Arrêtons d’incriminer APB …

Cela fait un petit bout de temps que je n’ai pas pris le temps d’écrire ici, notamment parce que pris par la rédaction de ma thèse. Je fais une petite entorse à la concentration/focalisation que nécessite cette période particulière, à la faveur de la polémique du moment sur APB, du tirage au sort, des difficultés d’inscription dans les filières du 1er cycle de notre enseignement supérieur. Si je « sors de ma réserve », c’est justement parce que je suis un peu agacé de lire (ou d’entendre) des commentaires du type « c’est de la faute d’APB ».

Non : APB n’est pas responsable du gâchis actuel, parce qu’en réalité APB ne fait qu’incarner des règles. J’en avais traité il y a un an dans un article sur the Conversation.

Incriminer APB, c’est mettre en cause les symptômes plutôt que les causes des difficultés de notre premier cycle d’Enseignement Supérieur. Comme l’a récemment fait remarquer Laurent Batsch dans une tribune, « le libre accès à l’université fonctionne donc comme la soupape des filières sélectives, et permet d’entretenir la fiction de l’absence de sélection à l’entrée, dont le corollaire est la sélection par l’échec ». On s’étonnera de produire du sentiment de déclassement …

Puisque « Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde », disait Camus. Ne nous trompons pas de combat : ce n’est pas d’APB dont il faut débattre, mais des règles et choix que l’outil ne fait qu’incarner.

Il importera tout de même de s’intéresser à ce que signifie la mise en cause de l’outil : son caractère « automatique » et déshumanisant ne va-t-il pas de paire avec une forme de défiance, de suspicion voire de sentiment d’injustice ? 

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