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5 technologies pour imaginer le futur de Singapour

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Dans tous les domaines Singapour aime la planification, la méthode, l’organisation des priorités. Si cela peut fonctionner facilement dans les services publics, dans la sphère politique ou encore dans le développement de l’urbanisme, cela est plus difficile dans le domaine de l’innovation. Par définition l’avenir d’une innovation est toujours incertaine : se développera-t-elle ou sera-t-elle rapidement destituée par une autre ? Son déploiement permettra-t-il de réduire ou son coût ou la confidentialité de sa distribution la maintiendra à un tarif élevé ? Et plus nous incluons de la technologie dans l’innovation, plus l’incertitude est de mise. La célèbre loi de Moore qui observe que la taille des composants électroniques se divise par deux tous les dix-huit mois alors que leur capacité est elle-même multipliée par deux est là pour nous le rappeler.

Or depuis plusieurs années Singapour n’a pas hésité à mettre l’accent sur l’innovation technologique en considérant précisément que cinq technologies émergentes feront son succès futur.

  1. L’internet des objets. Qu’il s’agisse des objets sur notre lieu de travail, dans nos voitures, chez nous, tous les appareils connectés, tous les accessoires permettant de récupérer des données constituent un axe qui doit être investi. Et Singapour voulant devenir la première smart city du monde doit sans aucun doute pousser à ce développement.
  2. L’intelligence artificielle. Qu’il s’agisse de robots, de « chatbots » ou de voitures sans chauffeur l’intelligence artificielle est la seconde clef. Toute machine capable d’apprendre par elle-même doit être analysée de près. La présence de la start-up Nutonomy – voiture autonome – dans la Cité-état en est une preuve.
  3. Les technologies portables constituent le troisième axe. Dans les vêtements, dans les montres ou même intégrés à notre corps lui-même, toutes les possibilités d’associer l’homme à la machine doivent être investiguées.
  4. La réalité augmentée est la quatrième technologie émergente dans laquelle Singapour pense qu’il faille investir. Et plus particulièrement les expériences immersives. Il faut dire qu’avec un territoire de taille réduite les expériences virtuelles sont plus que pertinentes.
  5. Les données computationnelles. Le big data constitue aussi un axe important mais croiser les données, les mettre en équation, en tirer une utilisation pertinente est autre chose, et c’est sur cette dimension que Singapour veut mettre l’accent. Autrement dit, l’internet des objets, l’intelligence artificielle, les technologies portables et la réalité ne sont rien d’autre que d’énormes sources de données qu’il s’agit d’orchestrer afin d’en tirer une utilisation des plus pertinente.

La Cité du lion ne veut pas être à la traine et encore moins dépendant d’états qui pourraient avoir la mainmise sur les données. Il s’agit donc d’un enjeu déterminant et Singapour veut contrôler toutes les données par tous les moyens possibles. Alors que les enreprises américaines comme Google, Amazon, Apple, Facebook (avec Whatsapp, Instagram) sont véritablement des « aspirateurs » à données, tout comme le sont les organisations telles que Alibaba ou Tencent pour la Chine, il s’agit pour « le petit point rouge » qu’est Singapour de préserver son indépendance numérique. Au risque d’échouer sur certains terrains innovants, de commettre quelques opérations risquées Singapour a bien compris qu’une nation avait besoin de maîtriser les données des usagers, des citoyens. L’idée n’est pas ici de seulement les contrôler, mais surtout de forger un contre-pouvoir à l’hégémonie américano-chinoise qui veut avoir la main mise sur l’ensemble des big datas dans tous les domaines possibles. En investissant lourdement sur les technologies qui demain, grâce à leurs données seront un enjeu de pouvoir, Singapour montre sa volonté de préserver l’indépendance gagné de haute lutte en 1965. S’il s’agissait à l’époque de territoires physiques, de lieux à protéger, à conserver, désormais les lieux sont virtuels, sont sans frontières, sont invisibles mais pourtant bien présents.

Malgré sa réticence naturelle à investir sans savoir, à redouter l’incertitude, la ville-état sait se mettre dans une nouvelle disposition d’esprit, forcément nécessaire puisqu’il s’agit de sa survie.

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