Des armes sur les campus américains, on y est!

Publie par stephan-bourcieu le février 19th, 2016 dans la categorie Enseignement Supérieur, International, Société Tags: , , , , ,  •  1 Commentaire

stageIl y a quelques années sur ce même blog, j’évoquais la question des armes sur les campus américains. L’État du Texas projetait alors de promulguer une loi légalisant le port d’armes de poing sur les campus universitaires. Il rejoignait en cela les États de l’Utah, du Colorado, du Mississippi, de l’Oregon et du Wisconsin.

Un nouveau pas a été franchi cette semaine avec l’obligation faite aux universités texanes de respecter cette loi. L’Université du Texas, à Austin (plus de 50.000 étudiants), a été contrainte de supprimer l’interdiction du port d’armes de son règlement intérieur, au grand désespoir de son président, Gregory Fenves.

Cette situation est à mettre en regard des récentes déclarations du candidat à l’investiture républicaine Donald Trump au magazine Valeurs Actuelles: « Je possède en permanence une arme sur moi. Je peux vous dire que si j’avais été au Bataclan ou dans un des cafés, j’aurais tiré. Je serais mort peut-être, mais j’aurais dégainé ».

Vu de côté-ci de l’Atlantique, tout cela nous paraît surréaliste. Vu des États-Unis, le débat continue de faire rage entre les tenants de la liberté du port d’armes et les tenants de la réglementation, dont le Président Obama.

Pour conclure ce post, je vous invite à lire l’article publié sur le site de CNN à ce sujet… et à noter la publicité à droite de la page pour… la NRA (National Rifle Association).

Business is business!

Année césure: faire et défaire, c’est toujours travailler!

Publie par stephan-bourcieu le mai 15th, 2015 dans la categorie Apprentissage, Business Schools, Enseignement Supérieur Tags: , , , , , , ,  •  2 Commentaires

stageEn 2014, le législateur décidait d’encadrer la durée des stages en entreprises. La loi instaurait en particulier une durée maximale de 6 mois par année académique au sein d’une même entreprise.

Avec la mise en place de cette loi (dont les décrets se sont longtemps fait attendre), c’est le modèle même de l’année césure en entreprise qui a été remis en cause.

En effet, il n’était plus possible de réaliser une telle année césure en entreprise, en convention de stage, entre le M1 et le M2 du Master Grande Ecole à l’ESC Dijon-Bourgogne – comme dans la très grande majorité des Grandes Ecoles de management et d’ingénieur.

Pourtant cette année césure séduisait jusqu’alors l’ensemble des parties prenantes:

  • Les élèves. En effet, plus de 80% d’entre eux intégraient cette disposition dans leur cursus afin d’acquérir une expérience significative en entreprise mais aussi trouver une source de financement de leurs études.
  • Les entreprises. Elle leur permettait de recourir (sans doute avec un certain nombre d’abus, mais fallait-il jeter le bébé avec l’eau du bain?) à une main d’œuvre compétente et bon marché, mais aussi – et surtout – de résoudre l’équation paradoxale du marché du travail actuel: « recherche jeune diplômé avec une expérience professionnelle significative » .
  • Les professeurs. L’année césure donnait aux élèves une expérience professionnelle et une culture de l’entreprise significative avant qu’ils ne se spécialisent dans le cadre de leur M2. Pour les professeurs, le changement de public était radical et permettait de renforcer les interactions pédagogiques, les élèves ayant de réelles expériences professionnelles à partager avec leurs professeurs et leurs camarades.

Pour se conformer aux dispositions nouvelles de la loi, nous avons dû, comme la grande majorité des Grandes Ecoles de management et d’ingénieur, modifier nos cursus afin que chaque stage de six mois soit rattaché à une année académique.

Concrètement, cela s’est traduit par une réforme importante de l’articulation du cursus, avec des impacts significatifs sur les promotions d’élèves en cours de scolarité ainsi que sur l’organisation des enseignements.

Jusque-là rien d’exceptionnel dans un pays qui n’en est pas à sa première loi sur les stages (quatre textes différents en moins de 10 ans sur le sujet!).

Mais le 6 mai dernier, devant une assemblée d’étudiants et de jeunes professionnels réunis au CESE (Conseil Économique, Social et Environnemental), le Président de la République a annoncé la mise en place d’une… année césure qui suspend, sans le rompre, le cycle universitaire.

Nous voici revenus à la case départ, sauf qu’entretemps les cursus ayant été modifiés, il n’est plus possible de revenir en arrière pour les élèves en cours de formation. Que de temps perdu et que d’énergie dépensé à refondre les cursus pour rien…

Depuis juin 2014, le gouvernement s’est doté, en la personne de Thierry Mandon, d’un Secrétaire d’Etat à la Réforme de l’Etat et à la Simplification. J’avais espéré que son portefeuille viserait également à réduire l’instabilité législative et réglementaire. Cet exemple, comme les valses hésitations sur l’apprentissage (autre sujet de discorde!) montrent que ce n’est manifestement pas le cas.

