5 raisons d’écrire sur the Conversation – La 4ème va vous surprendre

« The conversation », ça vous dit quelque chose ?

Lancé en France en septembre 2015, the Conversation se propose de faire dialoguer chercheurs et journalistes pour proposer des regards experts et accessibles au grand public quant aux grands débats et questions qui font l’actualité : société, sciences, technologie etc.

La publication sur ce média est ouverte aux chercheurs (y compris aux doctorants) et peut concerner différents thèmes : éducation, santé et médecine, arts et culture, sciences et technologies, environnement et énergie, politique et société. Un appel à contributions est envoyé tous les jours aux rédacteurs y ayant déjà publié, afin d’aider à identifier et à mobiliser des contributeurs susceptibles d’apporter leur expertise sur des sujets d’actualité. Mais rien n’interdit aux contributeurs de proposer leurs propres thématiques et de rédiger, seuls ou à plusieurs, des propositions de texte. Pour les doctorants, des formations à la rédaction sur ce média sont mêmes proposées dans certaines universités. L’Université de Lorraine va d’ailleurs y dédier une journée d’étude, à la fin de ce mois.

Une fois la rédaction d’une contribution lancée, cette dernière se fait à l’aide d’un outil collaboratif en ligne, sur lequel peuvent intervenir à la fois les chercheurs engagés dans le projet d’article, mais aussi les journalistes de l’équipe (qui prennent en charge les rubriques de manière thématique). Les journalistes (qui sont d’ailleurs très sympathiques) peuvent ainsi proposer des reformulations, conseiller de réduire la taille du texte, d’ajouter des illustrations, de donner davantage ou moins d’explications, demander d’expliciter des sigles etc. Chaque publication d’article suit donc un schéma qui est, en gros, celui-ci :

  • choix d’un thème (sur proposition d’un chercheur ou à la demande de la rédaction) ;
  • début de la rédaction : le-s chercheur-s propose-nt une première mouture de texte ;
  • proposition de modifications et évolution du texte (avec un outil de suivi des modifications) ;
  • les rédacteurs doivent préciser leurs éventuels intérêts personnels : s’ils sont financés ou affiliés à des structures qui pourraient tirer un quelconque intérêt de la publication du texte. Cette phase est déclarative mais pas facultative : si elle n’est pas réalisée, le projet d’article ne peut pas passer à la phase suivante ;
  • une fois stabilisé, le-s chercheur-s demande-nt la validation du texte à la rédaction ;
  • si le texte est mûr, validation par la rédaction et programmation de la publication (en fonction, notamment, de l’actualité)
  • publication : les auteurs en sont informés par mail et sont invités à assurer aussi, dans leurs réseaux, la diffusion de leur texte. La newsletter de the Conversation France, la page Facebook et le compte Twitter du média y contribuent également (le community manager s’emploie d’ailleurs à taguer, dans les posts, les établissements d’origine des rédacteurs pour les inviter à relayer les productions du leurs chercheurs).
Logo the Conversation France

Logo de the Conversation France avec son slogan : « L’expertise universitaire, l’exigence journalistique »

Intrigué et séduit par cette initiative originale, je me suis lancé et ai rédigé (seul ou en binôme) quelques articles pour ce média, depuis mars 2016 (ceci est de l’auto-citation non déguisée …) :

Depuis, je ne regrette pas du tout ! Il faut juste, lorsqu’une idée me vient, que je réfléchisse à son positionnement par rapport à l’endroit où je souhaite l’évoquer : soit sur the Conversation, soit sur ce blog, soit sur le blog du Lapin blanc de l’ESR sur lequel j’écris également parfois. Le choix de la destination est bien entendu lié à la tonalité et à la nature du contenu.

Quelques mois après le début de cette expérience, voici donc mon top 5 des bonnes raisons d’écrire sur the Conversation :

  • sur le principe, the Conversation contribue à affirmer l’université comme acteur de la Cité : le monde de la recherche regorge de scientifiques qui peuvent éclairer le grand public sur des sujets complexes ;
  • écrire sur the Conversation, c’est donc apprendre à dialoguer avec la cité et les journalistes : une telle expérience permet aux chercheurs de prendre conscience des différences de langages et d’objectifs entre chercheurs et journalistes, et d’adapter son discours en conséquence (sans pour autant sacrifier à la rigueur scientifique). C’est un réel exercice de médiation scientifique ;
  • c’est aussi apprendre l’écriture collaborative : si cette dernière est déjà pratiquée pour des publications de recherche, the Conversation offre une autre opportunité de s’y exercer, en ligne, dans le cadre de textes destinés au grand public ;
  • à une époque où sont nombreuses les critiques à l’égard de la presse, de son objectivité, et/ou de l’inexactitude de la manière dont elle aborde les questions scientifiques, the Conversation constitue une occasion de contribuer soi-même à changer les choses, d’apporter sa pierre à l’édifice du partage des connaissance issues de la recherche. En outre, la saisie obligatoire des éventuels conflits d’intérêts qui entourent le rédacteur, permet d’inciter à une approche éthique de l’engagement des scientifiques dans le débat citoyen ;
  • c’est aussi donner du sens à son travail de recherche, en l’articulant avec des débats de société et en prenant conscience du rôle que le chercheur peut jouer pour le débat public et, osons l’écrire, pour la qualité de la démocratie.

