Les régions entre stupéfaction et implication

Michel Lugnier, le pilote du rapport de l‘IGÉSR[1] que j’ai déjà commenté sur ce blog dans plusieurs articles[2], m’a signalé que les Régions avait réagit à la suite de sa publication. Examinons donc cette réaction[3], et élargissons le contexte.

Dans mon deuxième article à propos de ce rapport, j’écrivais : « Il semble qu’une loi votée en … 2018 n’a pas été portée à la connaissance de l’GESR. Cette loi a non seulement fait exploser le dispositif de l’ONISEP en l’amputant de ses DRONISEP, mais elle a aussi, par le décret du 21 mars 2019 confié aux régions les missions en matière d’information sur les métiers et les formations en direction des élèves et de leurs familles, des apprentis ainsi que des étudiants. Que reste-t-il à l’État à « renforcer » ? »

Les régions, stupéfaites

Carole Delga, présidente de la région Occitanie et de Régions de France, et François Bonneau, président de la région Centre-Val-de-Loire et de la Commission Éducation­-Orientation-Formation-Emploi de Régions de France ont exprimé leur stupéfaction concernant ce rapport dans une lettre[4] adressée au Premier Ministre. Ils affirment que « Les régions sont chargées de mettre en œuvre les actions d’information sur les métiers et les filières de formation dans les établissements, collèges et lycées. C’est aujourd’hui une responsabilité partagée de l’État et des régions de fournir cette information aux jeunes de façon équilibrée sur le territoire. Vous le savez bien : les régions ne sont pas les prestataires d’une politique verticale décidée au sommet de l’État. »

Avaient-elles connaissance de la teneur du rapport avant sa publication 22 octobre 2021 ? Le 30 septembre 2021 à Montpellier se tenait le congrès des régions. Le 27 septembre, le Premier ministre Jean Castex avait annoncé un nouveau « plan compétences » doté de 1,4 milliard d’euros d’ici à fin 2022 – 900 millions d’euros en 2021 et 500 millions en 2022 – pour « former 1,4 million de demandeurs d’emplois en 2022 ». Lors du congrès, la présidente (PS) du conseil régional d’Occitanie et de l’association Régions de France, Carol Delga, a « proposé de prendre plus de responsabilités en matière d’orientation »[5].

La présidente de Régions de France Carole Delga et le Ministre de l’Education nationale, de la Jeunesse et des Sports Jean-Michel Blanquer ont adressé un courrier commun à l’ensemble des chefs d’établissement des lycées et collèges le 19 novembre. Il y est largement rappelé la teneur de la loi n o 2018-771 du 5 septembre 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel.  Mais le paragraphe sur le rôle du chef d’établissement sent le rappel à l’ordre :

« En tant que chef d’établissement, votre rôle est essentiel dans la mise en œuvre de la politique d’orientation. Avec le soutien de la délégation de région académique à l’information et à l’orientation, vous impulsez et pilotez cette politique en mobilisant l’ensemble des équipes éducatives et pédagogiques de l’établissement. Vous êtes le relais de la politique menée au niveau de la région académique et le garant de la cohérence des actions qui doivent s’intégrer de façon concertée au volet orientation du projet d’établissement, Il est ainsi nécessaire que les actions mises en place soient coordonnées et co-construites entre les membres de l’équipe éducative et les partenaires extérieurs, sous votre responsabilité, et s’inscrivent dans un programme d’actions cohérentes et progressives. »[6]

Mais dans le réel ?

SI les régions réclament et revendiquent leur responsabilité, et que le ministère relance ses troupes, que se passe-t-il réellement sur le terrain ?

Eric Nunès, dans son article fait le point les réalisations des régions[7]. Curieusement il attribue à la loi ORE le transfert aux régions de la responsabilité de l’information pour l’orientation, mais son constat n’en semble pas moins clair. C’est bien un travail en ordre dispersé, comme prévu, qui s’observe, avec des opérations très diverses. Les Salons par contre restent l’outil commun dans ce domaine. Malgré la crise sanitaire, ils fleurissent partout, organisés par une région, un département, une ville parfois. C’est le couteau suisse en matière d’information pour l’orientation.

Après, en matière d’opération à long terme, on trouve des choses très différentes. Des régions comme celle du Pays de la Loire ont choisit le bus. « Ce sont les « Orientibus » de la région Pays de la Loire, cinq centres d’information et d’orientation professionnelle sur roues qui se déplacent, chaque jour, d’un établissement scolaire à un autre. » donne pour exemple Eric Nunès dans son article. A l’autre bout de la technologie, un journal local[8] indique : “Jeudi 6 janvier 2022, la Vice-Présidente de la Région en charge des lycées, de l’offre de formation, de l’apprentissage et de l’orientation, Océane Charret-Godard, a profité d’une visite au lycée Parc des Chaumes d’Avallon (Yonne), pour présenter les casques de réalité virtuelle dédiés à la découverte des métiers. Financés dans le cadre du Plan d’Accélération de l’Investissement Régional, ces derniers complètent les outils proposés aux élèves pour leur orientation et viennent diversifier les approches en prenant appui sur les nouvelles technologies.”

