Éducation et innovation en direct de l'Asie

Pédagogie

iMaginez-vous poursuivre l’arc en ciel : la responsabilité de la jeunesse comme espoir

« Poursuivez l’arc en ciel » est une injonction de Lew Kuan Yew, l’ancien premier ministre de Singapour, aux jeunes étudiants de la ville il y a une vingtaine d’années. L’expression était associée à une narration où le fondateur de Singapour expliquait que dans leur vie ils allaient rencontrer un grand nombre de challenges, des jours de pluies et même des orages. Mais s’ils arrivaient à passer à travers les tempêtes et les pluies tout en travaillant de manière dur, en restant eux-mêmes, alors ils trouveront leur arc-en-ciel. Cet esprit refait surface en cette période où Singapour se trouve dans une situation économique plus compliquée qu’il y a seulement cinq ou dix ans. En effet l’économie de Singapour s’est fortement contractée ces derniers mois et le gouvernement avance un chiffre en régression significative. Ainsi sur un mois, le PIB aurait reculé de 4.1% quand l’administration avait émis des prévisions plutôt autour de +0.3%. Il s’agit de la plus forte baisse du PIB depuis 2012 et celle-ci s’associe à un taux de chômage jamais atteint : 2.1%. Certes en Europe cela s’appellerait le plein emploi, mais dans la cité-état, c’est un chiffre qui fait la une de tous les journaux. Lorsque le premier ministre… Savoir plus >

iMaginons un enseignement plus qualitatif que quantitatif : le virage de Singapour

  Sans ressource naturelle, sans compétence dans un secteur d’activité particulier et avec une taille ne permettant pas le développement d’infrastructures manufacturières, Singapour s’est développé sur le seul élément qui était à sa disposition : la production intellectuelle. La conséquence de ce positionnement, presque par défaut à la création de Singapour, est l’obsession de la réussite scolaire. L’enseignement dans la cité-état est réputé l’un des plus performants au monde et des plus stricts, Singapour a d’ailleurs remporté à de nombreuses reprises le championnat international de mathématiques et de sciences (à l’échelle du pays c’est plus qu’un exploit). Notons que « la méthode Singapour » pour l’enseignement des mathématiques est internationalement reconnue. Ce désir de performance scolaire se lit dès la pre-school où en plus de l’apprentissage de la langue maternelle les petits écoliers âgés de 3 ans doivent acquérir l’usage de l’anglais. Il arrive parfois qu’ils commencent même une troisième langue, le mandarin, quand la langue maternelle n’est pas celle-ci. A l’issue de la primary school – l’équivalent du collège – les élèves ont leur premier examen, le Primary School Leaving Examination (PSLE) où doivent être évaluées les compétences dans plusieurs disciplines comme les mathématiques, les langues et les sciences. Cet examen est… Savoir plus >

iMaginons un gouvernement pour qui l’enseignement par la réalité virtuelle est une priorité

Ce n’est pas une surprise que d’apprendre que Singapour souhaite devenir le héraut mondial de l’économie digitale et l’annonce de la fusion ces derniers jours entre les deux entités d’état que sont « le département de l’information et la communication » d’une part et « le département média » de l’autre ne fait que renforcer cette ambition. La réalité virtuelle fait partie des premières annonces de ce nouveau bureau « Info-communications Media Development Authority » (IMDA). Si celle-ci revêt une importance capitale c’est parce que selon eux cette même technologie est porteuse de bénéfices pour un très grand nombre de domaines et prioritairement celui de l’enseignement. Que ce soit pour des études en sciences sociales, médecine, architecture, management et autres disciplines comme la physique ou la chimie, la réalité virtuelle est en effet systématiquement pertinente. Cela n’a rien de bien étonnant et si nous avons une tendance naturelle à regarder cette technologie comme réservée aux geeks et autres écoles d’ingénieur c’est bien à tort. Il n’y a pas de domaines exclusifs destinés à la réalité virtuelle. Grâce à elle les études anthropologiques deviennent possibles sans intrusion massive chez les populations étudiées, l’exploration de l’atome devient un acte quotidien, la projection d’une construction future est accessible à moindre… Savoir plus >

Le Prof qui valait un million de dollars… de salaire.