Et pendant ce temps-là, la planète continue de tourner et les autres pays de faire progresser leurs dispositifs d’enseignement supérieur.

Hommage à Jacques Arlotto

Publie par stephan-bourcieu le avril 13th, 2015 dans la categorie Business Schools, Entrepreneuriat, Professeurs, Recherche Tags: ,  •  2 Commentaires

jarlotto_2Jacques Arlotto était professeur d’entrepreneuriat à Audencia Nantes et responsable de l’incubateur Symbiose. Il est décédé dans sa 51ème année le 8 avril dernier.

Homme de terrain, Jacques avait d’abord dirigé une pépinière d’entreprises en région parisienne avant de bifurquer vers l’enseignement. Intervenant apprécié à l’IUT d’Evry, il avait ensuite rejoint l’Institut National des Télécommunications d’Evry comme professeur permanent.

C’est là que nos chemins s’étaient croisés à partir de 2001. Nous avions organisé ensemble le Challenge Projets d’Entreprendre® destiné à sensibiliser à la création d’entreprises les élèves ingénieurs et managers de l’institut. Homme de réseau, il avait alors décroché le haut patronage de la Présidence du Sénat et organisé une mémorable cérémonie de remise des prix dans les salons de la Présidence.

Nous avions également contribué ensemble à la mise en place de l’incubateur d’entreprises de l’Institut. Cette expérience nous avait amené à réfléchir à la pédagogie par l’entrepreneuriat et à cosigner plusieurs communications académiques.

En 2008, Jacques avait rejoint Audencia Nantes avec la même envie de transmettre sa passion de l’entrepreneuriat. Il poursuivait également ses travaux académiques. Sa ténacité lui avait permis d’arriver au terme de sa thèse de doctorat, soutenue le 27 janvier 2012 à l’Université de Corse.

Tout au long de ces années, Jacques a fortement contribué à développer le champ de la pédagogie par l’entrepreneuriat au sein de notre communauté en s’impliquant au sein de l’Académie de l’Entrepreneuriat et de l’Innovation et en fondant le Réseau IES (Incubateurs de l’Enseignement Supérieur).

Il était mon ami. Repose en paix, Jacques.

Toutes mes condoléances à sa famille et à ses proches.

C’est le WEI!!!

Publie par stephan-bourcieu le octobre 7th, 2014 dans la categorie Business Schools, Enseignement Supérieur, Etudiants Tags: , , , , ,  •  3 Commentaires

WEI (640x427)C’est le marronnier de la rentrée des Grandes Écoles et de certaines composantes universitaires. Tous les ans lors des mois de septembre et d’octobre revient la question des weekends d’intégration ou WEI (prononcez «Ouaille»).

Risque de bizutage, consommation plus ou moins importante d’alcool, voire d’autres substances moins licites, problèmes de sécurité inhérents à la présence de centaines de jeunes sur un même site… Autant de raisons qui incitent à la plus grande prudence quant à l’organisation de tels événements.

D’autant plus qu’en cas d’incident, la presse trouve là un sujet à sensation, avec toutes les conséquences pour l’institution concernée que peut avoir une telle couverture médiatique.

Dès lors, faut-il interdire ces événements festifs qui réunissent le temps d’un weekend des centaines d’étudiants d’une même institution? En tant que directeur général d’une Grande École de management, je suis amené depuis plusieurs année à me poser la question. Je suis arrivé à la conclusion qu’il valait mieux organiser le WEI, cela pour deux raisons et, bien évidemment, sous certaines conditions.

La première raison est une «mauvaise» raison. Je suis convaincu qu’il vaut mieux que l’institution organise le WEI et s’assure au mieux des conditions d’organisation et de sécurité plutôt que d’en décréter l’interdiction et pratiquer la politique de l’autruche.

Car soyons lucides, si l’institution interdit aux étudiants l’organisation d’un tel weekend, il y a fort à parier que cela aboutira à l’organisation d’un WEI sauvage, sans aucun contrôle et avec un niveau de risque d’autant plus élevé.

Et dans tous les cas de figure, le moindre incident retombera sur l’institution quand bien même elle a pratiqué l’interdiction. Alors assumons, plutôt que de pratiquer le «je ne vois, rien, je ne sais rien, je n’entends rien».

La seconde raison est plus positive. Elle consiste à considérer que, bien encadré, un WEI peut être une réelle opportunité de créer un véritable «esprit de promo» entre les étudiants d’une institution.

Un tel événement permet de réunir des étudiants issus de différentes conditions et de différents horizons – bachelor et master ; français et internationaux ; prépas et admissions parallèles – et ainsi de faire tomber les barrières.

Cela ne peut se faire toutefois que dans le respect de conditions très strictes.

La première d’entre elles est une organisation rigoureuse. Elle repose en premier lieu sur l’équipe d’organisation. C’est près d’une trentaine d’étudiants qui organise ainsi le WEI de mon institution.

