8. Discuter le chapitre « Accompagner l’explosion des usages éditoriaux »

 

L’édition scolaire a un rôle central pour apporter aux professeurs des propositions de contenus en conformité avec les programmes. Acteur majeur de l’interprétation des programmes, elle demeure au cœur de la liaison entre les professeurs et les élèves, en particulier dans le « travail à la maison ». 

 
Les éditeurs scolaires sont en charge de traduire des programmes nationaux, appliqués dans l’ensemble des établissements scolaires de la maternelle au lycée. Des programmes élaborés par le Conseil supérieur des programmes depuis la loi d’orientation et de programmation pour la refondation de l’École de la République de Juillet 2013. Le rôle de l’éditeur est de documenter ces programmes en contenus attirants, adaptés, et d’en faire l’outil de travail familier des professeurs comme des élèves. Il s’agit tout à la fois de rechercher, créer et sélectionner des contenus en fonction de leur qualité et de leur pertinence ; d’organiser et architecturer des savoirs et des savoir-faire en fonction de démarches pédagogiques et de modalités d’évaluation, de les structurer en adéquation avec les publics utilisateurs, de définir une charte graphique en adéquation avec l’intention pédagogique et l’âge des élèves… C’est une responsabilité essentielle, car le manuel scolaire est un objet social. Il constitue un repère commun aux enseignants, aux élèves et aux parents, et à travers lui, les éditeurs traditionnels disposent non seulement d’un accès massif à la société mais aussi d’un « capital réputation », si ce n’est confiance, important. Il véhicule aussi des normes et des valeurs sociales, comme l’ont démontré les récents débats sur les manuels scolaires et l’égalité femmes-hommes[1]. Comme les professeurs doivent s’entendre dans un établissement sur le choix d’un manuel, cela favorise le plus petit dénominateur commun et laisse peu de place aux manuels originaux[2]. Le secteur de l’édition, comme tant d’autres, est profondément bousculé par l’entrée du numérique dans l’enseignement. Cette irruption est d’autant plus déstabilisante que l’édition scolaire fonctionne historiquement dans un marché très particulier, bien différente de celui de l’enseignement supérieur par exemple. En effet, ce marché est historiquement régulé par la commande publique, au rythme du renouvellement des p
rogrammes. Tout en étant hautement concurrentiel, il bénéficie d’une clientèle assurée. 
 
Plusieurs transformations, dans lesquelles le numérique joue un rôle essentiel, ont amené depuis quelques années le secteur de l’édition à innover. Un premier facteur est lié au fait que de nouveaux entrants accèdent au marché scolaire. Les éditeurs scolaires doivent faire face à des offres sous forme numérique concurrentes, émanant de multiples acteurs[3] ; un second facteur est lié à la production de données attachées à ces nouveaux vecteurs de transmission et d’apprentissage que sont les supports numériques, et aux activités économiques et scientifiques nouvelles que ces données suscitent. Il semble que nous ne soyons qu’aux prémices et que l’édition scolaire doive mener une véritable reconfiguration pour être le vecteur d’une littératie et d’une citoyenneté numérique des générations à venir.

 

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