7. Discuter le chapitre « Relier la recherche et l’éducation »

 
Il est impossible de penser les changements pédagogiques à l’école et dans le secondaire liés à la technologie numérique indépendamment des transformations que cette technologie nécessite également dans le monde de la recherche et de l’enseignement supérieur. En premier lieu, les enseignants de l’école et du secondaire sont formés dans ces universités. D’autre part, c’est dans le monde de la recherche que se réfléchissent les conditions même d’élaboration des savoirs. Or celles-ci sont profondément bouleversées. C’est sur ce dernier point que nous appelons ici l’attention et ouvrons des pistes d’action. Il est grand temps de tisser un lien étroit entre la recherche et l’enseignement fondamental, d’expérimenter de nouvelles méthodes d’apprentissage, d’insuffler des mutations concrètes justifiées par des résultats scientifiques, et de les diffuser au sein de l’école.
Des savoirs reconfigurés par et avec le numérique
 
Au-delà des transformations de la relation pédagogique qu’il rend possibles, le numérique reconfigure et reconfigurera bien plus encore dans les années à venir la nature même des savoirs enseignés à tous les niveaux du système éducatif, tout comme il modifie et modifiera la vie de laboratoire et les conditions de la recherche dans toutes les disciplines.
 
Le numérique n’est pas un moyen pour les savants ou les apprenants : il constitue le nouveau milieu mnémotechnique du savoir sous toutes ses formes, au sein duquel savants et apprenants doivent apprendre et réapprendre à penser – tout aussi bien qu’à vivre – : la numérisation qui se produit depuis l’apparition du world wide web à une vitesse sans cesse croissante bouleverse en effet les savoir vivre et les savoir-faire autant que les savoirs théoriques et formels. 
 
Un tel bouleversement résulte du fait que le numérique reconfigure les différents codes (langue, écriture, systèmes de signes et d’inscriptions ou d’enregistrements en tout genre) et les pensées dont ils étaient les milieux, tout comme l’apparition de l’écriture constitua un nouvel âge des langues, et comme les langues constituèrent des univers de pensée.
 
Un savoir, quelle que soit sa forme – que ce soit un savoir-faire, un savoir vivre, un savoir théorique ou académique – est avant tout ce qui se transmet de génération en génération : c’est une mémoire collective. Une telle mémoire suppose des supports de conservation et de transmission dont on sait depuis un bon siècle qu’ils ne sont jamais de simples moyens de transmission : les supports d’enregistrement des savoirs contribuent à modifier les savoirs, ils les constituent. En effet, lorsque les conditions d’élaboration des savoirs se transforment, ce qui est le cas de façon flagrante avec le numérique, les savoirs eux-mêmes se transforment. Les technologies linguistiques modifient ainsi en profondeur les rapports au langage et les savoir linguistiques afférents. Il en va de même de la géographie humaine transformée par les « territoires numériques » – et tous les territoires dont les habitants sont équipés de terminaux numériques sont des territoires numériques.
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