Éducation et innovation en direct de l'Asie

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Education et économie le grand écart de la Thaïlande

  Si la Thaïlande a subi de nombreuses catastrophes naturelles (tsunamis, inondations…) ou économiques (crise financière de 2008), celle-ci a réussi a redresser significativement la situation avec des taux de croissance élevés et un chômage quasi-inexistant. Ainsi la Thaïlande est la seconde plus grande économie de l’Asie du Sud-Est, après l’Indonésie mais devant la Malaisie. De nombreux experts soulignent que le pays pourrait devenir dans les toutes prochaines années l’une des huit premières puissances économiques mondiales devant la Russie et l’Italie. Le roi Bhumibol Adulyadej avait compris qu’il fallait avoir une approche business friendly et une demande interne forte pour réussir mais il avait également intégré très tôt dans sa réflexion les enjeux du développement durable. Les priorités frappées au coin du bon sens par le roi sont d’autant plus marquantes que l’éducation semble avoir été oubliée. Le roi de Thaïlande (1927-2016, dont le règne a débuté en 1946) a en effet compris très tôt que l’économie était la voie du développement et de la croissance. Il est en effet reconnu que Bhumibol Adulyadej est parvenu à anticiper les dérèglements des marchés des capitaux, la libéralisation des marchés domestiques, l’ouverture des frontières, la division du travail ou encore la mondialisation… Savoir plus >

Imagination, Curiosité et Interconnexion : le plan 3i des écoles à Singapour

Le Ministre de l’éducation de Singapour Ng Chee Meng a dévoilé son programme stratégique 3i, 3i pour « imagination, inquisitiveness and interconnections ». La créativité n’étant pas le point fort de la cité-état le but du plan est clair, il doit permettre aux étudiants de développer de nouvelles idées, d’imaginer de nouvelles propositions, de s’ouvrir à des territoires inconnus. La stratégie explique même – il faut s’imaginer cela avec l’histoire de Singapour et ses méthodes rigoureuses voire rigides – que les étudiants doivent être encouragés à questionner tout ce qu’il y a autour d’eux au lieu de se satisfaire des réponses qu’ils ont l’habitude d’entendre. Le programme n’hésite pas pour cela à promouvoir la transdisciplinarité puisque le Ministre explique qu’il faut cesser toute organisation et apprentissage par silo et au contraire établir des liens entre toutes choses, mêmes si elles sont variées, mêmes si elles viennent de lieux inhabituels. Dans un souci culturel et traditionnel, propre à Singapour, Mr Ng a souligné que l’enjeu est d’aider les enfants à développer leur « Innovation Quotient ». Autrement dit tout un chacun est en quelque sorte doté d’une capacité à innover – mesurable – et que celle-ci peut-être améliorée. Le Ministre est convaincu  que développer un… Savoir plus >

Expérimenter une nouvelle éducation, un mode de vie à Auroville

Il y a tout juste 50 ans, le 28 février 1968, naissait Auroville, cette petite communauté près de Pundichéry. L’occasion de revenir sur la philosophie de cette ville utopique et plus particulièrement sur le programme éducatif tout à fait disruptif. Repenser l’éducation « La dernière école » (Last school) est le nom donné à l’une des écoles d’Auroville pour les enfants entre 11 et 17 ans. La « Mère », inspiratrice d’Auroville avait choisi ce nom parce qu’elle considérait qu’il fallait modifier le système éducatif existant de manière radicale. Il y a tout juste 50 ans que la ville ayant pour but « l’unité humaine » voit le jour. Fondée par cette Mère, Mirra Alfassa française de nationalité et qui dirigeait alors l’Ashram de Sri Aurobindo dont elle fut le compagnon spirituel, Auroville est située à une dizaine de kilomètres de Pondichéry en Inde du sud et compte aujourd’hui environ 2500 habitants. Le jour de l’inauguration, le 28 février 1968 une charte en quatre points est établie dont le deuxième est : « Auroville sera le lieu de l’éducation perpétuelle, du progrès constant et d’une jeunesse qui ne vieillit point ». Car si l’objectif est bien de créer une cité « utopique » où l’argent ne circule pas, où la propriété privée… Savoir plus >