Pour ces étudiants, il s’agit d’un véritable projet entrepreneurial consistant à emmener plus de 650 de leurs camarades dans le sud de la France le temps d’un weekend. Recherche de financement, organisation des transports, logements, restauration, animations ou encore gestion de la sécurité sont autant d’éléments que les étudiants doivent appréhender et prendre en compte dans la gestion du projet.

Ils découvrent également (parfois avec effarement) les questions de responsabilités civile et pénale inhérentes à l’organisation de tels événements. Il est important que l’école soit également au soutien des étudiants tout au long de la phase d’organisation, que ce soit pour rappeler des règles élémentaires issus des expériences antérieures (ne jamais oublier que pour les étudiants, l’organisation du WEI est toujours une première) ou pour aider à solutionner les difficultés.

La deuxième condition concerne les conditions de sécurité. Dans ce domaine, il est hors de question de lésiner sur les moyens. Le dispositif mis en place cette année était particulièrement imposant avec la présence sur site d’un coordinateur sécurité (ancien policier de haut niveau, salarié d’une société spécialisée en gestion de crise), d’une trentaine d’étudiants organisateurs formés et équipés, de la Protection civile (médecin, secouristes), de sept vigiles pour sécuriser le site et enfin de plusieurs maitres nageurs pour toutes les activités d’eau.

Une équipe de l’École est en alerte durant tout le weekend, prête à intervenir en cas de sollicitation du coordinateur sécurité. Le site est bien évidemment homologué pour accueillir les étudiants dans les conditions de sécurité requises et a fait l’objet d’une visite préalable. Même le départ à Dijon fait l’objet d’une attention particulière, avec la présence de cadres de l’École et des forces de police afin d’éviter au maximum les nuisances, en particulier sonores, pour le voisinage.

La troisième condition concerne la gestion de l’alcool. Soyons lucides, nous sommes dans une société dans laquelle la consommation d’alcool est de plus en précoce et brutale (binge drinking) et cela se passe souvent bien avant l’entrée dans le supérieur. Là encore, le «remède» consistant à proscrire l’alcool est probablement pire que le mal.

Plutôt que l’interdiction, l’objectif est de maîtriser la consommation et les risques. Seuls les organisateurs peuvent amener de l’alcool sur le site. Les volumes sont préalablement définis avec l’équipe d’organisation et la consommation est régulée au moyen de système de bracelets. Mais le meilleur moyen de faire en sorte que la consommation d’alcool reste dans le domaine du raisonnable reste d’organiser suffisamment d’événements (en particulier sportifs) sur le site afin d’occuper les étudiants.

La maîtrise des risques inhérents à l’alcool implique également une sensibilisation forte. Cela passe par des conférences préalables organisées en partenariat avec les forces de police sur les questions liées aux addictions.

Cela passe également par un message très clair aux étudiants : «vous êtes des adultes, et de ce fait responsables de vos actes. Vous pouvez consommer de l’alcool (ce n’est pas illégal) mais restez dans les limites du raisonnable. Si vous dépassez les limites, vous devrez en assumer les conséquences. Vous êtes majeurs et informés que la consommation d’alcool est une circonstance aggravante devant la justice (et non pas une circonstance atténuante comme on le pense trop souvent)».

La quatrième condition concerne le rejet absolu de toute forme de bizutage. Des amphis de sensibilisation avec les étudiants (six amphis dédiés au WEI, réalisés conjointement par le Directeur du programme, la Responsable de département en charge du lien avec les associations étudiantes et moi-même) permettent de faire passer des messages très clairs en ce sens :

– le bizutage est interdit par la loi. Ce sont des pratiques dégradantes qui n’ont rien à faire dans une Grande École de management dont les enseignements visent, entre autres, à transmettre un certain nombre de valeurs de respect, d’ouverture ou encore de responsabilité.

– Le bizutage est proscrit par l’École. Tout acte de bizutage se traduira par la sanction disciplinaire maximale (exclusion définitive) et le signalement des faits au Procureur de la République.

– Pas d’omerta! Si des faits de bizutage sont avérés, l’École ne couvrira pas (afin de préserver son image) mais dénoncera les faits et en assumera pleinement les conséquences tant juridiques que médiatiques.

Il faut souligner que l’équipe d’organisation est particulièrement consciente des risques pénaux et disciplinaires inhérents au bizutage. Outre ces amphis d’information, tous les étudiants participant au WEI ont signé une charte qui les engage.

La préparation d’un WEI implique donc des relations étroites entre les étudiants organisateurs et l’administration de l’École, des actions de sensibilisation fortes, une définition claire des règles et, le cas échéant, des sanctions inhérentes à leur non respect. Elle passe aussi par une collaboration forte avec les forces de police en matière de prévention et dans ce domaine, je dois souligner que nous travaillons en très bonne intelligence avec la Police Nationale sur Dijon.

Cette année encore le WEI de mon École s’est très bien déroulé, dans un esprit festif et bon enfant. Les étudiants ont passé un excellent moment et aucun incident n’est à déplorer.

