Enseigner c’est cultiver

Voici un court billet aux parfums de vacances.

Je passe quelques jours de vacances en famille, au calme dans l’Aveyron, dans un gite rural situé dans une exploitation agricole. Chaque matin, avant que le reste de la maison s’éveille, je travaille une heure ou deux. En réalité, ce travail consiste à relever les mails, répondre aux étudiants, etc… Il s’agit donc de courtes interventions, souvent en réaction aux sollicitations provenant des espaces de travail numériques dans lesquels j’interviens professionnellement.

Comme il fait beau, je fais cela sur la terrasse du gite qui domine une colline, et une petite vallée.  Pendant ces séances de travail matinales, j’aperçois l’activité autour de moi. Des hommes, des femmes, des tracteurs s’affairent dans les prés et les champs alentours.article04

En les observant, chaque matin, je me suis aperçu qu’il y avait de grandes similitudesentre nos métiers a priori si différents. La nature ne s’arrête jamais. Le soleil et la chaleur assèchent les cultures et les pâturages, nécessitant de mettre en place un arrosage et d’amener du foin aux bêtes. Les plantes poussent et l’agriculteur surveille quotidiennement l’évolution afin de décider quand moissonner. Et mille autres choses de ce type. Ainsi la vie professionnelle de l’agriculteur est rythmée par des routines et la mise en œuvre d’un savoir-faire solide déterminé par un environnement en perpétuelle évolution. Il s’agit de surveiller, de regarder si cela se passe comme prévu, de réagir le cas échéant par une intervention adaptée. Toutes ces décisions ou interventions se basent sur des indicateurs : l’aspect d’une plante, la température, les prévisions météo,…

Pour nous, responsables de dispositif en ligne, formateurs, tuteurs, c’est un peu la même chose. Ce qui est important c’est l’apprenant. On souhaite qu’il développe des compétences et on organise l’écosystème autour de lui pour que cela se produise. On a conçu les espaces d’apprentissages et les activités, on doit maintenant animer le dispositif. Et comme ces espaces sont au moins en partie numériques, cela ne s’arrête jamais. Il faut donc comme l’agriculteur, surveiller l’avancement, détecter les signaux faibles, intervenir le cas échéant ou au contraire laisser faire, relancer, arroser, alimenter. On se met alors à développer des routines à la lumière à la lumière de son expérience. On utilise également des indicateurs quantitatifs et qualitatifs : le taux de participation à un forum, les résultats d’un test, la qualité des échanges dans un débat,… On doit donc organiser sa vie professionnelle en fonction de cette nouvelle donne avec tout ce que cela comporte de changement en matière de gestion de son temps et de ses espaces de travail (1).

J’aime assez l’idée que nos pratiques professionnelles quotidiennes se rapprocheraient. Après tout cultiver, élever, développer, ne sont-ils pas des mots qui sont essentiels dans nos vocabulaires professionnels respectifs.

Bonnes vacances à tous.

 

(1) Vous pouvez consulter utilement les travaux de Jean Paul Moiraud sur ce sujet.

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