Antony Folk est un Professeur d’économie des plus ordinaires à Singapour, il est titulaire d’un Bachelor à Nanyang Technological University et d’un Master à Monash University en Australie. Il enseigne dans une école publique tout à fait classique quand au bout de quatre ans il se rend compte de la popularité de ses cours. Ceux-ci sont si appréciés que ses élèves lui en demandent encore et toujours plus et que les parents commencent à réclamer des cours particuliers. Il décide alors de quitter l’enseignement classique pour fonder sa propre école (entreprise ?), JC Economics où chaque élève doit alors débourser environ 500$ par mois pour assister à ses cours (http://anthonyfok.com). La demande dépasse largement la petite quarantaine de places initialement prévues et la surenchère ne se pas faite attendre dans un pays où les parents sont prêts à débourser jusqu’à 30 000$ pour obtenir une place face à Mr Folk. En fin stratège ce dernier veille bien à ne pas ouvrir de classes en plus ni à déléguer certains cours, il préfère les assurer tous lui-même, la surenchère n’est pas prête de s’arrêter… Si Anthony Fok est un pionnier dans cet enseignement d’élite, il n’est plus le seul, Janice Chuah a… Savoir plus >

Singapour célèbre ses enseignants… avec des donuts ?!

Comme dans un grand nombre de pays dans le monde Singapour « fête ses enseignants ». Du mug au tapis de souris, du t-shirt à la gourde en plastique estampillée « Happy teacher’s day ! », il ne peut échapper ni aux élèves, ni aux enseignants que la première semaine de septembre est consacrée à ce moment de célébration entre les maîtres et les disciples. Si vraiment quelqu’un n’est pas au courant, la promotion Krispy Kreme est là pour le rappeler, en effet pendant toute la période du « Teacher Day » vous pouvez obtenir jusqu’à 6 donuts gratuits ! Si l’événement peut paraître désuet ou risible le symbole qu’il dégage n’est cependant pas innocent. Il a pour but pendant une journée de rappeler aux des élèves et étudiants, parents et non-parents le rôle fondamental des éducateurs, professeurs et pédagogues dans le développement aussi bien social et économique que moral du pays. Pour certains d’ailleurs la journée n’est pas travaillé, insistant en creux sur l’importance des lieux de savoirs qui fermés ne se diffusent plus, n’existent plus, et disparaissent. Une nouvelle fois le respect dans l’environnement éducatif est souligné et considéré comme sacré. Après l’uniforme obligatoire (cf le précédent billet) visant à gommer inégalités et à discipliner l’organisation… Savoir plus >

« Toutes les écoles sont de bonnes écoles »

devise du Ministère de l’éducation de Singapour. Deux événements tout à fait anodins ouvrent ce blog dont les réflexions porteront autant sur l’éducation et l’innovation pédagogique que sur l’innovation de manière plus générale dans la zone Asie Pacifique. La rentrée dans les écoles singapouriennes ayant eu lieu depuis mi-août, tous les matins se sont des hordes de petits écoliers qui parcourent les rues, les métros, les bus arborant fièrement leurs uniformes – obligatoires -. Si cela n’a rien d’extraordinaire puisque dans de très nombreux pays du monde les tenues obligatoires sont légions, cela reste surprenant vis à vis de la France où la liberté de tenues vestimentaires semble être un droit fondamental. Cependant la tenue n’est qu’un moyen, un symbole de ce qu’elle génère notamment l’égalité et la discipline. C’est pour gommer les différences sociales que la tenue est en effet imposée et elle permet autant la reconnaissance que la fierté, autant l’union que l’ordre. On peut se demander si l’uniforme n’est finalement pas le symptôme de l’esprit de Singapour qui se retrouvent dans les valeurs que sont la méritocratie, la discipline sociale, la laïcité.  Le projet éducatif de Lee Kuan Yew est d’ailleurs la réalisation sociale la plus importante… Savoir plus >