Éducation et innovation en direct de l'Asie

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Encourager la lecture pour développer l’iMagination

Des échanges de livres dans les lieux de travail à la promotion de la littérature singapourienne et à la lecture dans sa langue maternelle, le National Library Board (NLB) redouble d’efforts pour promouvoir la lecture chez les adultes. La raison en est simple, les singapouriens lisent peu. Selon une étude sur les habitudes de lecture menée en 2015, huit adultes singapouriens sur dix lisent un journal ou un magazine plus d’une fois par semaine. Cependant, en ce qui concerne la lecture de livres, la proportion de ceux qui ont pris au moins un livre en main l’année dernière tombe à 69%. Quelques raisons peuvent expliquer cela. Il y a tout d’abord l’effet multiculturel : six personnes interrogées sur dix peuvent lire en anglais et dans leur langue maternelle, mais moins de quatre sur dix (38%) lisent dans leur langue maternelle plus d’une fois par semaine. On pourrait donc s’interroger si l’offre est suffisamment adéquate avec la particularité multiculturelle de la cité-état. Lire un livre dans une autre langue que la sienne est un effort que beaucoup ne sont pas prêt à consentir. L’offre concerne également le type de publication, puisque parmi ceux qui lisent, presque tous (98%) lisent des ouvrages non… Savoir plus >

Le plan stratégique de l’éducation au Myanmar

Suite au changement de régime en 2011, le Myanmar (encore couramment appelé Birmanie en Europe) a compris que seul le développement économique pouvait lui garantir paix et prospérité et que l’éducation est la clef de voute de son avenir. Le Myanmar compte environ 50 000 écoles (primaire, premier cycle du secondaire et deuxième cycle du secondaire) accueillant près de 10 millions d’enfants. Le pays compte au total 370 000 enseignants, avec un ratio enseignant / élèves d’un enseignant pour 24 élèves. Mais le recensement de 2014 a révélé qu’un enfant sur cinq âgé de 10 à 17 ans – environ 1,7 million de jeunes – travaillait au lieu de fréquenter l’école. L’éducation au Myanmar est la pierre angulaire du développement du pays. L’actuelle chef du gouvernement, Aung San Suu Kyi l’a parfaitement compris en faisant de l’éducation la priorité du pays. Les dépenses consacrées à l’éducation augmentent régulièrement depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement, avec une forte augmentation du soutien des donateurs étrangers. Les 1.9% du PIB actuellement investis dans l’éducation doubleront d’ici 2021. Selon la chef du gouvernement l’éducation soutiendra la démocratie et le processus de consolidation de la paix au Myanmar et aidera à établir une économie prospère… Savoir plus >

Confronter les étudiants à l’entrepreneuriat social : le cas des Philippines.

  Le développement de lentrepreneuriatsocial n’est plus à démontrer, les initiatives à travers le monde se multiplient et ne serait-ce qu’en France, l’économie sociale et solidaire dans son ensemble représente 7% des entreprises françaises et 10% des employés en France. Et depuis 2000, l’emploi y a progressé de 24% (contre 4,5% dans le secteur privé hors ESS)[1]  Il est possible de distinguer plusieurs formes d’entreprises sociales. Il y a l’entreprise sociale « vocationnelle » que l’économiste américain Bill Drayton a défini dans les années 1980 avec les « changemakers », ces personnes qui ont le potentiel de changer le monde ; l’entreprise sociale « coopérative », qui propose une approche plus européenne dont l’enjeu est d’apporter aux citoyens des services sociaux dont la qualité et/ou la prise en charge devenaient difficiles. Enfin l’entreprise sociale « commerciale ». Venue du Royaume-Uni, il s’agit ici d’entreprises hybrides, de plus en plus répandues. En résumé, l’entrepreneuriat social regroupe toute « activité commerciale ayant essentiellement des objectifs sociaux et dont les surplus sont principalement réinvestis en fonction de ces finalités dans cette activité ou dans la communauté, plutôt que d’être guidés par le besoin de maximiser les profits pour des actionnaires ou des propriétaires »[2]. Outre l’importance de l’entrepreneuriat social en tant que tel, en… Savoir plus >

