10 ans d’École, 10 ans déjà! – Insolites, drôles, tristes… 10 anecdotes qui ont marqué ces 10 ans de direction

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1. L’élève qui avait usurpé mon identité

Afin de procéder à une vérification de sa thèse professionnelle, largement plagiée, un élève du Master Grande Ecole avait usurpé mon identité (fausse adresse mail, faux mail, fausse signature) auprès d’une collègue. Son objectif était d’obtenir les codes de Compilatio (logiciel anti-plagiat) pour s’assurer que son document passerait les tests de sécurité. Démasqué par la collègue en question qui s’étonnait que je la tutoie dans un mail, il n’a finalement validé ni sa thèse ni son diplôme après avoir été exclu. Un beau gâchis.

2. Histoire de films

À la suite d’un concours 2012 calamiteux, L’École a totalement repensé son organisation des concours. Pour faire de l’accueil des candidats admissibles un véritable événement, la décision est prise de le structurer autour d’une histoire et de la transcrire dans un film fil rouge. C’est la naissance de Golden Quest, véritable quête de deux candidats en route pour l’ESC Dijon. À la croisée du Seigneur des Anneaux et du road movie à l’américaine, ce film va faire un carton sur Youtube (144.000 vues) et donner un nouvel élan à l’accueil des admissibles. Après deux années de recrutement difficile, notre École renoue ainsi avec le succès. Et la saga des films admissibles ESC Dijon est lancée. L’année suivante, c’est Archiduck ou la success story à l’américaine d’un diplômé de l’École qui fait le buzz (125.000 vues)… et les résultats au concours suivent également. En 2015, le désormais mythique Hakademy (187.000 vues) accompagne les admissibles au rythme du Haka. Et en 2016, ce sont les élèves de la Team Admissibles qui chantent dans Business Calling (206.000 vues), avec des résultats au concours remarquables (4 places gagnées en 4 ans au SIGEM).

3. Créateur d’avenir depuis 110 ans !

C’est par ce slogan que nous avions lancé la campagne de célébration des 110 ans de l’École (créée en 1900). Cette campagne était importante car L’École n’avait pas célébré son centenaire dix ans plus tôt, empêtrée alors dans des problèmes de gouvernance. Aussi, nous avions mis les petits plats dans les grands. Le principal événement était la cérémonie de remise des diplômes, organisée pour la première fois au Zénith de Dijon, avec plus de 3.000 invités dont nos partenaires internationaux, institutionnels et entreprises. Pour le lancement de cette cérémonie, je devais traverser l’avant-scène sous une poursuite, au rythme d’une musique grandiose… sauf que la musique ne s’est jamais lancée et que j’ai traversé toute l’avant-scène avec la salle plongée dans le noir, seulement éclairé par la poursuite et dans un silence de cathédrale. Autant dire qu’arrivé sur scène face au micro, j’ai ressenti le plus grand moment de solitude de mon existence. Le reste de la cérémonie a heureusement été une formidable réussite.

4. Le Directeur académique dont les diplômes étaient des faux

C’est l’histoire d’un Directeur académique, patron du corps professoral, qui n’avait aucun des diplômes universitaires dont il se prévalait. Le code du travail et la jurisprudence indiquent qu’à partir du moment où une personne a démontré sa compétence, le fait qu’elle ne possède pas les diplômes exigés lors du recrutement ne peut pas constituer une motivation suffisante pour un licenciement si l’entreprise n’a pas procédé au moment de l’embauche à la vérification des diplômes. Sauf que l’Ecole avait effectivement demandé au moment du recrutement des copies des diplômes et que le Directeur en question avait produit des faux. Le faux et usage de faux étant constitutif d’une faute grave, le Directeur en question a finalement été amené à quitter son poste et l’Ecole.

5. France-Angleterre, le match

A l’époque, l’ESC Dijon avait développé une alliance stratégique globale avec la Business School d’Oxford Brookes University. Cette alliance portait sur la création de programmes joints, d’actions de recherche et d’enseignements croisés ou encore de rapprochement en matière de gouvernance. Pour donner également à cette alliance une dimension symbolique, les deux Deans avaient décidé d’organiser un match de rugby annuel entre les équipes d’élèves des deux écoles. Pour la première édition, l’équipe de l’ESC Dijon s’est donc rendue à Oxford pour disputer ce crunch un peu spécial. Mais dès que l’on parle de rugby, la perfide Albion n’est jamais très loin. Plutôt que de présenter les élèves de la Business School, les anglais ont donc aligné une équipe composée d’élèves issus de toutes les composantes de l’Université à commencer par l’équivalent des filières STAPS. Autant dire que nos élèves rendaient en moyenne 15 bons centimètres et autant de kilos à leurs adversaires. Face à une telle adversité, nos élèves ont laissé les anglais tirer les premiers, ce qu’ils ont fait pendant 80 minutes ! Pour un score final de… 53 à 0. L’année suivante, les anglais ont malheureusement décliné la revanche. La peur sans doute !

