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L'innovation, la pédagogie et l'imagination en direct de l'Asie du Sud Est

Derniers billets

Des pères fondateurs pour iMaginer un nouveau pays

Si Lee Kuan Yew est considéré comme le grand fondateur de la cité-état fondée en 1965, une nation ne se construit ni seul ni avec une seule vision. Sur les terrains de l’éducation, de la politique, de l’économie, de la culture ou encore de la défense, il s’agit là aussi d’avoir un leadership et une vision singulière. C’est pourquoi outre Lee Kuan Yew il est important pour comprendre Singapour de comprendre le rôle des pères fondateurs qui furent dix, chacun affublé d’un surnom : David Marshall (The Legal Eagle) ; Devan Nair (The Rebel With A Cause) ; Eddie Barker (The Gentleman Politician) ; Goh Keng Swee (The Master Sculptor) ; Lee Kuan Yew (The Man Of Firsts ; Lim Kim San (The Big Builder) ; Ong Pang Boon (The Bespectacled Crime Buster) ; Othman Wok (The Dashing Peacemaker) ; Rajaratnam (The Voice Of A Nation) ; Toh Chin Chye (The Quiet Revolutionary).  Toutefois le parti officiel, le PAP ne reconnait véritablement que les cinq fondateurs suivants: Lee Kuan Yew est reconnu comme Le père fondateur, celui qui a mené le pays « du tiers monde au premier monde en l’espace d’une génération » selon l’expression consacrée à son sujet. En tant que premier Premier ministre de Singapour entre 1959 et 1990,… Savoir plus >

iMaginez Raffles à Montmartre, l’esprit des Lumières à la création de Singapour

Il y a tout juste 200 ans, en juin 1817, Sir Thomas Raffles parcours Paris avec sa famille et s’arrête quelques heures en haut de la butte Montmartre. Francophone et francophile, dans l’esprit de Rastignac à quelques années et à quelques encablures d’où il se trouve, il s’apprête à prendre le large direction l’Asie du sud-est. Sa présence à Paris et dans ses faubourgs d’antan n’est en rien dû au hasard, habité par l’esprit des Lumières, Raffles est un intellectuel naturaliste-botaniste qui est autant intéressé par l’histoire de l’humanité que par son développement. Six ans avant son passage dans la capitale française il est nommé gouverneur de Java et se concentre alors sur plusieurs réformes symboliques et nécessaires – franc-maçonnerie et esprit des Lumières obligent – : abolition de l’esclavage et du travail forcé, autonomie du gouvernement et restauration des monuments historiques. Il tirera de son expérience un ouvrage sur l’histoire de Java qui demeure une référence. De retour à Londres il revient à sa passion initiale qu’est la zoologie et créée le célèbre zoo de Londres avant que son esprit pionnier ne se rappelle à lui et qu’il reprenne le large. C’est pour le compte de la Compagnie Britannique des Indes… Savoir plus >

Education, imagination et action: les clefs du multiculturalisme

A son indépendance en 1965, le gouvernement annonce d’emblée que l’état serait « multiracial », composé de quatre groupes que l’on retrouve dans l’acronyme CMIO (Chinese, Malay, Indian and Others). Il représente tout simplement les trois sources importantes d’immigration vers l’île au début du XIXe siècle. Cette décision n’est pas anodine, les tensions ethniques sont palpables au début des années 1960 entre les communautés malaise et chinoise et menacent clairement la stabilité de la nation naissante. Des affrontements ethniques, des émeutes raciales éclatent à plusieurs reprises surtout contre les Malais en 1964 et contre les Chinois en 1969. Pour ne pas risquer une intervention des deux pays musulmans – la Malaisie d’un côté, l’Indonésie de l’autre – qui voudrait protéger les habitants de confession islamique à Singapour, le gouvernement à majorité Chinoise prend des mesures sécuritaires en arrêtant toute personne qui professerait une incitation à la haine raciale. L’enjeu est de stopper nette tout « chauvinisme », qu’il soit malais ou chinois.  La déclaration de Mr Baker, ministre de la Justice et du Développement national en décembre 1965 ne peut pas être plus claire : « Le caractère multiracial de Singapour représente un des fondements de la politique gouvernementale. Nous sommes une nation composée de citoyens… Savoir plus >

