Éducation et innovation en direct de l'Asie

Archives de mots clés: imagination

Education, imagination et action: les clefs du multiculturalisme

A son indépendance en 1965, le gouvernement annonce d’emblée que l’état serait « multiracial », composé de quatre groupes que l’on retrouve dans l’acronyme CMIO (Chinese, Malay, Indian and Others). Il représente tout simplement les trois sources importantes d’immigration vers l’île au début du XIXe siècle. Cette décision n’est pas anodine, les tensions ethniques sont palpables au début des années 1960 entre les communautés malaise et chinoise et menacent clairement la stabilité de la nation naissante. Des affrontements ethniques, des émeutes raciales éclatent à plusieurs reprises surtout contre les Malais en 1964 et contre les Chinois en 1969. Pour ne pas risquer une intervention des deux pays musulmans – la Malaisie d’un côté, l’Indonésie de l’autre – qui voudrait protéger les habitants de confession islamique à Singapour, le gouvernement à majorité Chinoise prend des mesures sécuritaires en arrêtant toute personne qui professerait une incitation à la haine raciale. L’enjeu est de stopper nette tout « chauvinisme », qu’il soit malais ou chinois.  La déclaration de Mr Baker, ministre de la Justice et du Développement national en décembre 1965 ne peut pas être plus claire : « Le caractère multiracial de Singapour représente un des fondements de la politique gouvernementale. Nous sommes une nation composée de citoyens… Savoir plus >

iMaginez une méthode innovante pour apprendre les mathématiques

A chaque évaluation internationale des systèmes éducatifs, Singapour est en tête des classements, c’est le cas avec PISA (Programme for Internation Student Assessment) ; et plus particulièrement en ce qui concerne les mathématiques avec le TIMMS (Trends in International Mathematics and Sciences Studies), au point de nommer celle-ci la « méthode singapourienne ». Cette méthode émerge dans les années 1980 quand le gouvernement a décidé de faire de cette discipline une priorité pour une raison fidèle à ses principes pragmatiques : il y avait besoin d’ingénieurs pour développer la ville et donc des mathématiciens. La façon de créer la méthode d’apprentissage des mathématiques a été élaborée comme toute chose à Singapour : s’inspirer de ce qui se fait à l’extérieur, prendre le meilleur et l’adapter aux problématiques locales. Ainsi pendant quinze années la méthode d’apprentissage singapourienne des mathématiques a été testée, améliorée, éprouvée pour obtenir celle qui est enseignée dans les classes aujourd’hui. Et des derniers rangs des classements Singapour s’est retrouvé en première ligne. La méthode est inspirée du psychologue américain Bruner qui consiste à faire passer du concret à l’abstrait, d’une représentation physique à une image mentale, d’où le nom « concrète, imagée et abstraite ». La méthode consiste tout d’abord à faire manipuler concrètement… Savoir plus >

Une ville où l’iMagination en passe par le street-art

  Dans une ville où la propreté se dispute la sécurité nous pouvons être surpris par la possibilité de dessiner sur les murs ou de voir apparaître une sculpture à l’angle d’une rue. C’est pourtant le cas à Singapour et cela depuis le 19ème siècle. Et même après l’indépendance, Singapour a toujours été un lieu où l’expression artistique tient une place importante et il n’est pas rare de déambuler au milieu d’œuvres de Chern Lian Shan, de Cavalieri Rodolfo Nolli ou même de Roy Lichtenstein. Cependant l’art est une chose avec laquelle Singapour ne plaisante pas et la présence d’arts dans la rue doit se faire dans le cadre offert par les autorités. Pour la cité-état l’art est une source de savoir et un développement de soi, quiconque avec une bombe de peinture entre les mains ne peut pas s’improviser artiste. Toute tentative de dessins, de graffitis ou de pochoirs n’est pas nécessairement de l’art, en conséquence s’est créée le National Art Council (NAC). Le but du NAC est de développer les arts et faire en sorte que ce soit au profit de tous les singapouriens, que rendre l’art accessible à l’ensemble de la population. Ce Council s’est donné comme… Savoir plus >

L’iMagination d’une ville par l’architecture

Le philosophe Wittgenstein considère l’architecture comme un moyen de se régénérer et précise que « le travail en philosophie – comme, à beaucoup d’égards le travail en architecture – est avant tout un travail sur soi-même ». Cette phrase aurait tout à fait pu être formulée par des architectes eux-mêmes tels Le Corbusier, Gehry ou encore Wright, mais certainement aussi des autorités d’aménagements de Singapour. Il n’y a aucune ville en Asie, peut-être au monde, qui associe autant le développement de l’architecture moderne avec son propre développement. Si la cité-état a fait de l’architecture un mode de vie et d’inspiration elle n’a cependant pas délaissée sa valeur fondamentale qu’est le pragmatisme, ainsi chaque bâtiment singapourien a haute valeur ajoutée doit avoir un sens déterminé. Soit le sens est véritablement pratique soit il est plus subliminal. Y compris si cela relève de la science-fiction ainsi que l’on peut s’en rendre compte avec le célèbre Sandcrawler de Star Wars et sa version moderne dans la ville de Singapour. Les cinq exemples architecturaux expliqués ci-dessous sont une parfaite traduction de la vision prophétique de Wittgenstein.   Peut-être plus classique quoique particulièrement pertinent sur l’ile, le bâtiment d’OCBC, la célèbre banque d’origine Hongkongaise réalisé par le… Savoir plus >

iMaginons la compétition par l’excellence !