Immigration et compétitivité les sources du développement économique à Singapour

Immigration et compétitivité les sources du développement économique à Singapour Pour le fondateur de Singapour, le principal facteur critique au 21e siècle en termes de croissance et de sécurité n’est pas la démocratie mais la démographie.[1] Selon Lee Kuan Yew les pays qui accueillent le plus les migrants ont clairement un avantage économique, même s’il n’hésite pas à dire que l’ouverture totale à l’immigration est empreinte de risques, des personnes peuvent arriver et être « ethniquement différentes, moins éduquées et moins qualifiées ». Dans un contexte où Singapour est le seul de sa zone à avoir réussi à passer d’un pays du tiers monde à l’un des pays les plus développés de la planète, nécessairement il attire un grand nombre de migrants souhaitent bénéficier de cette croissance. En conséquence, la cité-état n’a jamais caché pratiquer l’immigration choisie. Sans industrie, sans ressource, sans agriculture, Singapour est fondé uniquement sur la qualité de la main d’œuvre et sa valeur ajoutée ne peut être qu’intellectuelle et selon des critères qui sont « l’entreprenariat, l’innovation, la compétitivité et le travail d’équipe »[2]. Plus exactement, Lee Kuan Yew qui a géré sa ville comme une entreprise, aimait rappeler que les trois attributs nécessaires dans une compétition mondiale sont premièrement l’entreprenariat… Savoir plus >

Pourquoi venir étudier à Singapour ?

Singapour a toujours fait de l’éducation sa principale priorité (avec les résultats que l’on connaît, cf. les autres articles sur le sujet). Dans ses stratégies il y a deux axes fondamentaux : attirer les meilleurs étudiants mondiaux dans ses universités (lesquelles sont classées parmi les meilleurs mondiales) et faire venir les meilleures écoles pour créer un écosystème universitaire parmi les plus puissants au monde. Ces stratégies sont d’autant plus intéressantes qu’elles se développent à l’occasion d’une mondialisation de l’éducation virtuelle. Que ce soit les Massive Open Online Course, les Khan Academy, Coursera et autres Harvard X il est désormais aisé de suivre d’excellents cours sans bouger de chez soi. Certaines institutions ont même développé de véritables formations qui permettent d’obtenir un diplôme sans jamais mettre les pieds dans l’université qui délivre le titre. Dès lors que peut bien proposer Singapour de si particulier ou unique pour attirer physiquement chaque année plus de 150 000 étudiants étrangers sur son territoire ? L’écosystème universitaire et académique. L’écosystème universitaire souhaité par le gouvernement dans ses projets de développement n’est possible que grâce à des universités locales puissantes. Et les investissements ont fait de la National University of Singapore (NUS) et de Nanyang Technological University (NTU)… Savoir plus >

Les enjeux de la créativité à Singapour

Le moins qu’on puisse dire c’est que Singapour n’est pas connu pour être un haut lieu de créativité. Steeve Wozniak avait même choqué lors d’une interview sur ce sujet en affirmant: « Quand vous êtes très structuré, presque comme une religion … Uniformes, uniformes, uniformes … tout le monde est pareil. Regardez des sociétés structurées comme Singapour où les mauvais comportements ne sont pas tolérés. Vous êtes extrêmement puni. Où sont les gens créatifs ? Où sont les grands artistes ? Où sont les grands musiciens ? Où sont les grands chanteurs ? Où sont les grands écrivains ? Où sont les athlètes ? Tous les éléments créatifs semblent disparaître. » et il n’est pas le seul à penser cela et cela fait de nombreuses années que des études spécifiques portent sur cette question. Si l’image de Singapour ne s’associe pas naturellement à la créativité c’est parce que le pays lui-même, jeune d’un petite cinquante d’années, n’a pas mis l’accent sur cet aspect, et on peut le comprendre. Quand Singapour devient indépendant en 1965, le gouvernement hérite d’un état du « tiers-monde » : chômage élevé, aucune ressource naturelle, une taille insuffisante pour accueillir des industries de grande ampleur et des infrastructures branlantes. A titre… Savoir plus >

Encourager la lecture pour développer l’iMagination

Des échanges de livres dans les lieux de travail à la promotion de la littérature singapourienne et à la lecture dans sa langue maternelle, le National Library Board (NLB) redouble d’efforts pour promouvoir la lecture chez les adultes. La raison en est simple, les singapouriens lisent peu. Selon une étude sur les habitudes de lecture menée en 2015, huit adultes singapouriens sur dix lisent un journal ou un magazine plus d’une fois par semaine. Cependant, en ce qui concerne la lecture de livres, la proportion de ceux qui ont pris au moins un livre en main l’année dernière tombe à 69%. Quelques raisons peuvent expliquer cela. Il y a tout d’abord l’effet multiculturel : six personnes interrogées sur dix peuvent lire en anglais et dans leur langue maternelle, mais moins de quatre sur dix (38%) lisent dans leur langue maternelle plus d’une fois par semaine. On pourrait donc s’interroger si l’offre est suffisamment adéquate avec la particularité multiculturelle de la cité-état. Lire un livre dans une autre langue que la sienne est un effort que beaucoup ne sont pas prêt à consentir. L’offre concerne également le type de publication, puisque parmi ceux qui lisent, presque tous (98%) lisent des ouvrages non… Savoir plus >