5 technologies pour imaginer le futur de Singapour

Dans tous les domaines Singapour aime la planification, la méthode, l’organisation des priorités. Si cela peut fonctionner facilement dans les services publics, dans la sphère politique ou encore dans le développement de l’urbanisme, cela est plus difficile dans le domaine de l’innovation. Par définition l’avenir d’une innovation est toujours incertaine : se développera-t-elle ou sera-t-elle rapidement destituée par une autre ? Son déploiement permettra-t-il de réduire ou son coût ou la confidentialité de sa distribution la maintiendra à un tarif élevé ? Et plus nous incluons de la technologie dans l’innovation, plus l’incertitude est de mise. La célèbre loi de Moore qui observe que la taille des composants électroniques se divise par deux tous les dix-huit mois alors que leur capacité est elle-même multipliée par deux est là pour nous le rappeler. Or depuis plusieurs années Singapour n’a pas hésité à mettre l’accent sur l’innovation technologique en considérant précisément que cinq technologies émergentes feront son succès futur. L’internet des objets. Qu’il s’agisse des objets sur notre lieu de travail, dans nos voitures, chez nous, tous les appareils connectés, tous les accessoires permettant de récupérer des données constituent un axe qui doit être investi. Et Singapour voulant devenir la première smart city du monde… Savoir plus >

iMaginez détruire un système éducatif qui fonctionne

  Ce n’est un mystère pour personne, Singapour est l’un des meilleurs systèmes éducatifs au monde. Que ce soit dans les classements PISA (Programme for International Student Assessment) ou Timss (Trends in International Math and Science Study), la cité-état caracole systématiquement en tête. S’il y a de quoi être fier de ces résultats obtenus au bout de longues années de travaux, de tests, de remises en cause, cela n’empêche pas les autorités de vouloir tout remettre à plat. Mr Sinnakaruppan lui-même a pris les devants en annonçant un plan de restructuration du système éducatif singapourien. L’auteur du plan dont le titre lui-même n’est pas inintéressant puisqu’il est membre du parlement, et « CEO of the Singapore Education Academy (Asia Pacific) ». Autrement dit, on pourrait bien le confondre avec un de ces hommes puissants à la tête d’une organisation privée. Le plan de refonte du système éducatif présente un certain nombre d’orientations dont l’essence, explique Ng Chee Meng le Ministre de l’éducation lui-même, est de nourrir le plaisir d’apprendre pour que les enfants aiment se rendre à l’école. Une telle formulation n’est pas anodine et si les autorités insistent autant c’est parce que l’ensemble de la population singapourienne, enfant et parents n’a… Savoir plus >

iMaginez un pays avec un seul parti politique ?

Un nombre considérable de dirigeants, intellectuels, universitaires, ont régulièrement cherché à percer le mystère de l’incroyable réussite économique et social de Singapour en l’espace de cinquante ans ce qu’aucun pays dans le monde n’a réussi à faire. Est-ce lié à une position géographique avantageuse ? Au leadership d’un despote éclairé ? A un investissement prioritaire sur l’éducation ? A une lutte permanente contre la corruption ? A un talent pour les négociations avec ses voisins de la zone Asie-Pacifique ? Chacun apporte son point de vue et si toutes ces options sont pleinement pertinentes, il y a une seule raison qui vaille selon Singapour, cette raison n’est pas secrète, elle est même martelée en permanence : c’est parce que le pays est géré avec un parti politique unique. Seulement cette raison est gênante car elle n’est pas celle que les grandes démocraties veulent entendre. Donc on cherche d’autres raisons, plus consensuelles, acceptables, plus politiquement correctes, et pourtant ces mêmes raisons sont toutes liées à la même réponse. Le Ministre de l’éducation de Singapour Ong Ye Kung l’a encore rappelé à l’occasion de son intervention à l’Institut d’Etudes Politiques et Perspectives de Singapour. Ces mots ne peuvent pas être plus explicites : « imaginez si nous avions eu un… Savoir plus >

iMaginez un pays où le vote d’adhésion amenuise l’abstention

Aux dernières élections de 2015 à Singapour le parti du gouvernement (People’s Action Party), représenté par le premier ministre Lee Hsien Loong – fils du fondateur de la cité du Lion – a obtenu un score permettant de détenir 83 sièges à l’assemblée sur 89. Un succès considérable, une véritable gifle pour l’opposition le Workers’ Party, mais aussi pour tous ceux qui voyait venir le déclin du célèbre PAP. L’opposition a pourtant bénéficié de son temps de parole et les critiques faites au gouvernement sur les questions de liberté d’expression et plus globalement de démocratie dans un contexte de ralentissement économique auraient pu permettre une envolée du second parti de l’île. Dans le même temps il ne faut jamais négliger que l’une des valeurs fondamentales de Singapour est le pragmatisme et pour les citoyens le constat est simple : compte tenu des résultats sociaux-économiques des dernières années, le PAP a t-il été un bon parti politique ? Difficile de répondre par la négative lorsque l’on voit les conditions dont bénéficient les habitants que ce soit en termes d’éducation, de santé, de confort et de qualité de vie. Tous les signaux sont au vert sur ces critères et place Singapour en tête de… Savoir plus >