En attendant de remettre cela en 2015, un seul souhait: que les Grandes Écoles de management, les Grandes Écoles d’Ingénieurs et les Universités (ou leurs composantes concernées) se mettent autour de la table pour partager leurs points de vue sur les WEI et, le cas échéant, acceptent de partager en toute transparence leurs difficultés, expériences et bonnes pratiques.

Le débat est lancé. À bon entendeur…

Nota : tous mes remerciements à Alexandrine Bornier (Responsable du Département DAP), Christian Jouberton (Coordinateur sécurité), au Commandant Christophe Pauget, au Brigadier Jérôme Roger et aux équipes de la Police Nationale, à Alex Mathieu (Président du BDE) et à tous les élèves organisateurs du WEI 2014.

Quand les grandes Écoles de management chassent en meute à l’international

Publie par stephan-bourcieu le juillet 10th, 2014 dans la categorie Business Schools, Commerce Extérieur, International, PME, Stratégie Tags: , , , , , , , , , , ,  •  1 Commentaire

Billet co-écrit par Stéphan BOURCIEU, Directeur général du Groupe ESC Dijon-Bourgogne, Vice-Président de Passerelle ESC, et Jean-François FIORINA, Directeur de l’ESC Grenoble, Président de Passerelle ESC.

« Chasser en meute à l’export »

Combien de fois a-t-on entendu cette expression comme solution au déficit du commerce extérieur français ? De Pierre Lellouche à Arnaud Montebourg, en passant par Fleur Pellerin ou encore Pierre Gattaz, nos responsables politiques et économiques exhortent régulièrement les dirigeants de PME et de grands groupes à chasser en meute, comme savent si bien le faire les Allemands, les Américains et les Chinois.

Il est vrai que sur le papier une telle approche semble évidente. Pourtant, le fossé reste souvent très important de l’intention à la réalité du terrain :

  • Les grands groupes et les PME ont du mal à trouver des modes de coopération efficaces qui permettraient ainsi aux secondes de bénéficier de la puissance de négociation et de l’organisation des premiers.
  • Les dirigeants de PME ont souvent du mal à sortir des rivalités concurrentielles nationales, alors même que la coopération entre les entreprises (y compris concurrentes) est indispensable pour proposer une offre cohérente et avec la taille critique suffisante sur les marchés internationaux.
  • Et plus généralement, la culture française ne pousse pas à la coopération tant horizontale que verticale entre les entreprises, comme c’est le cas par exemple dans les districts industriels italiens. Les pôles de compétitivité ont certes amélioré ces pratiques, mais ils sont encore récents (moins de 10 ans) à l’échelle du changement culturel que cela représente.

Ces pratiques de chasse en meute se mettent néanmoins progressivement en place dans de nombreux secteurs. Dans ce domaine, les Grandes Ecoles de management, qui forment une partie des cadres et dirigeants des entreprises, se doivent de montrer l’exemple en s’inscrivant dans ce mouvement. C’est ainsi que depuis cinq ans, des Ecoles membres de l’Association Passerelle Grandes Ecoles, ont initié une telle pratique pour accroitre leurs recrutements d’étudiants internationaux.

Pendant longtemps, chacune des Ecoles du consortium PassWorld (ESC Dijon-Bourgogne, Grenoble Ecole de Management, EM Normandie, Novancia Business School Paris, EM Strasbourg Business School, Télécom EM) a assuré seule sa promotion et son recrutement à l’international, avec des résultats pas toujours très probants. Il faut dire que le monde de l’éducation au management est vaste, totalement atomisé (chaque jeune engagé dans des études supérieures étant un candidat en puissance), marqué par la prédominance des formations anglo-saxonnes (au premier rang desquelles les États-Unis, la Grande Bretagne ou l’Australie) sans compter les Québécois qui depuis fort longtemps et avec succès « chassent en bande » en France (et notamment dans les banlieues). Dès lors, les Ecoles prises individuellement n’ont ni la palette suffisante de programmes ni l’organisation et encore moins les ressources pour couvrir convenablement les différents marchés à l’international.

Après cinq années d’existence, le dispositif PassWorld a pleinement prouvé son efficacité. Les Ecoles membres, pourtant concurrentes sur le marché français, ont accepté de mutualiser des moyens (une équipe dédiée, des agents commerciaux implantés dans les différents pays, un budget communication, un concours) pour aborder les marchés internationaux dans de meilleures conditions possibles. Et cela marche ! Après un lancement timide, avec un nombre de candidats limité à quelques dizaines, ce sont désormais plusieurs centaines d’étudiants internationaux, essentiellement originaires d’Asie, d’Afrique et d’Europe qui rejoignent les différents programmes des Ecoles du consortium. Depuis la promotion jusqu’à la phase de sélection, les Ecoles sont clairement dans une logique mutualisée, « afin de mettre un maximum de candidats dans l’entonnoir ». Ce n’est qu’à l’issue de cette phase de sélection que chaque école va jouer sa carte pour convaincre les candidats sélectionnés de les rejoindre.