6. Les élèves chinois bien entreprenants…

Pour accueillir nos nouveaux élèves chinois dans de bonnes conditions, nous avions pris durant l’été 2012 deux stagiaires chinois, également élèves de L’École. Leur mission était de préparer l’arrivée des nouveaux élèves en les renseignant, entre autres, sur les trains Paris-Dijon et sur les possibilités de logement offertes, en particulier par nos partenaires. Quelle n’a pas été notre surprise de découvrir que les deux stagiaires en question avaient profité de leur stage pour créer un véritable business de services pour ces nouveaux élèves. A priori rien d’illégal jusque là (même si cette démarche était contestable en termes éthiques)… sauf qu’ils présentaient leurs prestations comme obligatoires car faites au nom de L’École : véhicule de transport payant entre Roissy et Dijon (en expliquant aux nouveaux élèves que le TGV est mal fréquenté et les vols nombreux) et « résidence » proche de L’École à des prix défiant toute concurrence en contrepartie de frais d’agence fictifs qu’ils empochaient. Autant dire que leur parcours à L’École a connu un coup d’arrêt.

MajPrep7. Le meilleur accueil admissibles 2015 et 2016

En 2015, le site Major-Prépa.com, créé par des élèves de Grandes Ecoles de management, a lancé le classement des meilleurs oraux. Dans la tradition de l’accueil Made in ESC Dijon, la Team Admissibles ESC Dijon 2015 a remporté le titre de meilleurs oraux de France devant Toulouse BS et EM Lyon. En 2016, la Team Admissibles a réussi l’exploit de conserver son titre devant l’ESC Pau et l’EM Lyon. Ces résultats démontrent l’excellence de la Team Admissibles ESC Dijon. Ils montrent aussi la cohérence entre le discours et les faits au sein de notre École. Nous nous différencions par la qualité de notre accompagnement… et cela commence dès l’accueil des oraux du concours.

8. L’apprenti djihadiste

Il s’appelait Jordan* et était en deuxième année du Master Grande Ecole. Depuis la rentrée 2013, il n’avait pas fait acte de présence à l’école ni répondu aux sollicitations. Il n’avait pas non plus acquitté les droits de scolarité de deuxième année. Quand les services de la DCRI nous ont informé qu’il était très probablement parti faire le djihad en Syrie, nous avons compris. Depuis, plus aucune nouvelle. Peut-être devrions-nous envoyer en Syrie un huissier de justice pour faire procéder au règlement de ses droits de scolarité ?

9. We are AACSB accredited !

L’accréditation AACSB est une démarche longue qui prend selon les écoles entre 4 et 6 ans… quand elle aboutit favorablement. Démarrée en 2009, notre processus d’accréditation AACSB s’est terminé en avril 2014 avec l’audit d’accréditation puis dans la foulée la décision positive du Board d’accréditation. Mais plus encore que l’annonce de l’accréditation, qui était attendue, c’est la célébration surprise organisée par toute l’équipe de L’École qui restera à jamais gravé dans ma mémoire. Espérons que dans les années qui viennent nous ayons d’autres surprises de la sorte !

10. « On passe en Association Loi 1901 »

BSB a longtemps été une École consulaire rattachée à la CCI Côte d’Or. Entre 2006 et 2012, elle a progressivement gagné la confiance de sa tutelle et acquis une autonomie de fonctionnement de fait. Pour autant, il n’avait jamais été formellement question d’autonomie juridique. En tous cas pas jusqu’au 22 octobre 2012. Ce jour là, alors même que la question était évoquée dans une perspective de long terme, le Président de la CCI a pris la décision de création d’une association Loi 1901 afin de donner une autonomie juridique à L’École. Et de vouloir la création de cette association pour le 1er janvier pour des raisons de calendrier consulaire. Compte-tenu des démarches complexes qu’imposent un tel passage au statut associatif, je me souviens encore de ma réaction: « Président, on parle bien du 1er janvier 2014 ? ». Et le Président de me répondre : « Non, on parle du 1er janvier 2013 ». C’est parce qu’il ne savait pas que c’était impossible que nous l’avons fait… au terme des deux mois les plus intenses que j’ai connu à l’École. Avec le recul, je ne regrette absolument pas cette décision qui a donné à L’École les clés de son destin.

