Les MOOCs : il faut s’y engager !

engagementLes MOOC sont un phénomène que l’Enseignement, et pas seulement Supérieur, ne peut plus ignorer. Dans quelques années ils se présenteront sous des formes variées, le nom même sera oublié et sera remplacé par un florilège d’acronymes qui correspondront à des usages divers, support de pédagogies adaptées aux publics et aux matières à enseigner. Le plus important est que, dans la forme que nous connaissons aujourd’hui, ils auront introduit l’impulsion qui était nécessaire pour innover. Ils n’auront pas remplacé l’apprentissage traditionnel en face à face mais le compléteront.

Les MOOC sont beaucoup plus une révolution sociale que technologique. Les plateformes d’enseignement, disponibles depuis le début des années 2000, permettaient déjà d’organiser un enseignement en autonomie, pour un nombre limité d’étudiants, mais seuls quelques enthousiastes en ont vraiment exploité le potentiel. Le phénomène MOOC ne permet plus d’ignorer cette approche. Il est possible de s’adresser au plus grand nombre, l’université, et plus généralement à toutes les formes d’enseignement et d’apprentissage, peuvent y trouver des idées pour révolutionner leur approche de l’enseignement. L’intégration du numérique, à part entière, dans les cursus devient incontournable. La distinction entre enseignement à distance et enseignement présentiel est brouillée, il devient hybride et le curseur entre tout en présence et tout à distance se déplacera selon les matières et l’environnement. Le public auquel il s’adresse, le problème des emplois du temps et de la disponibilité de salles, la nature de l’enseignement orienteront le choix dans une ou l’autre direction. Des travaux pratiques nécessitent des laboratoires spécialisés même si l’on peut les imaginer virtuels au travers de serious games, un projet collaboratif entre étudiants est tout à fait adapté à la distance, une mineure regroupant des étudiants aux cursus variés résoudra ses problèmes d’emploi du temps… Les MOOC permettent ainsi une approche pédagogique innovante où l’étudiant devient acteur de sa formation. Qu’on l’appelle pédagogie inversée, en mode projet ou que l’on emploie tout autre nom pour la désigner, la pédagogie numérique et les MOOCs sont un élément d’une dynamique sur laquelle nous nous accordons tous : mettre l’étudiant au centre de son projet d’études et l’encourager à s’y engager.

Sous forme massive le MOOC s’adresse à un public extérieur que l’université ne doit plus ignorer, pour répondre à la demande de ceux qui ne viendront jamais en ses murs et qui désirent acquérir des connaissances et des compétences sans forcément se préoccuper des diplômes. A une période où l’on insiste sur la formation tout au long de la vie, les MOOC sont une méthode nouvelle importante pour répondre à ce challenge. Mais ne nous y trompons pas. Cette mission est nouvelle et, si les universités possèdent la compétence pour répondre à une partie d’entre elles, elles devront être financées.

C’est la seule réponse possible aux besoins des nations en Afrique et en Asie qui doivent former des millions de jeunes sans disposer des cadres et des campus nécessaires. Ils se tourneront vers d’autres partenaires si les universités françaises ne leur offrent rien.

Le phénomène MOOC est une extraordinaire opportunité pour faire évoluer la pédagogie. Il doit également servir dans toutes les missions d’enseignement et de diffusion de la culture scientifique des universités. A elles de savoir en utiliser le dynamisme sans y perdre leur personnalité.

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