Au final, les moyens et les coûts sont mutualisés. Cela permet une présence commerciale plus forte sur les marchés. L’offre mutualisée offre aussi aux agents un panel plus important de spécialisations à présenter, ce qui renforce l’attractivité de l’offre de formation française. Et pour le candidat, ce dispositif garantit plus de transparence en matière d’information, un processus de sélection unique et l’assurance de rejoindre des Grandes Ecoles reconnues[1]. Chaque Ecole bénéficie très directement d’une attractivité plus forte, tout en conservant une totale indépendance : voilà une démonstration factuelle que la coopération peut être une approche alternative crédible aux fusions et à la constitution de grands ensembles, souvent mis en avant dans l’enseignement supérieur. L’expérience de la collaboration est également un facteur important puisque ces écoles ont l’habitude depuis de nombreuses années de travailler ensemble. La confiance est un élément clef.

L’économie de la connaissance est aujourd’hui un enjeu stratégique majeur à l’échelle mondiale. Dans ce contexte, la capacité des établissements français d’enseignement supérieur à chasser en meute à l’international est une condition sine qua none de l’attractivité de nos formations. Nos concurrents étrangers, qui disposent de moyens considérables, l’ont très bien compris. Ne perdons pas cette bataille. Ce serait dommage au vu de la place (importante) des écoles françaises dans les classements du Financial Times.

[1] Les six Ecoles membres du consortium PassWorld confèrent le Grade de Master du Ministère en charge de l’enseignement Supérieur. Quatre d’entre elles possèdent également une accréditation institutionnelle internationale (AACSB ou Equis), garante de la qualité et de la réputation de ces Business Schools à l’international.

Hommage à Eric Simon

Publie par stephan-bourcieu le novembre 27th, 2013 dans la categorie Business Schools, Management stratégique, Professeurs, Recherche, Stratégie Tags: , , ,  •  Pas de commentaires

Eric Simon est décédé la semaine dernière. Directeur de la recherche de l’ISC, il était un enseignant-chercheur réputé en management stratégique, auteur de nombreuses publications scientifiques.

Il était surtout un infatigable promoteur de la stratégie au sein de l’AIMS (Association Internationale de Management Stratégique) dont il a longtemps animé le site web au début des années 2000.

J’avais eu la chance de le côtoyer en 2005 dans le cadre des Comités Scientifiques et d’organisation de la 14ème conférence annuelle de l’AIMS qu’il avait accueilli à l’ESSCA d’Angers, puis dans le cadre de nos mandats respectifs au conseil d’administration de l’AIMS.

Enseignant-chercheur rigoureux, il n’en était pas moins un joyeux compagnon qui ne se prenait pas au sérieux dès lors qu’il faillait « animer » nos rencontres.

Repose en paix, Eric.

Son décès rappelle celui d’un autre grand Monsieur du management stratégique, Roland Calori, qui nous a quitté il y a onze ans déjà.

Où qu’ils soient désormais, nos deux amis n’ont pas fini de débattre de la nature des décisions stratégiques ou des stratégies de rupture.

Pourquoi faites-vous de la recherche, Monsieur le Directeur?

Publie par stephan-bourcieu le octobre 1st, 2013 dans la categorie Business Schools, Enseignement Supérieur, International, Management stratégique, Professeurs, Recherche Tags: , , , , , , , , ,  •  Pas de commentaires

SB_Recherche (800x690)Suite à la publication dans L’Expansion Management Review des résultats d’une recherche que j’ai menée avec Olivier Léon sur les MOOC (1) et la reprise de ses conclusions dans une dépêche AEF en date du 29 septembre 2013 (2), des journalistes m’ont interrogé sur les raisons qui me poussent, en tant que Directeur général d’une Grande Ecole de Management, à poursuivre mes activités de recherche en stratégie. Comme cette démarche a manifestement interpelé mes interlocuteurs, je vous propose d’en partager les principaux échanges.

La recherche est-elle une activité compatible avec un agenda de directeur?
A partir du moment où la problématique est liée aux enjeux managériaux de l’institution que l’on dirige, elle rentre de facto dans les responsabilités de son directeur et peut devenir un élément de l’agenda. Ainsi, plutôt que de seulement échanger sur les dangers liés aux MOOC ou sur les opportunités d’une fusion, il nous semble plus pertinent d’avoir une approche analytique, telle qu’on peut l’avoir dans les recherches en management. L’approche par une démarche de recherche permet de formaliser l’analyse et de l’organiser.
Après, tout est une question de priorité. La grande difficulté réside bien évidemment dans le fait que la recherche exige des plages de lecture, d’analyse et d’écriture longues. On peut difficilement travailler sur une recherche entre deux rendez-vous.