Pour finir ma série de chroniques « 10 ans d’École, 10 ans déjà! », mon prochain post dressera un ABC des Grandes Ecoles de management.

* Le prénom a été changé.

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Article du on Mardi, novembre 1st, 2016 at 1:48 dans la rubrique Business Schools, Directeurs. Pour suivre les flux RSS de cet article : RSS 2.0 feed. Vous pouvez laisser un commentaire , ou un trackback sur votre propre site.

4 commentaires “10 ans d’École, 10 ans déjà! – Insolites, drôles, tristes… 10 anecdotes qui ont marqué ces 10 ans de direction”

  1. Nicolas dit:

    Merci pour ce partage, c’est incroyable de voir jusqu’où certains prêts à aller …

    Il y a une autre anecdote peu reluisante aussi lors d’un WEI de 2006… ce qui y étaient se souviendront…

    Enfin en 2005-2006 il y avait eu beaucoup d’effets d’annonce sur le fait qu’il y avait de très grandes chances que l’école obtienne l’accréditation EQUIS, ce n’était plus qu’une formalité. Et résultat : l’école n’a même pas été éligible pour passer l’audit… la douche froide.

    Enfin que dire de l’école et ses années PB, lorsqu’avant existait un bar/boite sous l’école … géré au total autonomie par le BDE ! De très bons souvenirs.

  2. Marine Nicolas dit:

    Il n’y a pas de quoi être fier et publier ces annecdotes… Des professeurs non qulifiés, un élève djihadiste dont on se soucie plus des impayés que de sa vie. Cela reflète bien l’image négative qu’ont les gens des écoles de commerce et la fierté que je n’ai que rarement tirée de ce diplôme.

  3. BOURCIEU dit:

    @Marine Nicolas.
    C’est votre opinion et je la respecte. Permettez-moi toutefois de corriger certaines erreurs dans vos propos.
    1. Il ne s’agit pas « des professeurs non qualifiés », mais d’une personne non qualifiée (en l’occurrence le directeur académique de l’époque). Et le fait est que dès que nous avons eu connaissance de ces faits, nous nous sommes séparés de cette personne qui a également sévi dans d’autres institutions publiques et privées. Aucune institution n’est à l’abri de personnes malhonnêtes, et cela ne touche pas seulement l’enseignement supérieur. Le plus important est d’en tirer les conséquences et d’avoir le courage de se séparer d’une telle personne, ce que nous avons fait.
    2. Concernant « l’élève djihadiste dont on se souci plus des impayés que de sa vie », la phrase relative à l’huissier et aux droits de scolarité était de l’humour. Sans doute de mauvais goût je vous l’accorde, mais de l’humour. Croyez vous franchement que lorsqu’un élève disparaît les droits de scolarité soient la priorité ? Suite à sa disparition, nous avons tout fait pour le retrouver car nous étions effectivement très inquiets pour sa vie, jusqu’au moment où les autorités nous ont informé qu’il était en Syrie. A aucun moment les impayés n’ont été le problème. C’est bien la disparition inquiétante de l’élève qui était notre souci principal.
    Quand à l’image des écoles de commerce, c’est votre opinion et je la respecte à défaut de la partager. Et je ne peux que vous inciter dans ce cas à ne pas suivre mon blog.

  4. BOURCIEU dit:

    @Nicolas. Je ne peux que partager avec vous la douloureuse expérience Equis de l’époque. Etant arrivé en septembre 2006, j’ai vécu en direct à la fin du processus de (non) éligibilté. L’Ecole était très loin des standards Equis à cette époque et elle ne pouvait pas être accrédité. A la suite de cet échec, il a fallu reconstruire l’Ecole (qui a perdu une subvention importante des collectivités) et un projet stratégique auquel nous nous attelons depuis 10 ans. Et pour information nous avons obtenu l’éligibilité Equis (à laquelle nous avions échoué en 2006) au cours de l’année 2015.

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