IdF. Une université confédérale ?

Le think tank Jean-Pierre Vernant, 59 universitaires proches de la gauche de gouvernement, préconise, dans une lettre adressée le 10 février 2014 à Geneviève Fioraso, la création d’une seule université, confédérale, sur le territoire francilien. Parmi les trois formes de regroupement, proposées par la loi ESR de juillet 2013, le collectif retient la forme Association, rejette la forme Communauté d’universités et d’établissements.

La Grèce antique et nous, conférence magistrale du professeur au Collège de France sur Canal U, 56 minutes 39. Écouter et regarder – au moins – la partie sur le politique, la politique.

107 chroniques du blog sur les regroupements. L’argumentation du Collectif Jean-Pierre Vernant me laisse sur ma faim parce qu’il ne répond pas à deux questions : l’université confédérale doit-elle inclure le 1er cycle de l’enseignement supérieur ? Que deviennent, dans ce contexte confédéral, les lycées qui possèdent des classes supérieures (CPGE et BTS) ? Une université confédérale de 2ème et 3ème cycles, oui ! Mais, il me semble urgent de discuter publiquement de la création d’Instituts d’enseignement Supérieur de 1er cycle : Universités et Instituts d’enseignement supérieur en 20 propositions.

Extraits de la Lettre du Groupe Jean-Pierre Vernant. La communauté universitaire francilienne n’existe qu’à travers un réseau de relations académiques et scientifiques. Nous sommes donc d’autant plus favorables à la coopération entre universités et établissements telle que posée par la loi du 23 juillet 2013, et nous  souscrivons pleinement au fait que « sur un territoire (…) académique ou inter-académique » (dans notre cas, Paris et l’Île-de-France), les établissements se doivent de « coordonner leur offre de formation », de développer les coopérations scientifiques, d’avoir une politique collective « en matière de logement étudiant, de transport, de politique sociale et de santé et d’activités culturelles, sportives, sociales et associatives ».

Dans ce paysage dévasté, deux logiques s’opposent quant à l’élaboration des regroupements. La première renforce cette « bunkerisation » et, pervertissant la logique de la loi, génère des projets visant à faire émerger des sites conçus comme des forteresses s’affrontant sans répit…

La seconde s’ancre, quant à elle, dans le tissu de coopération réel et dans la géographie des lieux… L’association des universités et établissements nous paraît en effet le mode de regroupement le plus pertinent et le plus adapté aux regroupements de l’Île-de-France… L’association de type confédéral est réaliste, elle est viable et peut être mise en œuvre dans les semaines et les mois qui viennent. Les personnels des universités franciliennes y sont prêts… Une véritable confédération d’établissements franciliens conférerait à Paris un rang de capitale mondiale universitaire, et serait réellement propice au développement de la recherche et des formations.

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Article du on Lundi, février 17th, 2014 at 10:54 dans la rubrique A. Débattre, A. Initiatives excellentes, C. Ile-de-France. Pour suivre les flux RSS de cet article : RSS 2.0 feed. Vous pouvez laisser un commentaire , ou un trackback sur votre propre site.

10 commentaires “IdF. Une université confédérale ?”

  1. Pierre Dubois dit:

    Je n’ai pas publié deux commentaires postés sur cette chronique. Rappel. J’accepte les commentaires anonymisés si leurs auteurs m’expliquent pourquoi ils souhaitent que je préserve leur anonymat. Ne pas oser publier sous son nom est pour moi le signe d’une peur qui se propage dans l’enseignement supérieur. Le signe d’un déclin certain et qui me révolte.

  2. Sirius dit:

    Cher Irnérius

    Je vous ai longtemps lu sous ce pseudo, sur votre site et sur d’autres. Vous m’avez souvent publié sous mon pseudo, encore récemment. Je contribue régulièrement à d’autres sites, sous le même pseudo. Dans les deux cas pour des raisons qui n’ont rien à voir avec la peur. Je suis professeur émérite et je n’ai rien à craindre de personne.

    Pouvez-vous m’expliquer ce changement de politique ? Ou bien est-ce le contenu de mon commentaire qui vous déplait ?

    Bien cordialement

  3. Martinville dit:

    Les université confédérales et autres machins imaginés par les apparatchiks, c’est « Retour en URSS », nostalgie soviétique et bureaucratisation et carrières apparatchikiennes garanties !!! méga super génial !!!
    Aujourd’hui l’intelligence travaille en réseau, dans des petites structures dynamiques…

  4. B. Andreotti dit:

    « l’intelligence travaille en réseau, dans des petites structures dynamiques… »

    C’est assez précisément ce que l’on entend par « confédéral »:
    – redescendre de l’emploi, des moyens, des marges de manœuvre et du pouvoir décisionnaire dans les briques élémentaires du système: les unités de recherche et les UFRs. On peut même penser que l’équipe pédagogique est une très bonne échelle pour commencer à remonter la pente en L1, bien plus que les coups de menton de type « Réussite en Licence » ou « Mooc ».
    – plutôt que de mutualiser des services, les éloignant des besoins et les rendant moins efficaces, les « confédérer » en réseau. On voit bien comment ce principe pourrait fonctionner pour des ingénieurs réseaux par exemple, qui pourraient s’épauler en cas de coup dur. Ce type de réseau est sans doute applicable facilement à tout ce qui nécessite des logiciels, et donc les difficultés d’utilisation que tout le monde expérimente quotidiennement.