En Asie, l’éducation des enfants doit se passer à l’étranger

Si Singapour caracole en tête des classements en matière d’éducation, cela a un prix : 100 000 dollars (singapourien)[1]. Précisément, chaque foyer singapourien dépense en moyenne 96 000 dollars (environ 60 000 euros) par enfant, de l’école primaire jusqu’à son premier diplôme. Cela représente près du double des dépenses des foyers américains. Cela n’est toutefois rien en comparaison des habitants de sa rivale Hong-Kong où les parents déboursent par enfant l’équivalent de 110 000 euros. Si ces sommes ne cessent d’augmenter c’est parce que l’éducation des enfants est la priorité budgétaire des parents, le but étant de leur donner le meilleur départ dans la vie. Et pour cet objectif les parents de ces villes-états considèrent comme fondamental d’envoyer leurs enfants étudier à l’étranger et ce, quand bien même les meilleures universités du monde se trouvent dans ces pays (Nanyang Technological University est classée 11ème selon le classement dit de Shangaï et National University of Singapore atteint le 15ème rang. Singapour est le seul pays d’Asie à avoir ces établissements présents dans le top 20 de ce célèbre – et controversé – classement). Pour autant la priorité est donnée aux universités étrangères, notamment les « Down Under », c’est à dire celles qui se… Savoir plus >

Le Vietnam, le futur de l’éducation ?

Avec un taux de croissance du PIB entre 6 et 8,5 % depuis plus de dix ans, la République socialiste du Vietnam a besoin d’une main-d’œuvre qualifiée importante pour pérenniser son développement. En conséquence la demande en matière d’éducation est particulièrement élevée et est désormais devenue une priorité nationale. Plus précisément depuis 2008, le gouvernement a alloué 20 % de son budget au secteur de l’éducation et l’enseignement supérieur est loin d’être le parent pauvre de cette priorité. Essayer de comprendre l’enseignement supérieur au Vietnam nécessite de comprendre la gouvernance du pays (établie sous l’influence soviétique et sans évolution entre 1950 et la fin des années 1980) et les interactions avec l’éducation. Tout d’abord le Vietnam est un pays à parti unique, où le parti communiste a la responsabilité de diriger le pays. Cette situation a des répercussions sur l’enseignement supérieur, où toute structure de prise de décisions au sein des institutions doit avoir une structure parallèle au sein du parti. Le rôle du parti consiste à évaluer les décisions prises sur le plan idéologique. Deuxièmement, le Vietnam est en permanence tiraillé entre son idéologie communiste, son adhésion au marxisme-léninisme ou son attachement à la pensée d’Ho Chi Minh, et sa tolérance, voire sa conversion… Savoir plus >

iMaginez l’économie du futur !

  Depuis sa création Singapour a toujours été préoccupé par son futur à long terme. Si l’une de ses valeurs est le pragmatisme, cela n’empêche en rien une vision sur les vingt, trente ou quarante prochaines années. C’est avec cette préoccupation du long terme que fut créée en 2017 le Committee on the future economy -recommendation. Ce comité est composé de trente membres, savant mélange de personnes issues du monde des affaires et du gouvernement, placés sous le regard du Ministre des finances et du Ministre du commerce et de l’industrie. Pendant deux ans ces membres ont analysé quelles pourraient être les opportunités de croissance dans les différentes industries ainsi que les marchés porteurs où investir. L’analyse a été réalisée à l’aide d’un panel de plus de 9000 parties-prenantes de l’économie singapourienne : chambre de commerce, agences publiques, syndicats, organisations publiques et privées, travailleurs, universitaires et étudiants. Trois facteurs importants conditionnent les recommandations du rapport : les changements technologiques rapides, l’affaiblissement de la croissance mondiale et la tendance anti-globalisation. Ces trois facteurs sont clefs pour la cité-état car elle est extrêmement dépendante de ces axes. En conséquence le rapport a dressé sept stratégies très claires qu’il est déterminant de suivre. Diversifier les… Savoir plus >

iMaginez l’enseignement du multiculturalisme

  Singapour se fait le chantre du multiculturalisme, même si c’est à marche forcée puisque selon son appartenance raciale, chaque singapourien est étiqueté Chinois, Malais, Indiens ou autres. En conséquence, chaque habitant entre dans des quotas qui serviront dans le quotidien à l’attribution d’un logement par exemple, mais également à veiller à ce que tous soient représentés dans les différents espaces publiques et bien entendu que les élus représentent les quatre catégories. L’esprit occidental est peu habitué à ce genre de classification des individus, les questions de quotas, de catégorisation, sont parfois gênantes car elles touchent éminemment à la possibilité d’agir de manière totalement libre  et choisir son lieu d’habitation en est un exemple. On doit aussi citer le fait que le poste de président de Singapour soit alternativement réservé à une personne issue de telle ou telle communauté questionne la méritocratie, pourtant une valeur singapourienne clé. D’autant plus que derrière ce classement par « races » se trouve une classification par religion. Ainsi un Chinois est, du point de vue de l’organisation politique singapourienne un adepte du confucianisme, un Malais, un musulman et un Indien, un adepte de l’hindouisme ou bouddhisme. Cela ne signifie pas que le christianisme, le taoïsme ou… Savoir plus >

