Comment former les étudiants à la culture digitale ?

TGONTG

La culture digitale est  l’un des axes prioritaires des universités et des entreprises depuis quelques mois; il ne se passe pas un jour sans que le sujet ne soit abordé lors de conférences, de tables-rondes, d’articles. Les entreprises attendent un socle de compétences digitales minimum de la part de leurs salariés, et cette évolution va logiquement se répercuter sur les plaquettes pédagogiques universitaires.

Or le digital est un véritable challenge pédagogique. Quelles sont les modalités pédagogiques pertinentes pour aborder ce sujet ? Comment distinguer acculturation et formation ? Comment adapter les parcours aux cibles ? Comment aborder ce sujet avec des populations peu sensibilisées au sujet ? Comment éviter de faire peur ? Comment créer de réelles compétences digitales chez des jeunes qui croient maîtriser le digital ?

Acculturation vs Formation

De nombreuses formations à la culture digitale s’apparentent à de l’acculturation. A ma grande surprise, j’ai vu des responsables formation et des directeurs pédagogiques universitaires rougir à l’idée de faire de l’acculturation. Pourquoi en rougir ? Ce point me parait très français : dans notre pays d’excellence académique, la vulgarisation est toujours dépréciée, dévalorisée. Pourtant, la vulgarisation est aujourd’hui la condition sine qua pour réduire la fracture numérique et augmenter l’employabilité ! La culture numérique fait partie d’un socle de compétences minimum dans notre monde.

Fracture numérique et insertion professionnelle

Je ne fais pas partie des utopistes du digital. Il me parait absurde et improductif de nier que le digital aura, a déjà, des impacts énormes sur l’évolution des métiers et sur l’emploi. La responsabilité des entreprises et de l’enseignement supérieur sur le sujet est considérable; jamais la phrase “ formez-vous ou mourrez”  n’aura été d’une si cruelle évidence pour nombre de grandes entreprises françaises comptant des milliers de salariés. Or, contrairement aux idées reçues sur les digital natives, la culture digitale des étudiants laisse souvent à désirer. J’échangeais récemment avec une directrice de la communication d’une grande université qui, à ma grande surprise, devait se battre pour inviter ses étudiants à se créer des comptes Linkedin. Or trouver un stage/emploi sans Linkedin n’est plus envisageable pour des métiers de services. LearnAssembly est une startup digital learning qui forme à la culture digitale :  nos attentes sont donc sûrement plus élevées que la moyenne; néanmoins les étudiants rencontrés ne  maitrisent pas les outils. Pire, ils ont une une compréhension des enjeux digitaux assez réduite.

Faut-il du présentiel ?

Le présentiel reste central dans la pédagogie de l’enseignement supérieur. Il est probable que la mise en place de la pédagogie inversée, en s’appuyant sur des Moocs ou Coocs va se heurter aux freins du corps enseignant qui voit son rôle évoluer, mais aussi des étudiants, surtout dans les écoles privées et consulaires, qui pourraient grogner à l’idée de payer des dizaines de milliers d’euros un Master consistant à « regarder des vidéos ».

Les modalités distancielles comme les Moocs, les Coocs ont l’avantage d’allier le fond et la forme. Elles permettent également de massifier la formation tout en la personnalisant via l’analyse des données (learning analytics). Elles reflètent enfin les usages venus du digital : social learning, interactivité, échanges, gamification sont autant de leviers pertinents pour parler de culture digitale.

Pourtant, opposer présentiel et distanciel n’a pas grand sens; c’est plutôt la nature des présentiels proposés actuellement qui évolue. Les étudiants assis derrière des rangées d’ordinateurs sont demandeurs de modalités présentielles innovantes et créatives : business games, mentoring, créations de startups fictives, formations-actions permettant de “ toucher “ le digital tout en se l’appropriant. Les pratiques venues des entreprises, qui s’appuient sur des Moocs ou Coocs en les complétant modalités blended learning sont de ce point de vue très en avance. Cette pédagogie reste encore embryonnaire dans l’enseignement supérieur.

En bonus, une petite vidéo !

 

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Filed under mooc d'entreprise

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