subit cette attaque en règle du directeur de l’ENSAM : arrêtez de dénigrer les grandes Écoles.

Les temps sont trop durs pour Jean-Loup Salzmann. N’est-il pas temps pour François Hollande, Jean-Marc Ayrault, Geneviève Fioraso d‘exfiltrer du bourbier de l’enseignement supérieur un fidèle soldat socialiste ? Une nomination au Conseil d’Etat comme pour son prédécesseur à la tête de la CPU, Lionel Collet ?

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Article du on Vendredi, octobre 25th, 2013 at 18:16 dans la rubrique A. Débattre. Pour suivre les flux RSS de cet article : RSS 2.0 feed. Vous pouvez laisser un commentaire , ou un trackback sur votre propre site.

9 commentaires “Il faut exfiltrer le soldat Salzmann !”

  1. François Brunet dit:

    Là encore, je ne comprends pas très bien le propos. D’un côté (ici même), JL Salzmann est accusé d’être vendu à la LRU et aux méchants gouvernants de droite et de gauche. De l’autre, un directeur d’école lui reproche un entretien (pas une tribune: voir le monde du 15/10) où JL Salzmann dit des choses assez banales sur la dualité GE/universités, avec un brin de provocation (la force des GE vient de leurs réseaux, pas de leur enseignement ni de leur recherche). J’aurais pensé que vous, Pierre Dubois, étiez plutôt en accord avec ces positions, même exprimées de façon un peu caricaturale. D’où vient alors que vous nous brodiez ce billet sarcastique? Je vous repose la question d’il y a trois jours: quel est le but poursuivi? Vous pensez peut-être que je persifle, mais c’est plus profond: je ne comprends pas. J’ai écrit en réponse à l’article de Laurent Carraro que son texte est abscons. Le vôtre n’est pas très clair non plus. Il y a pourtant des choses simples, qui pourraient être dites et faites, mais qui ne sont ni dites ni faites parce que chacun préfère broder et brocarder.

  2. Pascal Maillard dit:

    La chétive Pécore

    Oui, François Brunet, il y a encore trois choses qui doivent être dites et qui méritent d’être connues au sujet du président de la CPU, président de Paris 13, notre très médiatique Jean-Loup Salzmann. Il est tout d’abord confondant que le président des présidents, auquel on suppose des qualités éminentes pour occuper une telle fonction, au moins une certaine exemplarité, ait été sévèrement épinglé par la Cour des Comptes pour la très mauvaise gestion de son établissement. Voir cet article sérieux sur une base AEF :
    http://etudiant.lefigaro.fr/les-news/actu/detail/article/une-universite-parisienne-menacee-de-crise-financiere-majeure-2992/
    Prélever 63 millions en une année sur un fonds de roulement qui en comporte 40, c’est à mettre dans le livre des records! Même Strasbourg qui a fait très fort dans les ponctions du FdR n’a atteint que 50 M en trois ans. Et augmenter la masse salariale de 15 millions en trois ans, c’est pas mal non plus, on en conviendra. Quant à l’augmentation des primes des EC de 89% en 3 ans, et des Biatss de 94%, personne ne le croirait si ce n’était dans le rapport de nos sages.

    Il est ensuite singulier que le président Salzmann, malgré cette gestion pour le moins imprévoyante, ait été il y a peu destinataire d’une lettre de la ministre lui annonçant de bonnes nouvelles, lettre que lui seul semble avoir reçue.

    De ceci on déduira enfin que le premier des présidents, excellent dernier de la classe, se voit récompensé par l’État en raison de ses proximités politiques avec le pouvoir. Notons au passage que la ministre ne manque pas de pointer la mauvaise gestion de certains présidents quand ça l’arrange politiquement (Anne Fraïsse dont la gestion est irréprochable), tout en récompensant ceux qui n’ont pas regardé à la dépense.

    Ces faits, pour le moins singuliers, méritent bien un peu d’ironie et de sarcasme. Je trouve même que Pierre Dubois est indulgent avec un si mauvais comptable qui a mis une grande université sur la paille, il est vrai en appliquant les réformes et la politique des précédents gouvernements, mais avec un peu trop de zèle apparemment. Je crains que les universités soient bien mal défendues avec sieur Salzmann. En des temps un peu plus sévères sur les questions de morale, le président Salzmann aurait certainement perdu ses deux emplois. Mais notre époque est ainsi faite qu’on punit les faibles et les vertueux et qu’on récompense les habiles et les amis. Mais que l’on se rassure : la très grande majorité des présidents ont une gestion vertueuse, surtout celles et ceux qui veillent sur la destinée de petites et moyennes universités. Les autres devraient relire la fable bien connue de La Fontaine. Certains ont voulu « bâtir comme les grands seigneurs ». Le drame est qu’Ils enflent et que ce sont les personnels qui crèvent.

