3. Discuter le chapitre « Enseigner l’informatique, une exigence »

 
On enseigne pour permettre aux enfants de comprendre le monde qui les entoure, d’y trouver leur place comme professionnels et comme citoyens, et d’agir sur ce monde. Peut-on désormais le faire sans connaître de l’informatique ? Non évidemment ! Nous vivons, travaillons, jouons, apprenons, entourés de machines et de systèmes qui manipulent de l’information et des connaissances, nous assistent dans nos tâches quotidiennes, parfois même décident pour nous. La métamorphose numérique touche tous les secteurs, toutes les organisations, tous les métiers et la plupart des actes de la vie quotidienne. Elle touche aussi la connaissance elle-même, la manière dont elle se produit, se diffuse, s’acquiert, se met en œuvre dans toutes les disciplines. Dans toutes les disciplines, la recherche est également métamorphosée par les outils d’exploration et de production issus de l’informatique, ainsi que par la pensée informatique. L’enseignement doit évidemment refléter ces métamorphoses.
En France, la nécessité d’un tel enseignement s’est récemment imposée, et une dynamique positive s’est développée, autour d’une prise de conscience de la société et des décideurs, avec des initiatives comme le cours d’« Informatique et Sciences du Numérique » (ISN) en terminale. Mais cela reste insuffisant. L’enseignement de l’informatique doit se développer au sein de l’Education nationale et à tous les niveaux : à l’école primaire avec la pensée informatique, au collège par le biais d’un cours de programmation en troisième, et au lycée par la généralisation déjà prévue du cours d’ISN à toutes les terminales générales et technologiques. Afin de créer des citoyens en capacité d’agir dans une société numérique, maîtrisant plutôt que subissant les transformations liées au numérique, l’informatique doit être enseignée à tous. 
L’enseignement de l’informatique présente aussi un autre avantage : il repose sur une pédagogie plus collaborative, autour de projets, autour d’apprentissages fondés sur des expériences essai-erreur. Au sein de l’Education Nationale, l’introduction de l’informatique est donc aussi l’occasion de s’ouvrir à de nouvelles formes de pédagogie. 
La mise en place de cet enseignement ne peut s’effectuer qu’en combinant une volonté politique forte, la prise en compte des contraintes (notamment budgétaires), et l’appui sur l’énergie et l’engagement des enseignants en place et en formation. Un de ses aspects essentiels est notamment la formation des professeurs. 
Le Conseil National du Numérique a voté en 2013 un avis sur l’enseignement de l’informatique[1], proposant de contribuer à une réflexion focalisée sur la méthode qui permettra d’atteindre un objectif simple : 
« Généraliser d’ici trois ans l’enseignement de l’informatique depuis l’école jusqu’au lycée. » 
Dans le texte présent, nous précisons cette recommandation.
Former les citoyens d’une société numérique
Il s’agit avant tout d’initier à la « pensée informatique » (voir encadré) qui est indispensable pour :
  • Comprendre de nombreux objets de      la vie quotidienne (comme un téléphone, une transaction bancaire, ou la      logistique d’un aéroport) mais aussi toutes sortes de phénomènes des      sciences du vivant, de l’économie, de l’urbanisme, du climat… 
  • Se préparer aux métiers de demain,      qu’il s’agisse de ceux des entreprises du numérique ou des secteurs de      pointe, ou des autres, même les moins techniques, qui sont ou seront      transformés par l’informatique.
  • Collectivement, prospérer dans une      économie numérique où l’innovation et la capacité à coopérer constituent      l’un des principaux facteurs de compétitivité.
  • Ne pas subir passivement, en tant      qu’utilisateur, usager ou consommateur, les décisions d’un «      programme » ou d’un « système informatique » sans être      capable de les comprendre, de les contester ou les discuter, voire de les      modifier.
  • Etre en mesure de décoder, en tant      que citoyens, les jeux de pouvoir à l’œuvre dans la société numérique, de      préserver sa vie privée et son autonomie, de prendre part à des décisions      collectives qui mobiliseront de plus en plus de données et de calculs.
 

Ce sont ces défis qu’exprime l’injonction de Douglas Rushkoff[2] « Programme ou sois program­mé ! ». …..

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