iMaginez une méthode innovante pour apprendre les mathématiques

A chaque évaluation internationale des systèmes éducatifs, Singapour est en tête des classements, c’est le cas avec PISA (Programme for Internation Student Assessment) ; et plus particulièrement en ce qui concerne les mathématiques avec le TIMMS (Trends in International Mathematics and Sciences Studies), au point de nommer celle-ci la « méthode singapourienne ». Cette méthode émerge dans les années 1980 quand le gouvernement a décidé de faire de cette discipline une priorité pour une raison fidèle à ses principes pragmatiques : il y avait besoin d’ingénieurs pour développer la ville et donc des mathématiciens. La façon de créer la méthode d’apprentissage des mathématiques a été élaborée comme toute chose à Singapour : s’inspirer de ce qui se fait à l’extérieur, prendre le meilleur et l’adapter aux problématiques locales. Ainsi pendant quinze années la méthode d’apprentissage singapourienne des mathématiques a été testée, améliorée, éprouvée pour obtenir celle qui est enseignée dans les classes aujourd’hui. Et des derniers rangs des classements Singapour s’est retrouvé en première ligne. La méthode est inspirée du psychologue américain Bruner qui consiste à faire passer du concret à l’abstrait, d’une représentation physique à une image mentale, d’où le nom « concrète, imagée et abstraite ». La méthode consiste tout d’abord à faire manipuler concrètement… Savoir plus >

iMaginez un Président français à Singapour

En 2005, Jacques Chirac est venu à Singapour défendre la candidature de la France aux jeux olympiques de 2012, avec le succès que l’on connaît… Il n’y a eu aucune autre visite présidentielle jusqu’à ce dernier dimanche de mars 2017. Pourtant, ce n’est pas faute d’avoir des raisons de venir encourager cette relation. Avec près de 700 filiales d’entreprises et environ 330 entrepreneurs, les implantations françaises à Singapour emploient près de 40 000 salariés. L’Union européenne est le premier investisseur à Singapour et la France plus particulièrement est le 18ème investisseur étranger dans la cité-Etat. Au total c’est plus de 6 000 entreprises françaises qui exportent vers Singapour. Les échanges commerciaux eux aussi sont positifs puisqu’ils ont progressé de 5,2% en 2016. Cette hausse du montant des échanges bilatéraux s’explique par les bonnes performances à l’exportation (+14,9% soit 6,1 milliards d’euros) malgré une diminution marquée des importations en provenance de la cité-Etat (-15,4%). Singapour représente ainsi le 3ème excédent bilatéral français à 4,0 Mds EUR en 2016. Si l’ensemble de ces chiffres semble encourageant pour l’économie française, ils sont pourtant dans le ventre mou de l’économie singapourienne. Avec un taux de croissance moyen pendant ces douze années bien supérieur à 5%,… Savoir plus >

Une ville où l’iMagination en passe par le street-art

  Dans une ville où la propreté se dispute la sécurité nous pouvons être surpris par la possibilité de dessiner sur les murs ou de voir apparaître une sculpture à l’angle d’une rue. C’est pourtant le cas à Singapour et cela depuis le 19ème siècle. Et même après l’indépendance, Singapour a toujours été un lieu où l’expression artistique tient une place importante et il n’est pas rare de déambuler au milieu d’œuvres de Chern Lian Shan, de Cavalieri Rodolfo Nolli ou même de Roy Lichtenstein. Cependant l’art est une chose avec laquelle Singapour ne plaisante pas et la présence d’arts dans la rue doit se faire dans le cadre offert par les autorités. Pour la cité-état l’art est une source de savoir et un développement de soi, quiconque avec une bombe de peinture entre les mains ne peut pas s’improviser artiste. Toute tentative de dessins, de graffitis ou de pochoirs n’est pas nécessairement de l’art, en conséquence s’est créée le National Art Council (NAC). Le but du NAC est de développer les arts et faire en sorte que ce soit au profit de tous les singapouriens, que rendre l’art accessible à l’ensemble de la population. Ce Council s’est donné comme… Savoir plus >