Le plan stratégique de l’éducation au Myanmar

Suite au changement de régime en 2011, le Myanmar (encore couramment appelé Birmanie en Europe) a compris que seul le développement économique pouvait lui garantir paix et prospérité et que l’éducation est la clef de voute de son avenir. Le Myanmar compte environ 50 000 écoles (primaire, premier cycle du secondaire et deuxième cycle du secondaire) accueillant près de 10 millions d’enfants. Le pays compte au total 370 000 enseignants, avec un ratio enseignant / élèves d’un enseignant pour 24 élèves. Mais le recensement de 2014 a révélé qu’un enfant sur cinq âgé de 10 à 17 ans – environ 1,7 million de jeunes – travaillait au lieu de fréquenter l’école. L’éducation au Myanmar est la pierre angulaire du développement du pays. L’actuelle chef du gouvernement, Aung San Suu Kyi l’a parfaitement compris en faisant de l’éducation la priorité du pays. Les dépenses consacrées à l’éducation augmentent régulièrement depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement, avec une forte augmentation du soutien des donateurs étrangers. Les 1.9% du PIB actuellement investis dans l’éducation doubleront d’ici 2021. Selon la chef du gouvernement l’éducation soutiendra la démocratie et le processus de consolidation de la paix au Myanmar et aidera à établir une économie prospère… Savoir plus >

Confronter les étudiants à l’entrepreneuriat social : le cas des Philippines.

  Le développement de lentrepreneuriatsocial n’est plus à démontrer, les initiatives à travers le monde se multiplient et ne serait-ce qu’en France, l’économie sociale et solidaire dans son ensemble représente 7% des entreprises françaises et 10% des employés en France. Et depuis 2000, l’emploi y a progressé de 24% (contre 4,5% dans le secteur privé hors ESS)[1]  Il est possible de distinguer plusieurs formes d’entreprises sociales. Il y a l’entreprise sociale « vocationnelle » que l’économiste américain Bill Drayton a défini dans les années 1980 avec les « changemakers », ces personnes qui ont le potentiel de changer le monde ; l’entreprise sociale « coopérative », qui propose une approche plus européenne dont l’enjeu est d’apporter aux citoyens des services sociaux dont la qualité et/ou la prise en charge devenaient difficiles. Enfin l’entreprise sociale « commerciale ». Venue du Royaume-Uni, il s’agit ici d’entreprises hybrides, de plus en plus répandues. En résumé, l’entrepreneuriat social regroupe toute « activité commerciale ayant essentiellement des objectifs sociaux et dont les surplus sont principalement réinvestis en fonction de ces finalités dans cette activité ou dans la communauté, plutôt que d’être guidés par le besoin de maximiser les profits pour des actionnaires ou des propriétaires »[2]. Outre l’importance de l’entrepreneuriat social en tant que tel, en… Savoir plus >

En Asie, l’éducation des enfants doit se passer à l’étranger

Si Singapour caracole en tête des classements en matière d’éducation, cela a un prix : 100 000 dollars (singapourien)[1]. Précisément, chaque foyer singapourien dépense en moyenne 96 000 dollars (environ 60 000 euros) par enfant, de l’école primaire jusqu’à son premier diplôme. Cela représente près du double des dépenses des foyers américains. Cela n’est toutefois rien en comparaison des habitants de sa rivale Hong-Kong où les parents déboursent par enfant l’équivalent de 110 000 euros. Si ces sommes ne cessent d’augmenter c’est parce que l’éducation des enfants est la priorité budgétaire des parents, le but étant de leur donner le meilleur départ dans la vie. Et pour cet objectif les parents de ces villes-états considèrent comme fondamental d’envoyer leurs enfants étudier à l’étranger et ce, quand bien même les meilleures universités du monde se trouvent dans ces pays (Nanyang Technological University est classée 11ème selon le classement dit de Shangaï et National University of Singapore atteint le 15ème rang. Singapour est le seul pays d’Asie à avoir ces établissements présents dans le top 20 de ce célèbre – et controversé – classement). Pour autant la priorité est donnée aux universités étrangères, notamment les « Down Under », c’est à dire celles qui se… Savoir plus >