Internet et l E-Learning : etre visible ou mourir !

A l’heure d’Itunes University ou de Google Scolar il est primordial d’être présent sur Internet si l’on veut exister. Or nous faisons le cruel constat que l’E-Learning français est très peu présent sur le web mondial. Selon le classement du site WebOmetrics la première Université française se situe à la 129ème place (Université Pierre et Marie Curie). Pour les Universités françaises le classement est encore plus mauvais que celui de Shanghai.

Or pour exister sur Internet il nécessaire d’être référencé et accessible.

Un bon référencement repose sur l’indexation des ressources, ce qui revient à renseigner correctement les productions en E-Learning et les briques les composant. Pour cela il faut décrire convenablement la ressource sous des standards bien connus des professionnels du E-Learning : LOM (Learning Object Metadata) et ses dérivés. L’Union Européenne et la France travaillent activement au perfectionnement de ces standards. Il existe aujourd’hui un standard relativement puissant et pérenne, le Sup LOM Fr. D’autres technologies complémentaires tendent à créer des entrepôts de données dans l’optique de les archiver et de les multi diffuser sur les Environnements Numériques de Travail (telle ressource sera consultable uniquement sur une plate-forme pédagogique mais sera référencé sur le site Internet de l’établissement, une autre sera accessible par la plate-forme et le site, etc…). Cette technologie repose sur protocole OAI-PMH.

La mise en oeuvre du standard de description des ressources ne nécessite pas d’importants moyens humains ou techniques à la différence des entrepôts de données numériques.

Quel qu’en soit la simplicité de mise en œuvre, ces deux dispositifs ne sont pas aujourd’hui utilisés massivement par les établissements d’enseignement supérieur. Autant dire que nous disposons d’outils performants dans le monde de l’enseignement supérieur mais nous ne les utilisons pas.

L’accessibilité aux ressources repose en grande partie sur la volonté des enseignants et des responsables d’établissement à ouvrir massivement l’accès aux ressources pédagogiques. Comparativement aux Universités américaines les Universités françaises sont très timides en la matière. A titre d’exemple, depuis plusieurs années le MIT donne accès à tout Internaute aux ressources pédagogiques de leurs enseignants. Il est vrai que le régime juridique du Copyright est quelque peu différent de celui du droit d’auteur (schématiquement les ressources produites par les enseignants américains appartiennent aux Universités). Néanmoins les Universités américaines ont compris que pour assurer leur présence sur Internet elles devaient donner accès aux ressources E-Learning de leurs enseignants. Sont-elles perdantes pour autant ? Bien loin s’en faut. En effet elles assurent ainsi leur prédominance sur l’E-Learning au niveau mondial, et finalement, la valeur ajoutée du E-Learning réside moins dans l’accès aux ressources que dans le suivi pédagogique prodigué par les enseignants. Elles attirent ainsi massivement les étudiants vers leurs formations (en présentiel ou à distance).

Il n’existe pas de recette miracle pour rattraper ce retard qui se creuse de jour en jour, néanmoins il devient urgent d’adopter des mesures énergiques :

  • Généraliser le référencement et l’accessibilité des ressources produites par les établissements d’enseignement supérieur ;
  • Mettre à disposition des outils de référencement communs aux UNT et aux Universités (pour les UNT leur responsable et le Ministère travaillent déjà de concert) ;
  • Inciter les enseignants à mettre en libre accès leurs ressources.

Nous avons bien conscience que ce dernier point suscitera le plus de réticences, toutefois l’adoption d’une politique de rémunération pour les activités d’E-Learning au sein de tous les établissements inciterait les enseignants à ouvrir l’accès à leurs ressources . En outre, diffuser largement les ressources des enseignants participe également à la valorisation de leur travail et au rayonnement scientifique de nos établissements.

La situation est urgente et des politiques ambitieuses doivent être adoptées, à défaut l’E-Learning universitaire français risque de tomber dans le Web abyssal voire invisible.

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This entry was posted on vendredi, novembre 27th, 2009 at 12:23 and is filed under Non classé. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. You can leave a response, or trackback from your own site.

4 Responses to “Internet et l E-Learning : etre visible ou mourir !”

  1. Rachel Says:

    « Pour vivre heureux, vivons cachés ». Tel semble être l’adage des universitaires. Il faut dire qu’ils sont bien aidés par parcellisation de notre enseignement supérieur et la fragmentation de nos universités.

    A propos du « Ranking Web of World Universities » de Webometrics, le lecteur curieux pourra aller sur le lien suivant :
    http://rachelgliese.wordpress.com/2009/09/25/ranking-web-of-world-universities/

  2. Jean-Marie Gilliot Says:

    Si je suis d’accord avec le fait qu’il faut trouver des facteurs d’incitation (et pas que financier) pour amener les collègues à rendre visible leurs productions sur le web, et cela dans un esprit de mutualisation, j’ai peur que les standards de référencement ne soient un frein à cette diffusion : l’un des facteurs de développement principal du web 2.0 est sa simplicité. D’ailleurs pas besoin de remplir un formulaire compliqué pour qu’un article sur wikipedia soit référencé.

    Proposons déjà des modalités qui font que les enseignants soient motivés pour mettre à disposition des contenus : pour développer un appentissage social, pour être lu, pour échanger, pour permettre aux élèves de mieux participer en cours ….
    Intégrons l’initiative Open Course Ware du MIT ou démarrons au niveau français (francophone?) une vraie initiative équivalente.

    Ensuite ou en parallèle, mettons des outils simples, permettant que le référencement s’opère de manière sociale (outils de recherche, des bookmarks partagés pour l’enseignement supérieur, index, wikis ….) et faisons le entre établissements, par exemple via un observatoire commun indépendant.

    Mais décidément, je ne crois pas que l’on puisse espérer faire démarre des enseignants en leur demandant en préalable de remplir eux-mêmes des outils de référencement, même en les payant.

    Réservons plutôt l’incitation financière au suivi pédagogique, éventuellement à la construction de ressources, avec un bonus lorsque le partage et la réutilisation sont prévus.

    PS : merci à Rachel pour sa courte et claire explication sur Webometrics.

  3. ybergheaud Says:

    @ Rachel
    Oui mais nous avons bien tous des PRES maintenant, coordonner des actions d’indexation et de valorisation (non financière) pourrait être une de leurs missions, non ?

  4. ybergheaud Says:

    @ Jean-Marie Gilliot
    Le dispositif OCW du MIT repose sur une structuration bien précise des ressources. L’indexation permet la structuration de la ressource pédagogique et un bon référencement. Indexation et accessibilité des ressources sont, à mon sens, indissociables.
    Effectivement, vous avez raison on ne peut demander aux enseignant de remplir les dizaines de champs d’une indexation de type Lom (et ses dérivés). C’est pourquoi je pense qu’il s’agit d’un projet d’établissement qui doit associer les documentalistes. On ne peut demander aux enseignants de maîtriser par exemple la codification Dewey,…
    Les documentalistes sont assez disponibles pour ce type de projet.
    Quant à l’incitation financière je suis assez d’accord avec vous concernant la ventilation d’une possible rémunération : production, suivi et diffusion

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