  5. Pierre Dubois dit:

    @ Sirius. J’apprécie vos commentaires. Je demande seulement : qui êtes-vous » ? Vous connaissez mon adresse de courriel. Celle affichée dans vos commentaires est un pseudo : elle ne permet pas de vous joindre. Soyez donc gentil de me transmettre une adresse valide de courriel.

  6. Martinville dit:

    Martinville, un vrai sceptique, craint que les réseaux confédéraux ne soient conçus comme des usines à gaz : c’est une question de culture. Nos technocrates, managers, bureaucrates ont du mal à imaginer et concevoir des unités dynamiques, réactive, souples… ils aiment organiser, réglementer, encadrer, et surtout organiser des pouvoirs… et ça, ça ne marche pas….

  7. Samuel BLIMAN dit:

    Une seule université confédérale? Pourquoi pas?
    Ce type d’organisation serait le prélude à une réorganisation, à l’image de l’organisation qui prévaut dans les états des USA, savoir:
    Dans chaque région , exerçant une tutelle « douce », des « colleges« , établissements couvrant le cycle licence (le Bachelor), les établissements dit de « recherche » couvrant « master et PHD » et séparés des précédents, les « établissements privés »; ces trois types d’établissements pratiquant selon ses propres règles sélection à l’admission!! A charge pour chacun de pratiquer la recherche de dotation: dons, mécenat, anciens élèves.. etc..l’état par ailleurs apportant des budgets. Si on évoluait vers ce type de configuration: 1) il en serait fini du statut de la fonction publique
    2) l’appel à des vacataires deviendrait « commun »!
    3) les écoles ayant toujours un accès aux donateurs conserveraient leurs privilèges et le système des cpge ne s’insèrerait pas dans cette forme de structuration.
    Voilà ce que pourrait amener cette vision « université confédérale » PROGRÈS ou QUOI?

  8. Sirius dit:

    Cher Irénius,

    Contrairement à ce que vous supposez, l’adressse mail que je fais figurer lors de chacun de mes commentaires, est une vraie adresse sur laquelle vous pouvez me joindre.
    Votre adresse mail est-elle « pg.dubois@orange.fr » ?

    Cordialement

  9. Pirre Dubois dit:

    @ Sirius. 2 nouveaux essais avec l’adresse de courriel figurant dans votre commentaires. Essais infructueux. Mon adresse pg.dubois@orange.fr est-elle spammée ?
    Soyez gentil de m’envoyer directement un courriel à partir de votre adresse : on verra si ça marche !

  10. B. Andreotti dit:

    @Samuel BLIMAN
    @Martinville

    Il n’y a pas de doute que ce n’est pas une organisation qui, miraculeusement, ferait disparaître les problèmes. Si dans les semaines qui viennent, l’hypothèse (qui n’est pas nouvelle et a été portée par des collègues très différents: V. Berger sous l’ère Pécresse, QSF, le réseau Abélard, http://universites.ouvaton.org/universite-confederale/, etc) venait à prendre corps, nul doute que par des pirouettes, les détracteurs d’aujourd’hui se replaceraient dans le jeu. Pour l’heure, les coups contre cette initiative sont féroces et ces derniers temps, en dessous de la ceinture.

    Il faut donc, pour répondre à ces critiques justifiées, préciser le projet politique qui va avec. Par exemple ici:
    http://www.agpermanente.lautre.net/
    Document 5.

    Telle qu’elle est proposée sur ce site, la confédération francilienne à trois intérêts fondamentaux:
    1) Elle permet à l’ensemble des disciplines de s’y retrouver, et de faire fructifier leurs réseaux de collaboration et de cohabilitation. Pour le projet SPC, c’est un projet conçu par la médecine pour le secteur santé, au détriment du reste de l’université, qui est sacrifié.
    2) Elle fait redescendre les prises de décision en matière pédagogique et en matière de recherche à l’échelle la plus basse du système: les unités de recherche et les composantes.
    3) Elle n’engendre pas de surcoût et ne crée pas de nouvelle couche dans le mille-feuille/mikado administratif. Dans une période d’austérité, les deux sont extrêmement précieux. On sait que les regroupements visant à faire des économies d’échelle engendre des surcoûts considérables. On sait aussi que les CUE ont été conçues pour que les décisions budgétairement « douloureuses » puissent être prises dans des instances sans représentation démocratique (le scrutin indirect va être adopté partout et le taux de représentation est effarant: 1 représentant pour quelques milliers de membres du personnel).

    La vision de cauchemar suggérée par Samuel BLIMAN n’a rien à voir avec ce projet là.

    Par ailleurs, la loi présente les choses de manière claire: la coordination territoriale doit être… territoriale, c’est à dire se faire à l’échelle de l’académie ou de plusieurs académies. En Ile de France, les CUE putatives qui se construisent à partir des PRES-CUE, sont donc en violation de la loi, puisqu’elle organisent une coordination de « site » qui nuit à la coordination territoriale.

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