Santé, enseignement supérieur même combat ?

Deux informations sont venus curieusement se télescoper ce matin lorsque je prenais mon café. Je lisais sur mon smartphone des commentaires sur la réforme de l’enseignement supérieur, tout en écoutant la radio ou Martin Hirsch était interviewé à propos de l’amélioration du fonctionnement de l’hôpital. Les deux contextes et les propositions avancées me sont apparues assez proches.

Deux affirmations ont retenu mon attention :

En premier lieu, si on veut améliorer le service il faut améliorer la prise en charge du bénéficiaire, avant et après ce que l’on considère comme étant son domaine d’intervention. Pour l’hôpital c’est le soin apporté à l’entrée à l’hôpital. Bien connaître le patient. Avoir des informations fiables. Faire attention au bien être du patient en ne l’hospitalisant pas trop tôt. Favoriser le retour au foyer avec une prise en charge locale… Pour l’université c’est travailler sur l’orientation, les pré-requis pour favoriser la réussite des étudiants. Mais c’est aussi accompagner les étudiants vers l’emploi à la sortie de l’Université…

Ce qui est frappant, c’est qu’il s’agit dans les deux cas d’un changement de point de vue. Il est nécessaire de se mettre au niveau du bénéficiaire plutôt que du producteur du service. L’autre point remarquable est qu’il faut impliquer de nombreux acteurs pour réussir ce pari. Les acteurs qui se trouvent avant et après nous dans la chaîne de valeur. Pour l’hôpital ce sont d’autres professionnels de santé en dehors de l’hôpital, mais aussi d’autres professions comme par exemple les hôteliers. Martin Hirsch propose en effet de faire prendre en charge les nuit de pré-hospitalisation en hôtel pour diminuer le coût de prise en charge lorsque c’est possible. Les financeurs doivent aussi être impliqués car la nature des dépenses peut être différente de l’habitude. Pour les Universités cela veut dire travailler de concert avec le second degré, mais aussi avec les professionnels de l’insertion professionnelle et de l’emploi. C’est donc voir plus large pour améliorer le service rendu à l’utilisateur.

C’est un sujet qui est également d’actualité dans le cadre de la formation professionnelle, notamment dans les entreprises. Comment améliorer l’expérience de l’apprenant pour rendre son apprentissage plus performant ? C’est la question que se pose les responsable de formation. POur cela il faut partir du besoin du collaborateur. Aussi voit-on fleurir les outils du design thinking, les méthodes agiles,… dans les processus de conception des dispositifs de formation.

La seconde affirmation qui a retenu mon attention, c’est l’importance du système d’information dans le processus de réforme. Le numérique joue un rôle central dans la réussite de ces opérations. Améliorer la connaissance des patients ou des étudiants par la constitution, et surtout la communication, d’un dossier contenant des informations pertinentes pour une meilleure prise en charge est indispensable. Mais au delà, une gestion plus transparente de l’information pour responsabiliser les acteurs et notamment les bénéficiaires dans la maîtrise de leur parcours de santé ou de formation permet d’améliorer encore le service.

En conclusion de ce billet matinal, je livrerai deux réflexions personnelles.

Je ne connais pas le monde de la santé et je ne saurais dire si les propositions de Martin Hirsch sont pertinentes ou non. Mais je suis frappé par la similitude d’approche que l’on observe dans des mondes aussi différents que la santé, l’éducation, la formation professionnelle. La solution semble résider dans l’amélioration de la prise en charge du bénéficiaire de façon plus globale. Cela implique plus de numérique. Pas pour isoler le bénéficiaire en le laissant seul face à un service automatisé, mais au contraire, pour enrichir le service que des professionnels spécialisés vont pouvoir lui apporter en fonction de son besoin réel. Juste au bon moment, juste à la bonne personne, juste au bon endroit. Former c’est prendre en charge une personne.

Dans le monde de l’éducation ou de la formation je vois beaucoup de projets de digitalisation de la formation qui se focalisent sur les contenus et les experts. On voit au travers des exemples précédents que si on veut accroître la valeur du service rendu il faut se focaliser sur l’expérience utilisateur. Cette expérience est composée d’un ensemble vaste d’éléments dont les contenus de formation, les professeurs et formateurs ne sont qu’une partie. Il faut bien sûr des professeurs et des contenus. Mais ils sont déjà là, et ils font le job. On peut bien entendu chercher à améliorer leurs pratiques, et il faut le faire. Mais L’accroissement de valeur est plus à rechercher sur les autres composantes du service. Former ce n’est pas que transmettre, former c’est prendre en charge pour rendre plus autonome.

Le vrai défi est là me semble-t-il.

 

Leave a Comment

Filed under Non classé

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>