Culture makers : l’étonnante histoire de la « fabrique de métiers » d’Hackidemia

Le constat que dresse Stefania Druga est à la fois brutal et réaliste : « Le nombre d’étudiants augmente globalement mais pas la capacité de formation et d’insertion ; les jeunes générations vont donc devoir inventer leur métier et assembler de manière indépendante les savoirs et expériences pour y parvenir ». C’est ce qui a poussé cette fille d’un ingénieur en électronique et d’une institutrice à lancer le projet Hackidemia, notamment dans les pays émergents qu’elle parcourt inlassablement pour populariser cet état d’esprit.

Stefania

Pour répondre aux défis que pose le XXIe siècle – urbanisation croissante, pression sur les ressources naturelles, fracture numérique… – Hackidemia se positionne comme un catalyseur de communautés de makers. L’objectif : créer un réseau de makerspaces où chacun peut trouver de quoi expérimenter et prototyper dans l’esprit de la philosophie STEAM (Science, Technology, Engineering, Arts, Mathematics). Plusieurs écoles ici et là emploient déjà ce nouveau cadre de pensée pour mettre les enfants en situation d’apprentissage « par le réel »… mais la plupart des institutions éducatives ne sont pas prêtes. C’est là qu’Hackidemia passe du réseau au produit.

D’abord, parce que le voyage de Stefania se développe sous la forme d’un laboratoire mobile : école après école, elle évangélise, comme on le dit souvent dans les milieux technologiques, enseignants, parents et élèves à ce nouveau cadre de pensée. Ensuite, parce qu’elle a conçu — après avoir visité 10 villes en Afrique — un kit appelé « Maker Box » qui sert de base à cette éducation. On retrouve dans cette boîte à outils des livres et des plans, comme des supports de cours et un ensemble d’outils et de composants qui permettent rapidement de faire les premiers pas vers un objet manufacturé sur mesure : des LEDs, des capteurs de température, d’humidité, de couleur, une mini-caméra, une puce RFID, des ciseaux, pinces, scotch et, bien sûr, les composants Arduino de base qui permettent d’assembler sur une même plate-forme ces items.

make-box-Afrimakers

Au-delà du kit pour tout fabriquer soi-même, Hackidemia organise de nombreux ateliers pour aider à la prise en main de ces nouveaux outils. L’un des projets annexes de Stefania, Afrimakers, va même jusqu’à demander la participation des internautes pour le financement de 14 kits “Makers” qu’elle entend distribuer, accompagnés de formations, dans 10 nouvelles villes en Afrique, de la Zambie au Kenya. Elle a aussi prévu des bourses pour qu’une quarantaine de makers africains puissent aller former des lieux à proximité, et s’implanter plus largement dans un continent à l’esprit entrepreneurial et débrouille réputé.

La beauté du projet Hackidemia réside dans l’encapacitation des jeunes enfants. Comme le précise Stefania, « donnez un smartphone à un enfant, il le retournera dans tous les sens, cherchera à en comprendre le fonctionnement. En dotant les enfants de technologies très accessibles, on leur permet de faire et de créer des choses, dont, à terme, leurs propres métiers ».

>> Images : photos d’HacKidemia (©)

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