D’autres académies semblent s’engager dans une autre stratégie. Ainsi “Mis en place par le Conseil de développement du Pays basque, le programme Ibilbide[9] propose une approche différente de l’orientation des jeunes, qui intègre les entreprises.” La Nouvelle-Aquitaine, s’est dotée d’une direction de l’orientation et laisse remonter les projets venus des territoires. Le programme ibilbide en est un exemple. Jean-Louis Nembrini, Vice-Président du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, fut recteur de l’académie de Bordeaux. Il connait son territoire, mais il est également très conscient : « L’orientation reste un problème angoissant pour les familles. Aucune institution ne peut prétendre s’approprier à elle seule cet enjeu. »

Quant aux 54 heures pour l’accompagnement des lycéens il semble encore très peu investi, tant par les régions que par les enseignants. D’où sans doute le rappel du ministère évoqué plus haut.

Mea culpa

Reste que je m’interroge sur le rapport annuel de l’IGÉSR.  Quel peut être l’objectif des rapporteurs. Ils signalent très peu cette loi et ce transfert de responsabilité aux Régions et ne formulent que des préconisations sur le rôle de l’Etat. Esquissons quelques hypothèses.

Il y a bien sûr le plus simple : l’oubli. Mais c’est un peu court, et qui fait offense à l’intelligence des rapporteurs. Donc passons à la deuxième hypothèse.

Supposons que les rapporteurs tiennent compte simplement de leur position. Ll’IGÉSR est au service des différences ministères qui la sollicite[10]. « l’IGÉSR exerce des missions d’inspection, de contrôle, d’audit, d’évaluation, d’expertise, d’appui et de conseil dans les domaines de l’éducation, de l’enseignement supérieur, de la recherche, de la jeunesse et des sports. »

Troisième hypothèse : ce retour au rôle central de l’Etat n’est pas un « oubli », il est parfaitement intentionnel et stratégique. Il illustrerait bien un adage bien connu dans l’Education nationale : « Si vous voulez faire appliquer une réforme, faites-en une autre ! »

 

Bernard Desclaux

 

[1] Rapport thématique annuel 2020 de l’IGÉSR : L’orientation, de la quatrième au master. On peut récupérer le rapport, la synthèse et les annexes à partir de la page du site du ministère https://www.education.gouv.fr/publication-du-rapport-thematique-annuel-2020-de-l-igesr-l-orientation-de-la-quatrieme-au-master-325852

[2] Les trois articles de cette série :

L’orientation au rapport http://blog.educpros.fr/bernard-desclaux/2021/10/27/lorientation-au-rapport/

La conception européenne de l’orientation dans le Rapport de l’IGESR http://blog.educpros.fr/bernard-desclaux/2021/11/18/la-conception-europeenne-de-lorientation-dans-le-rapport-de-lgesr/

Le CIO a disparu des radars http://blog.educpros.fr/bernard-desclaux/2021/11/22/le-cio-a-disparu-des-radars/

[3] Education : les Régions se disent surprises des préconisations du rapport de l’IGESR, https://www.innovacity.fr/education-les-regions-se-disent-surprises-des-preconisations-du-rapport-de-ligesr/

[4] La teneur de cette lettre est présentée dans cet article : Education : les Régions se disent surprises des préconisations du rapport de l’IGESR  https://www.innovacity.fr/education-les-regions-se-disent-surprises-des-preconisations-du-rapport-de-ligesr/

[5] Enseignement : les régions demandent au gouvernement plus de responsabilités sur l’orientation,  https://www.latribune.fr/economie/france/enseignement-les-regions-demandent-au-gouvernement-plus-de-responsabilites-sur-l-orientation-893401.html

[6] https://regions-france.org/wp-content/uploads/2021/11/20211124-JMB-CD-orientation.pdf

[7] Aide à l’orientation des jeunes : des disparités selon les territoires, https://www.lemonde.fr/campus/article/2021/01/13/aide-a-l-orientation-des-jeunes-des-disparites-selon-les-territoires_6066070_4401467.html

[8] Orientation : la Région choisit la réalité virtuelle pour compléter les outils à disposition des jeunes, https://www.toutmontbeliard.com/2022/01/10/orientation-la-region-choisit-la-realite-virtuelle-pour-completer-les-outils-a-disposition-des-jeunes/

[9] Ibilbide, parcours en langue basque.