Bon, ok : j’ai un peu triché dans le titre de cet article, mais je voulais expérimenter le fait de publier quelque chose avec un titre pareil, à force d’en voir passer sur les réseaux sociaux … Ceci dit, à défaut d’être surprenante, la 4ème raison n’en est pas moins séduisante …

Mais l’essentiel n’est pas là : the Conversation constitue une initiative vraiment intéressante qui mériterait de gagner davantage d’auteurs mais aussi de lecteurs. J’ai pour ma part pris l’habitude d’intégrer the Conversation à ma veille quotidienne en RSS : chaque matin, je peux d’un coup d’oeil consulter l’ensemble des articles publiés, dans les différentes thématiques. On y trouve parfois des contributions à des années lumières de ce qui m’intéresse habituellement, mais qui se trouvent parfois très intéressantes et m’invitent ainsi à me poser de nouvelles questions, creuser de nouveaux sujets. C’est un bon moteur de curiosité.

Bref : n’hésitez pas à faire connaître autour de vous, et pourquoi pas à y contribuer ?

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5 réponses à 5 raisons d’écrire sur the Conversation – La 4ème va vous surprendre

  1. Simon THIERRY dit :

    Bon, je t’en veux un peu d’avoir volé une de nos idées d’article pour 1er avril, avec ton titre.
    Sur le fond, j’aime beaucoup le principe de The Conversation, pour les raisons que tu donnes et principalement pour la 4ème. En revanche, j’ai un souci avec la question de l’objectivité des articles. Le fait que ce soit écrit par des chercheur·e·s ne suffit pas à assurer que ce soit factuel et bien argumenté. Le travail éditorial des journalistes de The Conversation est-il suffisant, du coup, pour assurer que, sous couvert d’être spécialiste, un·e chercheur·e ne publie pas un point de vue voire de l’auto-promo ?
    Disclaimer : toute ressemblance avec des articles de The Conversation faisant la promotion de formations gérées par un des auteurs dans un établissement partenaire financier de The Conversation ne serait pas fortuite du tout

    • romain-pierronnet dit :

      En lisant ton commentaire, je réalise d’où m’est venue l’idée du titre, et effectivement elle avait déjà été évoquée et ça m’était sorti de la tête (mais pas complètement). Enfin, ce qu’il y a de bien avec ce genre de titre, c’est que c’est reproductible à l’infini et que ça n’empêche pas certains sites d’en faire un usage quasi-permanent.
      Pour le reste, oui tu as raison : mon propos est un peu « naïf » ou dithyrambique. Mais dans le principe en tous cas, ça reste intéressant. Pour ce qui est de la question de l’auto-promo, il faut voir où est la limite. Certains chercheurs ont de vraies stratégies de branding (y compris sur les réseaux sociaux, voir la communication présentée avec Sébastien Liarte aux EGM, sur les « penseurs » du management), sans pour autant que leur production académique soit si conséquente que ça. Ce qui ramène aux notions autour de l’indice Kardashian.

      • Simon THIERRY dit :

        J’ai rien contre l’auto-promo quand elle est assumée. Ce qui me dérange ce sont des articles qui disent « Regardons objectivement un phénomène* avec certains indicateurs** et en s’assurant qu’on définisse*** les notions importantes. On voit bien**** que c’est une idée formidable ! En toute objectivité, puisque je suis chercheur et que c’est ma spécialité ! »

        * dont je suis responsable
        ** qui m’arrangent bien
        *** pour aller dans mon sens
        **** si on évite de tout dire

        • romain-pierronnet dit :

          C’est vrai, mais ces chercheurs ont souvent le même genre de pratiques dans le champ scientifique, y compris parfois dans des articles qu’ils publient dans des revues qui sont pourtant à comité de lecture. Je ne dis pas que « sous prétexte que ça se fait déjà c’est normal que ça se fasse aussi sur the Conversation », mais simplement que si le reproche est légitime, il a vocation à être davantage systémique.

  2. Ping : The conversation… piège à cons ? | Sup, recherche et Com

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