Éducation et innovation en direct de l'Asie

La vie à Singapour

iMaginons repenser le rôle de la peine capitale

« Je n’ai jamais cru ceux qui prônent la manière douce en matière de délit et de châtiment, prétendant que ce n’est pas la punition qui réduira le nombre de délits. » Phrase terrible du fondateur de Singapour Lee Kuan Yew au sujet de la peine de mort appliquée dans la cité-état. Et si en termes d’éducation, d’innovation, de santé, ou de bien-être, Singapour se hisse souvent à la première place, elle est tristement aussi dans le haut du tableau des pays qui prononcent le plus souvent la peine capitale et ce pour des délits souvent sont liés au trafic de drogue. C’est dans ce contexte que deux nouveaux individus, un nigérien de 38 ans et un malais de 31 ans ont été pendus à Singapour mi-novembre, condamnés pour avoir en leur possession près de trois kilos de cannabis – la condamnation à mort peut être prononcée dès 500 grammes -. Singapour se défend de la pratique tout d’abord en expliquant que c’est le gouvernement britannique qui pendant la colonisation l’a mise en place et qu’en effet ils ne l’ont pas abrogée lorsqu’ils ont acquis leur indépendance. Et s’il n’est pas prévu que cette sanction soit remise en cause c’est parce que… Savoir plus >

iMaginons l’avenir de la santé entre service, innovation et l’excellence

Totalement dépourvu de ressources naturelles et d’exploitations agricoles, Singapour n’a pas eu d’autres choix que d’axer sa singularité et valeur ajoutée sur l’excellence et le service. Ces deux piliers fondateurs de la ville-état représentent la marque de fabrique de Singapour depuis plus de cinquante ans que ce soit dans l’éducation, les services financiers ou plus récemment à travers les NBIC (nanotechnologies, biotechnologies, informatique et sciences cognitives). Singapour a toujours dû faire preuve d’esprit pionnier, être à l’avant-poste de l’économie tertiaire pour comprendre l’évolution des besoins des citoyens et formuler en conséquence des réponses adéquates. Un exemple très récent illustre parfaitement ce contexte si particulier de la ville-jardin. La jeune start-up The Migraine Buddy part du constat simple qu’un grand nombre de personnes dans le monde souffrent de migraines régulières et que la prise de médicaments contenant du paracétamol ou de l’aspirine se fait trop tard quand les maux de tête sont déjà présents, bien installés et enfin que leur efficacité pour ce type de douleur est très relative. Autrement dit la meilleure façon de ne pas avoir de crise migraineuse est de prévenir celle-ci pour l’éviter. L’application qui a été lancée par l’entreprise singapourienne propose un suivi personnalisé de ces… Savoir plus >

Le Prof qui valait un million de dollars… de salaire.

Antony Folk est un Professeur d’économie des plus ordinaires à Singapour, il est titulaire d’un Bachelor à Nanyang Technological University et d’un Master à Monash University en Australie. Il enseigne dans une école publique tout à fait classique quand au bout de quatre ans il se rend compte de la popularité de ses cours. Ceux-ci sont si appréciés que ses élèves lui en demandent encore et toujours plus et que les parents commencent à réclamer des cours particuliers. Il décide alors de quitter l’enseignement classique pour fonder sa propre école (entreprise ?), JC Economics où chaque élève doit alors débourser environ 500$ par mois pour assister à ses cours (http://anthonyfok.com). La demande dépasse largement la petite quarantaine de places initialement prévues et la surenchère ne se pas faite attendre dans un pays où les parents sont prêts à débourser jusqu’à 30 000$ pour obtenir une place face à Mr Folk. En fin stratège ce dernier veille bien à ne pas ouvrir de classes en plus ni à déléguer certains cours, il préfère les assurer tous lui-même, la surenchère n’est pas prête de s’arrêter… Si Anthony Fok est un pionnier dans cet enseignement d’élite, il n’est plus le seul, Janice Chuah a… Savoir plus >