[10] Missions de l’inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche, https://www.education.gouv.fr/mission-et-organisation-de-l-inspection-generale-de-l-education-du-sport-et-de-la-recherche-41687

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This entry was posted on samedi, janvier 15th, 2022 at 18:34 and is filed under Evolutions, Orientation. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. You can leave a response, or trackback from your own site.

3 Responses to “Les régions entre stupéfaction et implication”

  1. Brunel Olivier Says:

    Bien qu’en retraite – depuis le 1er novembre – je lis tout ce que je reçois et donc ce billet.
    Tout à fait d’accord, le rapport cité ne met pas vraiment en avant ce nouveau rôle des régions, qu’elles assument de façon très diversifiée en fonction:
    – des moyens qu’elles peuvent y mettre
    – de la conception qu’elles se font de leur rôle (le « tout info », le « tout techno », la place à l’expérience du jeune, la compensation des inégalités de genre, de territoire et j’en passe)
    Ce n’est pas leur faire injure que de dire que ça part dans tous les sens car précisément, elles se sont fait repasser le bébé sans le demander vraiment, on s’en souvient.
    – de l’esprit plus ou moins développé de coopération entre les rectorats et les régions sur ce sujet.
    Normalement, la loi de 2018 prévoit une évaluation du rôle des régions en la matière au bout de trois ans. On y est. Il y a fort à parier que les éléments ci-dessus seront pointés.

    Mais je crains fort que ce qui ressorte le plus soit notre incapacité à traduire dans les faits les 12, 36, 54 heures etc selon le niveau considéré qui est un droit annuel des élèves.
    Pas par manque d’outils et de ressources ( nationales ou régionales) mais plutôt par l’incapacité de notre système éducatif à aller au bout de ce qu’il propose: aucune réelle obligation
    pour les établissements – et donc pour les équipes éducatives – de mettre en oeuvre et de rendre compte. (et en premier lieu aux familles)
    Après, on peut répéter à l’envi, comme un mantra, que la préparation de l’orientation est un sujet primordial … C’est de fait laissé à l’appréciation de chacun, tout comme l’application par les régions de la loi de septembre 2018….

    Olivier Brunel
    Ex- Conseiller des recteurs
    Directeur de région académique à l’information et à l’orientation
    Délégué régional de l’ONISEP
    Rectorat de région académique

  2. bernard-desclaux Says:

    J’attends l’évaluation avec impatience. Elle présentera bien sûr des excuses sur le retard de mise en ouvre en faisant appel à la pandémie. Mais ça n’explique pas les retards majeurs. Bien entendu les régions ne constituent pas UN acteur homogène, et la liste, que tu indiques, des conceptions différentes concernant l’orientation pourrait être allongée. Mais il ne faudrait pas supposer que, au contraire, du côté de l’État et de l’Éducation nationale, il n’en était pas de même. Et j’espère que l’évaluation ne portera pas que sur le versant des régions. Je n’ai pas le sentiment que les efforts et la coopération, depuis 2018, furent unanimes du côté des académies vis-à-vis des régions, ni bien sûr de celui des établissements. Il y aurait sans doute beaucoup à dire.
    J’en profites pour faire appel à vos témoignages chez lecteurs.