  3. François Brunet dit:

    @Pascal Maillard. Dont acte. Mais je ne cherchais pas spécialement à défendre Salzmann, ni d’ailleurs qui que ce soit. Je m’étonne qu’ici et ailleurs on fasse mine de prêter autant de pouvoirs aux présidents, et qu’on enfile des accusations parfois populistes (ce n’est pas votre cas) contre des individus, quand bien même ceux ci seraient moins « vertueux » que d’autres. (Qu’est-ce que la gestion « vertueuse » aujourd’hui? la Cour des Comptes et sa logique managériale donnent-elles vraiment le bon étalon?) A Paris Diderot j’ai vu, dans la période dont nous parlons, des augmentations de primes, décharges et masse salariale grossièrement comparables (je n’ai pas les chiffres mais ces chiffres ne m’intéressent pas vraiment) votées par la grande majorité des conseils dans l’allégresse, alors que des voix minoritaires mettaient en garde contre les dérives prévisibles; ces reconnaissances de la recherche étaient réclamées depuis des lustres par le SNESUP, entre autres. Proximités politiques avec le pouvoir? Peut-être, sans doute. Mais tout cela est si peu de chose par rapport à l’immensité de ce qui ne se dit pas et ne se fait pas, comme par exemple les collèges universitaires de Pierre Dubois.

  4. prof dit:

    La cour des comptes doit bien mal compter !
    Il est absolument impossible d’avoir un fond de roulement négatif de 23 ME, et Salzmann doit être très fort pour dépenser 63 ME en une année !

  5. Sirius dit:

    Que dit Jean-Loup Salzmann ? Que, dans les grandes écoles  » les cours ne sont pas de très bonne qualité. De plus, les étudiants ne font pas de recherche », alors que l’université, ce n’est que l’excellence ».
    Ces propos sont tellement éloignés de la réalité et chargés de préjugés qu’ils sont indigne d’un scientifique, indignes d’un président de la CPU et indignes tout court.

    M. Brunet poursuit sur la même ligne : « la force des GE vient de leurs réseaux, pas de leur enseignement ni de leur recherche ». Ce qui relève de la même rhétorique du dénigrement de l’autre et du refus de la réalité. Ce sont bien sûr ces fameux « réseaux » indéfinissables et mystérieux qui font que depuis des décennies des centaines de milliers d’employeurs, évidemment stupides, préfèrent embaucher des diplômés d’écoles incompétents plutôt que des diplômés d’universités.

  6. François Brunet dit:

    @Sirius, qui est toujours masqué. Un détail: je ne « poursuis pas dans la même ligne », je mentionne une argumentation, celle de Salzmann, dans laquelle je trouve « un brin de provocation » — celle que vous citez sur les réseaux. Ce n’est pas spécialement mon opinion, c’est une opinion courante et comme beaucoup d’autres de ce genre une opinion trop courte, évidemment. Mais tout cela n’a pas grand intérêt non plus.

  7. Martinville dit:

    Pauvre Président de la CPU. Dur dur, d’assumer la voie de la collaboration avec Fioraso…alors que l’Université profonde entre en résistance !!! Bah, comme tout membre des élites qui échouent, une bonne place lui sera réservée au Conseil d’Etat ou ailleurs… C’est cela la promotion républicaine au XXI siècle : incompétence, copinage, népotisme, et mépris du peuple. Et on s’étonne que les Bretons se révoltent !!! On attend la révolte des universitaires contre la tyrannie, la faillite et la corruption des élites !

  8. Roger Roger dit:

    Au fond, les commentaires laissés ici les uns après les autres ne sont pas du fout contradictoire avec le papier de Monsieur Dubois qui est, comme toujours, réellement objectif. Il suffit de parcourir l’ensemble de son blog pour constater qu’il existe des lieux où l’on construit de véritables projets d’université très structurés et tout à fait pointu sur des bases scientifiques et culturelles. Saint-Etienne, Clermont, La Rochelle et Avignon me semblent être exemplaires sur de très nombreux points avec des équipes bosseuses et discrètes. Seul problème, on ne met jamais en avant ces universités positives sur le plan national. Le Conseil d’état devrait être plutôt réservé à ces présidents qui réussissent leur université pour inspirer les autres sur le plan institutionnel – rôle du conseil d’Etat – mais non on se sert de ce Conseil comme une porte de sortie alors que ce devrait être une porte d’entrée. Une reconnaissance de la réussite plutôt que de la médiocrité. Dommage et gâchis.

  9. belakhdar hamid dit:

    oui il est temps de le transferer vite…!!!!

    je vous invite à lire, à diffuser et à signer largement la pétition contre la dérive dangereuse de la direction de l’iut et de la présidence de paris 13 sur ce lien.
    http://www.mesopinions.com/pétitions/social

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