Quelles sont les motivations de cette démarche?
Elles sont de trois ordres.
La première est celle d’avoir une approche méthodique de problématiques en prise direct avec les enjeux de nos business schools: quitte à s’interroger sur les MOOC ou sur les fusions entre écoles, autant le faire en exploitant au mieux les concepts et les méthodes développés par la recherche en management.
La deuxième a trait au besoin de prise de hauteur sur des sujets de fond. On dit trop souvent que les dirigeants, pris dans le quotidien, manquent de capacité de recul. Le processus de recherche (formalisation de la problématique, collecte et analyse des données, mise en perspective conceptuelle, etc.) impose cette prise de recul et de sortir de l’urgence managériale. Cela permet d’analyser plus sereinement les situations.
Enfin, la dernière motivation est relative à la recherche de légitimité du dirigeant. Dans une Grande Ecole de Management, le fait de faire de la recherche et d’en publier les résultats est un élément de légitimité fort vis-à-vis du corps professoral. C’est également un élément de crédibilité vis-à-vis des élèves, surtout lorsque ces publications font l’objet d’une vulgarisation dans la presse grand public via des tribunes de presse.

Y a-t-il un intérêt personnel?
Évidemment oui et il serait ridicule de le nier. Je place cet intérêt au moins à deux niveaux.
D’une part, je réalise la plupart de mes travaux de recherche seul ou au plus avec un collègue. De ce fait, la publication d’un article est l’expression d’un travail personnel dont je porte seul (ou à deux comme dans le cas présent) le résultat. C’est très différent du travail au quotidien de directeur général, dont les résultats dépendent quasi exclusivement du travail des autres. C’est pour moi un moyen de m’évaluer, à tout le moins sur la dimension académique. C’est parfois aussi un moyen de me rassurer.
D’autre part, nous sommes dans une communauté très spécifique, la communauté académique. Tout comme le directeur de la publication d’un journal reste souvent un journaliste, je reste avant tout un enseignant-chercheur. Et je suis très attaché à ce qui fait le cœur de notre métier: la recherche et l’enseignement. C’est donc en toute logique que je continue à enseigner et à mener une activité de recherche, même si elle est réduite.

Êtes vous seul à développer une telle pratique?
Non, d’autres collègues d’écoles françaises continuent leurs activités de recherches, même si nous sommes vraisemblablement une petite minorité. Ce qui est peut être plus singulier, c’est de prendre l’environnement des grandes écoles de management comme objet de recherche.
A l’échelle internationale, c’est très différent selon les pays, les modèles de business schools et les profils des Deans. Par exemple aux États-Unis, on peut trouver des Deans de business schools avec des profils de dirigeants d’entreprise et donc très loin de la recherche en management.
A contrario, on peut également trouver des Deans très engagés en recherche, tels que Nitin Nohria, qui était une référence internationale en recherche avant de prendre la direction de la Harvard Business School. Il continue d’ailleurs de publier régulièrement, que ce soit des ouvrages ou des articles dans des revues prestigieuses.

(1) « Les MOOC, alliés ou concurrents des business schools? » Avec O. Léon. L’Expansion Management Review, juin 2013, n°149, pp. 14-24.
(2) « Les Moocs viennent conforter, plus que concurrencer, le business model des grandes écoles de management » , AEF, dépêche n°188048, 27 septembre 2013.

Le niveau de langue, un indicateur du degré d’ouverture internationale d’un pays

Publie par stephan-bourcieu le septembre 13th, 2013 dans la categorie Commerce Extérieur, Compétences, Enseignement Supérieur, International, Langues, Société Tags: , , , , , , , , , , , ,  •  5 Commentaires

Flag_UKAu moment où plusieurs universités françaises annoncent l’ouverture de diplômes Masters enseignés entièrement dans la langue de Shakespeare, suivant en cela les orientations de la Ministre de l’enseignement supérieur Geneviève Fioraso (Le Figaro, 13 mars 2013), il n’est pas inutile de rappeler que le niveau d’anglais des étudiants français reste un problème majeur de notre système d’enseignement.

Pour mémoire, les résultats d’une enquête menée en 2009 sur les bases du TOEFL (Test of English as a Foreign Language) placent les étudiants français au 69ème rang sur 109 pays en termes de maîtrise de l’anglais. Dans un récent article, Louis MBembe (MeltyCampus, mars 2013) expliquait ces piètres résultats par un système scolaire inadapté à l’enseignement des langues (enseignants insuffisamment formé, culture de la note entrainant des blocages etc.), le doublage systématique en français des émissions télé et des films ainsi que des difficultés avec l’expression orale.

Indifférence des entreprises françaises

Si ces causes sont bien réelles, elles n’expliquent pas tout. Les employeurs portent également une part de responsabilité, comme le démontrent les résultats de l’enquête Eurobaromètre (1). Cette enquête a passé au crible 7036 entreprises européennes de plus de cinquante salariés (dont 404 en France) sur la question des compétences requises et de l’employabilité des jeunes diplômés au niveau européen et ses résultats sont édifiants quant aux attentes des entreprises françaises.