Ce qui peut étonner un voyageur qui arrive pour la première fois à Singapour, c’est que la douane lui demande son niveau de satisfaction face au service qu’il vient de recevoir de la part des agents. A partir de smileys le passager en transit ou arrivant à destination a en effet le choix de sélectionner parmi cinq degrés de satisfaction allant de très insatisfait à très satisfait. Cette expérience peut paraître incongrue pour qui se retrouve régulièrement dans des files d’attentes interminables que ce soit en France ou aux Etats-Unis par exemple et celle-ci ne s’arrête pas là puisque l’évaluation aura lieu aussi aux toilettes (juste derrière la douane), et plus généralement dans l’ensemble de la cité-état. Singapour a fait de l’excellence sa marque de fabrique et a pour un principe de cultiver celle-ci et de la développer. Pour se faire, il n’y a pas d’autre possibilité que de l’évaluer en continue de manière extrêmement méthodique. Cela en passe par le Customer Satisfaction Index of Singapore (CSISG) qui mesure de manière très régulière le degré de satisfaction des usagers dans tous les secteurs d’activités de services. Mis au point par l’Institute of Service Excellence de Singapore Management University les indicateurs sont… Savoir plus >

iMaginez une école kaléidoscope !

Nanyang Primary School est une école qui veille à préserver la culture locale, en l’occurrence chinoise tout en accompagnant les jeunes élèves vers les enjeux d’une culture globale, internationale. Pour se faire, l’école propose d’aborder l’éducation de manière holistique en ne s’arrêtant pas simplement aux critères d’excellence académique mais également de veiller à l’excellence dans le comportement, dans les valeurs morales à transmettre, afin de développer les enfants à penser de manière éthique. Ainsi l’encadrement des écoliers est pris en charge par tout un écosystème au sein de l’établissement, une « plateforme » selon les mots de l’institution, où se retrouvent : partage et échange de savoirs, encouragements permanents par tout un chacun dans le but d’aider à ce que tous réussissent leur propre parcours. Autrement dit c’est l’ensemble de l’établissement qui est en quête de la réussite des petits apprenants. Le maître mot pour décrire cette école est « kaléidoscope » : différents types de populations et professionnels  entourent l’enfant, cultures nombreuses et variées d’ici mais également des quatre coins de la planète auxquelles les écoliers sont confrontés régulièrement. Dans ce kaléidoscope, les parents ont leur rôle à jouer. L’école insiste dans sa « philosophie » pour expliquer que l’éducation commence avant tout à la maison et… Savoir plus >

iMaginez les 4 axes permettant de lancer sa start-up avec succès

Entre 2004 et 2014, le nombre de création de start-ups à Singapour a plus que doublé, il atteint désormais plus de 5000 nouvelles structures chaque année. Avec près de 50 000 start-ups sur le territoire et environ 350 000 employés, c’est donc près de 10% de la population qui travaillent pour une organisation récente, de taille restreinte, essentiellement dans les nouvelles technologies. La question que l’on est en droit de se poser est d’où viennent les idées ? Pourquoi tant d’investissement humain et financier dans les start-ups ? Quelles leçons doit-on tirer de ces succès ? Une étude a permis de mettre en lumière les raisons de cet incroyable développement[1], mais avant de l’analyser dans le détail on peut le résumer en un mot : le pragmatisme. Rien d’étonnant à cela lorsque l’on sait que cette qualité prévaut depuis la création de la ville-état il y a un peu plus de cinquante ans. Il existe quatre axes incontournables pour développer sa start-up sur le continent asiatique : S’intéresser aux opportunités cachées. Cela semble une évidence mais si les opportunités sont des besoins en puissance, il n’y a pas une « foire aux opportunités » et il faut apprendre à déceler l’endroit où elles se trouvent. Ainsi le… Savoir plus >

iMaginons un gouvernement pour qui l’enseignement par la réalité virtuelle est une priorité

Ce n’est pas une surprise que d’apprendre que Singapour souhaite devenir le héraut mondial de l’économie digitale et l’annonce de la fusion ces derniers jours entre les deux entités d’état que sont « le département de l’information et la communication » d’une part et « le département média » de l’autre ne fait que renforcer cette ambition. La réalité virtuelle fait partie des premières annonces de ce nouveau bureau « Info-communications Media Development Authority » (IMDA). Si celle-ci revêt une importance capitale c’est parce que selon eux cette même technologie est porteuse de bénéfices pour un très grand nombre de domaines et prioritairement celui de l’enseignement. Que ce soit pour des études en sciences sociales, médecine, architecture, management et autres disciplines comme la physique ou la chimie, la réalité virtuelle est en effet systématiquement pertinente. Cela n’a rien de bien étonnant et si nous avons une tendance naturelle à regarder cette technologie comme réservée aux geeks et autres écoles d’ingénieur c’est bien à tort. Il n’y a pas de domaines exclusifs destinés à la réalité virtuelle. Grâce à elle les études anthropologiques deviennent possibles sans intrusion massive chez les populations étudiées, l’exploration de l’atome devient un acte quotidien, la projection d’une construction future est accessible à moindre… Savoir plus >