Quand la réussite économique appelle le succès politique…

Tony Tan Keng Yam est l’actuel Président de Singapour, s’il a un rôle second par rapport au Premier Ministre Lee Hsien Loong – fils aîné de Lee Kuan Yew, le fondateur de Singapour – il peut néanmoins s’opposer aux nominations aux postes clés de la fonction publique proposées par le gouvernement. Une fois élu il peut aussi examiner la mise en application de la loi sur la sécurité intérieure et de celle sur le maintien de l’harmonie religieuse. Enfin, le Président peut également donner son accord pour lancer des enquêtes sur la corruption. Elu tous les 6 ans Tony Tan doit quitter son poste en 2017 et ces derniers jours le gouvernement a remis un rapport afin de modifier les règles permettant l’élection de la fonction suprême. Les changements ne remettent pas fondamentalement en cause les modalités de l’élection, il s’agit surtout de s’assurer que les candidats soient bien qualifiés pour exercer le rôle de Président. Il y a donc deux voies permettant l’éligibilité. Soit le candidat a exercé d’importantes fonctions dans l’administration publique (ministre de la justice, porte-parole du gouvernement ou encore secrétaire général…). Soit, le candidat est issu du secteur privé et dans ce cas son profil doit répondre… Savoir plus >

Singapour célèbre ses enseignants… avec des donuts ?!

Comme dans un grand nombre de pays dans le monde Singapour « fête ses enseignants ». Du mug au tapis de souris, du t-shirt à la gourde en plastique estampillée « Happy teacher’s day ! », il ne peut échapper ni aux élèves, ni aux enseignants que la première semaine de septembre est consacrée à ce moment de célébration entre les maîtres et les disciples. Si vraiment quelqu’un n’est pas au courant, la promotion Krispy Kreme est là pour le rappeler, en effet pendant toute la période du « Teacher Day » vous pouvez obtenir jusqu’à 6 donuts gratuits ! Si l’événement peut paraître désuet ou risible le symbole qu’il dégage n’est cependant pas innocent. Il a pour but pendant une journée de rappeler aux des élèves et étudiants, parents et non-parents le rôle fondamental des éducateurs, professeurs et pédagogues dans le développement aussi bien social et économique que moral du pays. Pour certains d’ailleurs la journée n’est pas travaillé, insistant en creux sur l’importance des lieux de savoirs qui fermés ne se diffusent plus, n’existent plus, et disparaissent. Une nouvelle fois le respect dans l’environnement éducatif est souligné et considéré comme sacré. Après l’uniforme obligatoire (cf le précédent billet) visant à gommer inégalités et à discipliner l’organisation… Savoir plus >

« Toutes les écoles sont de bonnes écoles »

devise du Ministère de l’éducation de Singapour. Deux événements tout à fait anodins ouvrent ce blog dont les réflexions porteront autant sur l’éducation et l’innovation pédagogique que sur l’innovation de manière plus générale dans la zone Asie Pacifique. La rentrée dans les écoles singapouriennes ayant eu lieu depuis mi-août, tous les matins se sont des hordes de petits écoliers qui parcourent les rues, les métros, les bus arborant fièrement leurs uniformes – obligatoires -. Si cela n’a rien d’extraordinaire puisque dans de très nombreux pays du monde les tenues obligatoires sont légions, cela reste surprenant vis à vis de la France où la liberté de tenues vestimentaires semble être un droit fondamental. Cependant la tenue n’est qu’un moyen, un symbole de ce qu’elle génère notamment l’égalité et la discipline. C’est pour gommer les différences sociales que la tenue est en effet imposée et elle permet autant la reconnaissance que la fierté, autant l’union que l’ordre. On peut se demander si l’uniforme n’est finalement pas le symptôme de l’esprit de Singapour qui se retrouvent dans les valeurs que sont la méritocratie, la discipline sociale, la laïcité.  Le projet éducatif de Lee Kuan Yew est d’ailleurs la réalisation sociale la plus importante… Savoir plus >