Elle montre que seules 41% des entreprises françaises interrogées considèrent comme importantes ou très importantes la maîtrise d’une langue étrangère contre 61% pour la moyenne des entreprises européennes. La France apparaît ainsi au 30ème rang des 32 pays étudiés (!), précédant seulement l’Irlande (32%) et le Royaume Uni (22%), bons derniers de la classe pour des raisons que l’on comprend aisément!

En comparaison, 70% des entreprises allemandes accordent de l’importance à la maîtrise des langues par leurs futurs collaborateurs. Ce constat est d’autant plus inquiétant pour l’avenir qu’une minorité (21%) d’entreprises françaises voit dans les langues une compétence attendue dans les 5 à 10 ans à venir de la part des jeunes diplômés, contre 31% des entreprises à l’échelle européenne.

Les employeurs n’ayant pas suffisamment conscience de l’importance des langues dans leurs activités, ils ne sont pas exigeants vis-à-vis de leurs futurs collaborateurs: la pleine maîtrise des langues est de fait rarement un critère discriminant en matière de recrutement (2). En conséquence, les organismes de formation comme les étudiants font porter leurs efforts sur d’autres dimensions, plus recherchées des recruteurs: en dehors des formations linguistiques et des Grandes Écoles, combien de diplômes de Master exigent-ils un score minimum au TOEIC (ou tout autre test) comme condition de diplôme?

Corrélation avec les difficultés du commerce extérieur français

Ces mauvais résultats sont à rapprocher des difficultés du commerce extérieur français. Depuis plus d’une décennie, le commerce extérieur français a en effet plongé dans le rouge et n’a cessé de se dégrader:

– Avec un déficit de la balance commerciale française de 67 milliards d’euros, l’année 2012 n’a pas dérogé à la règle, même si le chiffre est au final moins mauvais que le triste record de 2011, année au cours de laquelle le déficit avait atteint 73,9 milliards d’euros.

– Autre indicateur alarmant, en dix ans, le nombre de PME françaises exportatrices a chuté de 15%, pour s’établir à 91000, quand dans le même temps, le nombre de PME exportatrices allemandes progressait de 33% pour s’établir à 247000.

Le problème des compétences linguistiques est bien évidemment loin d’être le seul facteur explicatif de ces mauvais résultats. Toutefois, il participe d’un état d’esprit général: la société française dans son ensemble n’a pas pris la mesure des enjeux de la mondialisation, à commencer par l’impérieuse nécessité de savoir travailler en langue anglaise.

Autant qu’un indicateur de la qualité du système d’enseignement des langues, le niveau de score moyen au TOEIC des étudiants d’un pays est sans doute un excellent indicateur de son degré d’ouverture internationale.

(1) « Employers’ perception of graduate employability« , Commission Européenne, Eurobaromètre, Novembre 2010

(2) En dehors des entreprises du SBF120, l’expérience montre que le score au TOEIC (ou autres tests linguistiques) est rarement demandé par les entreprises françaises lors des phases de recrutement.

Le talon d’Achille des MOOC

Publie par stephan-bourcieu le juin 14th, 2013 dans la categorie Business Schools, E-learning, Enseignement Supérieur, Réseaux Sociaux Tags: , , , ,  •  3 Commentaires

Lors de la Conférence annuelle de l’EFMD qui s’est tenue à Bruxelles du 9 au 11 juin 2013, la question des MOOC (Massive Open Online Courses) a été évoquée par de nombreux intervenants.

Il faut dire que, depuis leur apparition il y a seulement un an, ces dispositifs bousculent l’environnement de l’enseignement supérieur en management. Ils amènent les acteurs, et en particulier les Business Schools, à questionner leur modèle.

Face au bouleversement possible du modèle de l’enseignement supérieur, l’analyse de David A. Wilson lors de cette conférence était très attendue.

En qualité de Président et CEO du Graduate Management Admission Council (GMAC) (1) depuis 1995, il est particulièrement bien placé pour analyser la montée en puissance de ce modèle émergent, sa réception par les étudiants mais également pour comprendre les modalités d’évaluation liées à ces enseignements en ligne.

Pour David A. Wilson, c’est précisément sur ce dernier point que le bât blesse. S’ils ne délivrent pas (encore) de diplômes, les MOOC ont pour objectif l’acquisition de compétences, validées par des certificats. Or, la question de l’identification et de la traçabilité des participants n’est pas réglée par les systèmes actuels.

Autant dire que rien ne permet aujourd’hui de garantir avec certitude que le postulant à un emploi qui présente des certificats de cours soit bien celui qui a suivi le MOOC. Et dans ce domaine de l’identification, le Président de GMAC a une expérience incontestable: il fait réaliser chaque année plusieurs centaines de milliers de tests GMAT et doit systématiquement s’assurer de l’identité des candidats… avec toutes les difficultés que cela pose parfois, en particulier en Chine.

Un challenge intéressant pour les spécialistes de l’identification et de la sécurité en ligne.

(1) Organisme qui gère le GMAT, test de référence pour le recrutement d’étudiants en MBA et Masters internationaux.

Diffusons nos connaissances… enfin!