iMaginer les compétences du futur et se préparer

Lorsque l’on demanda à Lee Kuan Yew en 2000 quelles compétences un travailleur devait-il posséder il répondit que celles-ci étaient désormais très différentes de l’époque de la production industrielle où les compétences pouvaient se résumer à la capacité d’effectuer des tâches répétitives. Désormais la compétence principale d’un travailleur est d’être en permanence en capacité de s’adapter par lui-même. Autrement dit chaque travailleur doit être en mesure d’avoir son propre système de contrôle de ses qualités et qu’il soit capable d’en prendre la responsabilité pour qu’elles soient en permanence à niveau. Dit avec les mots du fondateur de Singapour « les travailleurs doivent être suffisamment disciplinés pour penser par eux-mêmes et rechercher l’excellence dans leur compétence sans attendre que quelqu’un souffle dans leur cou ». En d’autres termes tout un chacun doit prendre la responsabilité de ses compétences, les mettre à jour régulièrement et ne pas attendre que l’état le fasse pour eux. Il complète en précisant que désormais tout un chacun doit être « entrepreneur et innovant et en permanence en train de rechercher de nouvelles façons de faire son travail de créer de la valeur ». Lee Kuan Yew prend l’exemple de l’anglais qui selon lui n’est plus une compétence clef puisque qu’elle… Savoir plus >

iMaginez une R&D structurée, transdisciplinaire et profitable

La R&D (Recherche et Développement) est souvent confondue avec l’innovation. Elle n’est pourtant qu’une source d’innovation, au même titre que la production d’idées que ce soit en observant les clients ou prospects (customer centric) ou en les interrogeant (customer driven). Ainsi la R&D ne produit que des « candidats à l’innovation », des produits (ou même des services) qui deviendront possiblement des succès. Et c’est bien la toute la difficulté car la R&D demande des investissements souvent colossaux sans aucune garantie de retour sur investissement. Elle est pourtant nécessaire pour que les organisations puissent développer de nouveaux produits suffisamment disruptifs, leurs permettant – dans le cas de succès – d’accroitre leur nombre de clients, leurs revenus, leurs profits (ceux-ci étant destinés en grande partie à être réinvesti en R&D pour s’assurer un avenir durable). Les pays n’ont pas le choix que d’investir en R&D à travers les entreprises pour que l’état puisse lui-même devenir compétitif, d’autant plus dans un marché mondialisé. Singapour a depuis longtemps compris cela car dès 1968 (c’est à dire 3 ans seulement après la création de la cité-état), un ministre pour la science et la technologie Dr Toj Chin Chye était nommé. Aujourd’hui l’investissement R&D représente 8 milliards… Savoir plus >

iMaginez ce qu’est être singapourien !

Pas facile de décrire en un mot ou une phrase qu’est-ce être singapourien, si ce n’est un habitant de la cité-état. A l’heure où les mots « d’identité nationale » résonnent autant en Europe qu’aux Etats-Unis, ce n’est pas évident de définir de manière claire pour un pays créée il y a seulement une petite cinquantaine d’années sur la base d’une grande diversité d’individus quelle est son identité. Les singapouriens ne peuvent ni se définir par leur langue ni par leur cuisine, ni par des costumes traditionnels ni par des danses spécifiques. On ne note rien de particulier non plus sur leur culture, leur architecture ou leur tradition. Qu’est-ce qui peut donc faire d’un habitant de Singapour un singapourien ? Avec un brin d’humour nous pourrions dire qu’être singapourien c’est être un individu capable de rester calme dans une file d’attente de plusieurs heures, de supporter une climatisation à 19°, d’être capable de se faire comprendre par un chauffeur de taxi local, de passer plusieurs heures dans un centre commercial sans s’ennuyer, de respecter les règles établies parce que ce sont les règles établies et considérer le chicken rice comme un plat national (il est pourtant difficile d’expliquer au patrimoine mondial de la… Savoir plus >