3 idées reçues sur la « vie étudiante »

Nous en entendons tous les jours, des idées reçues et des clichés. La vie étudiante n’y échappe pas. Je vous en propose ici 3, auxquels je m’efforce de tordre le cou quasi-quotidiennement auprès de nombreux interlocuteurs…

Idée reçue numéro 1 : « Les étudiants, c’est que des fêtards »

Non, pas tous, mais il y en a … Comme dans l’ensemble de la population. Les travaux de l’Observatoire de la Vie Etudiante (OVE), dont vous savez que je « raffole », fournissent quelques éléments de discussion sur le sujet. « Les élèves des écoles d’ingénieurs », paru en juin 2008 et se basant sur l’enquête triennale de 2006, présente (page 7) une proposition de nomenclature des activités culturelles des étudiants, en 8 catégories : cinéma, théâtre, concerts de musique classique ou opéra, autres concerts, musée ou expositions, spectacles sportifs, discothèques, soirées étudiantes. Les données sont organisées avec une typologie qui m’agace quelque peu : Ecoles d’ingénieurs vs Universités (hors IUT) décomposées entre Sciences et SHS. Largement discutable, quoique davantage compréhensible à l’époque… Mais il est intéressant de voir :
que les pratiques culturelles des étudiants sont significativement marquées selon les filières d’études
– qu’elles sont bien plus diversifiées qu’au travers du seul aspect festif

Idée reçue numéro 2 (ou plutôt, « fausse bonne idée ») : « J’ai une info pour les étudiants : je vais leur envoyer un mail »

Pitié, arrêtons avec les mails. Ce cri du coeur provient de quelques années d’expériences (dont certaines récentes) quant à la saturation des étudiants vis à vis des mails qu’ils reçoivent quotidiennement sur leurs boîtes de la part de l’établissement : Présidence, composantes, responsables de formation, logiciel d’emploi du temps, infirmerie, sport et santé U, culture etc. A trop utiliser le mail, on a sans doute fini par dénaturer l’outil et en faire perdre le goût et l’intérêt auprès des étudiants (et des personnels aussi, d’ailleurs) quitte à se priver de la force d’un outil simple et rapide pour les cas de réelle importance (exemple : crise H1N1). J’en conviens : chaque acteur à sa propre vision de ce qui lui semble important… Ce phénomène est peut-être amplifié par la complexité et l’envergure des établissements universitaires : les différents services et acteurs n’ont pas tous connaissance de l’existence de leurs congénères qui, eux aussi, envoient régulièrement des mails aux étudiants… Bref, il faut faire preuve de raison dans le recours au mail. Outre mes propres expériences, je m’appuie également sur une enquête « TICE » conduite par la future Université de Lorraine en 2011 : elle avait été l’occasion pour les étudiants de largement se plaindre, dans leurs commentaires « libres » (et souvent « un peu crus »), de la sur-quantité de mails institutionnels qui leur sont adressés quotidiennement.

Idée reçue numéro 3 : « Le logement étudiant ? Il faut construire des Cités – U près des campus ! »

Pas si simple, alors que c’est un discours convenu. Sur le plan de la faisabilité, n’oublions pas que le paysage du logement étudiant est complexe et multi-acteurs : collectivités, bailleurs privés et publics, et bien sûr CROUS. A ce sujet, contrairement à une idée répandue, les CROUS ne représentent qu’une petite partie du logement étudiant : à Nancy, on recense en 2012 environ 5000 chambres (de tous types) CROUS pour 43000 étudiants. N’oublions pas non plus qu’en moyenne, en France, 70% des étudiants sont dé-cohabitants : l’autonomie résidentielle s’acquiert avec l’âge. Signalons par ailleurs que les facteurs de choix et les stratégies résidentielles des étudiants ne se résument pas au seul facteur de la « proximité » au campus. Sur ce sujet, je vous invite à consulter l’enquête « mobilité » réalisée par l’Agence de Développement et d’Urbanisme de l’Aire Nancéienne (ADUAN) sur la page du Conseil de la Vie Etudiante du Grand Nancy (la question du logement étant, bien sûr, à lier à celle des transports). Vous y constaterez, fort logiquement, que les stratégiques résidentielles (type de logement, distance au campus etc.) sont distinctes en fonction des cycles d’études, et bien sûr de la situation sociale propre de l’étudiant et de sa famille. On observe ainsi souvent qu’à mesure qu’ils progressent dans leurs études, les étudiants aspirent à se rapprocher des lieux de vie sociale (cf. idée reçue numéro 1 : pas uniquement les lieux festifs …), de leurs terrains de stages potentiels etc. Celles et ceux d’entre vous qui ont déjà vus, par exemple lors de salons, des parents accompagnés leur enfant et venus s’informer, auront sans doute souvent répondu à des demandes du type « je cherche un logement pour ma fille/mon fils, à proximité du campus ». Enfin, rappelons que la construction de logements étudiants reste soumise à deux contraintes : 
– la disponibilité de financements
– la disponibilité d’une réserve foncière
Pas si simple disais-je …

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