Publie par stephan-bourcieu le juin 12th, 2013 dans la categorie Business Schools, Communication, Enseignement Supérieur, Presse, Recherche, Société Tags: , , , , , , , , , , , , , ,  •  Pas de commentaires

Le retour des beaux jours est souvent porteur de bonnes nouvelles. Cette année ne dérogera pas à la règle. Et comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, ce sont deux signaux très positifs qui viennent d’être annoncés à propos de la diffusion de la recherche. Comme vous le savez, la diffusion de la recherche auprès de la société civile et la contribution des enseignants-chercheurs aux débats de société sont pour moi des enjeux majeurs, pour lesquels je milite depuis plusieurs années sur ce blog:

• « La recherche peut apporter des solutions à la crise économique »
• « Diffusons notre capital intellectuel »
• « Exprimez-vous! »

La première nouvelle est venue du front des Grandes Écoles de management, à l’occasion de la deuxième conférence de recherche sur l’enseignement supérieur organisée par l’EFMD (Fondation Européenne pour le Développement du Management), les 23 et 24 mai 2013, à l’université Paris-Dauphine. Cette organisation fédère les Business Schools au niveau international et joue un rôle central dans l’évolution de l’enseignement du management. Lors de cette conférence, Richard Staub (Directeur des services Corporate de l’EFMD, en charge des affaires européennes) a fait une intervention remarquée sur la place de la recherche en management dans la société:

« Or, lors des débats publics, dans la presse, à la télévision, nous entendons des économistes, des sociologues, mais jamais des spécialistes du management. Pourquoi n’y sommes-nous pas? N’avons-nous rien à dire sur la gestion des services publics? Sur les effets cachés de l’outsourcing? Et sur d’autres sujets encore qui concernent directement le management? »

Plus loin, Richard Straub invite l’auditoire à réfléchir à « qui est le client de la recherche en management, le public académique ou les entreprises? » , et suggère aussi de « trouver des critères nouveaux et plus pertinents au regard de la pratique que les seules « citations » pour juger la production de recherche » (1).

Quelle évolution de la part d’une institution qui, jusqu’à présent, considérait avant tout la recherche en management au travers de sa production scientifique (peer review journals mais aussi case studies, dans une démarche de lien entre recherche et entreprises)! Il ne s’agit évidemment pas de nier l’importance de ces productions scientifiques, bien au contraire. Simplement, la diffusion de la connaissance issue de la recherche en management ne saurait se limiter aux seules revues scientifiques et études de cas. La place grandissante des entreprises dans la société doit en effet amener les chercheurs à diffuser leurs connaissances, analyses, résultats auprès de la Société et à s’inscrire dans le débat public.

L’autre bonne nouvelle est venue des plus grandes institutions françaises d’enseignement supérieur: Sciences po, l’École polytechnique, l’ENS Cachan, HEC Paris et l’UPMC.

Comme le souligne Olivier Monod (2), ces institutions prestigieuses viennent en effet de « s’associer avec Le Huffington Post pour une opération de promotion de la recherche intitulée « Têtes Chercheuses » . Le concept est simple : il s’agit de permettre à des étudiants et des chercheurs de publier un article de vulgarisation sur le thème de leur recherche. La tribune devra être liée à un travail de recherche disponible en ligne » . « L’opération a vocation désormais à être ouverte à toute université, grande école ou institution de recherche qui hébergerait des projets de recherche innovants et souhaiterait les faire connaître » , précise Le Huffington Post. « Tête Chercheuses » est une plateforme d’expression pour les chercheurs mais aussi pour les étudiants en deuxième ou troisième cycle universitaire, toutes disciplines confondues. »

Je me réjouis de ce signal donné par les institutions les plus prestigieuses de l’enseignement supérieur français. Les travaux des chercheurs issus de ces institutions peuvent en effet éclairer la Société, que ce soit dans ses dimensions économiques, sociales, culturelles, scientifiques, technologiques, etc. Leur contribution au débat public, par la vulgarisation de leurs recherches dans le cadre de tribunes publiées dans Le Huffington Post est un levier majeur pour la Société.

Je me réjouis également de cette orientation qui conforte les choix que nous avons faits il y a maintenant trois ans à l’ESC Dijon-Bourgogne d’inciter nos enseignants-chercheurs à diffuser leurs travaux de recherche dans le cadre de tribunes de presse dans Le Huffington Post, Le Monde, Les Echos ou encore Le Figaro. En 2013, nous allons fêter la 100ème tribune publiée par les enseignants-chercheurs de notre École: autant d’occasion de participer au débat public et de contribuer aux réflexions sur la place du management dans la Société.

C’est bien là un rôle essentiel que doivent jouer nos institutions au service de la Société. Soyons en convaincus.

(1) AEF (2013), « L’EFMD se penche sur l’impact à long terme des business schools sur la société », n°183245, 28 mai 2013.
(2) Olivier Monod (2013), « Un nouveau média pour parler de la recherche », Educpros.fr, 10 juin 2013.