  3. Bob Poisson Says:

    Quitte à paraitre présomptueux, je pense pour ma part que nombre d’acteurs n’ont toujours pas compris ou plutôt enferme ce dossier de « l’orientation » dans un débat Kafkaïen, en en faisant un sujet privilégié des combats entre la France Jacobine et une France décentralisée qui met à mal, nombre de principes de la construction historique du système éducatif en France.
    Tout se passe comme si, l’éducation devait s’accrocher perpétuellement à son XXème siècle rêvé, qui démarrait sous les auspices du plan Langevin-Wallon.
    Ce qui devient dramatique concernant les débats de la future présidentielle, c’est que les acteurs nouveaux de la politique Française (explosion des partis traditionnels) n’ont plus une conscience très claire de la construction du système éducatif Français alors que dans l’appareil administratif, il reste encore quelques tenants d’un état à l’ancienne. Tout cela est joyeusement mêlé à des analyses qui font du « souverainisme » la clé de voute de tous les débats d’un extrême à l’autre de l’échiquier politique.
    Est-ce loin de la question de la prise en charge d’une part de l’information sur les métiers et formations et de l’autre la question de l’orientation dont la polysémie a fini par mettre à bas toute compréhension fine de ce que le sujet représente ?
    Manifestement non. On assiste sur le terrain à un combat de cour d’école où tout reste figé. Impossibilité d’avancer sur le sujet du parcours avenir dans les établissements (54,36,12, on dirait un code secret !!!) Et puis dans les régions des initiatives tous azimuths qui n’ont parfois ni queue, ni tête, tout en étant intéressantes.
    J’aime beaucoup la confusion induite par la manière d’Eric Nunes de rapporter ci-dessuspar Eric Nunes l’expérience des Pays de Loire où je me trouve. Histoire de bien simplifier l’affaire, le voilà amené à décrire les Orientibus comme 5 Centres d’Information et d’Orientation professionnelle sur roues. La confusion la plus totale ressort de ces approximations. A l’intérieur des bus bleus, un(e) chauffeur(e) et un(e) animatrice de casques virtuel. C’est plutôt bien fait, mais ce ne sont pas des centres d’information et d’orientation.
    Le sujet pourrait être simplement pensé comme la nécessité technique pour les familles et leurs jeunes de prendre des décisions, concernant le sens qu’ils souhaitent donner au choix de filières de formation et d’un avenir professionnel, définissant peu ou prou le parcours de vie d’une progéniture destinée à vivre au 21ème siècle.
    Ce serait faire fi des enjeux puissants qui sont à l’œuvre et c’est bien là, le lieu de l’analyse, de la gestion et confrontations politiques. La loi d’orientation de 89 (Hou là, comme c’est loin !) n’a connu aucune succession, aucun « ripolinage » digne de ce nom depuis.
    Le choc du XXIème siècle ne connait donc, dans l’éducation, aucun mécanisme de régulation, de projection ou de simples aménagements.
    Alors que sociologiquement on ne conçoit plus autre chose que la notion de parcours individuels, l’éducation à la Française continue de penser des destinées de masse tout en ayant subi l’introduction dans son logiciel de nouveautés qui sapent ses principes généraux.
    La notion « d’élèves à besoins particuliers (une adaptation du « special needs » que les anglo-saxons ont toujours connu) révélé par les politiques d’inclusion, invalide de facto le rêve Français de l’égalité de tous devant des apprentissages monolithiques établis par le sacro-saint programme.
    La réforme des lycées qui promeut les choix individuels n’a même pas réussi à prévoir la manière dont on pourrait réguler les choix à travers de nouvelles procédures, qui pourraient reposer sur des conseils de parcours individuels au lieu des conseils de classe qui portaient bien leur nom : Gérer la classe en était l’ambition ! Point besoin de projets individuels, mais d’emmener des classes entières vers une destinée, gérable par les appareils techno-structurels d’une institution dont la boussole fondait l’égalité sur le mérite républicain. (Dispositif imparable pour permettre aux CSP favorisés de maintenir leurs positions sociales. Les chiffres sont impitoyables sur les résultats de cette politique en France dans les dernières décennies).
    Une mesure était très 21ème siècle ! Le dernier mot aux familles concernant les décisions d’orientation. Bien vite abandonnée, elle laisse un champ de ruine où les DSDEN se débattent entre la volonté d’imposer un niveau minimum pour poursuivre dans la scolarité générale par exemple, et la réalité de parcours de moins en moins soumis aux décisions de la puissance publique, les familles ne le supportant plus et les chefs d’établissement cédant ici et là du terrain aux revendications de certaines d’entre elles, auxquelles on ne voit plus bien pourquoi on leur refuserait l’accès à certaines classes, alors que les parcours inclusifs viennent bouleverser le bon ordre d’un enseignement qui supposait des prérequis programmatiques qui ne semblent plus exigibles.
    Sans parler de la situation extrême créée par le COVID, ou l’impact de la présence de jeunes issus de la migration, dont les parcours ne ressemblent en rien à l’idéal de la scolarité à la Française. Ici ou là émergent des réussites exceptionnelles sans prérequis scolaires si ce n’est la volonté du jeune et sa résilience, qui tiennent lieu de bagage issu d’on ne sait où, mais certainement pas des bancs de l’école républicaine.
    L’équation économique du 21ème siècle ne cesse par ailleurs d’être commentée et si l’on compare 1922 à 1970, on comprendra qu’on en est en 2022 qu’au début des bouleversements à venir. Depuis 2000, l’impact du numérique bouleverse toutes les analyses du 20ème siécle. ( Ici et là naissent des gamins, qui quittent leurs formations pour fonder des entreprises virtuelles à base de crypto-monnaies. On est sympa avec nos bacs pros et nos bacs !)
    Parler d’orientation, c’est certainement parler de tout ça à la fois et je ne vois pas aujourd’hui se dégager d’analyses publiques capables de refonder l’éducation à la Française dans son siècle.
    La tétanisation sur le siècle précédent est toujours à l’œuvre et le rapport de l’IGÉSR ne déroge pas à cette limitation, créée par une absence de prise en charge politique du sujet.
    La dernière tentative de Vincent Peillon de créer une vision globale, bien connue d’Olivier Brunel, a connu un sort des plus pitoyables en explosant en plein vol, sur ce qui n’était qu’une mesure (les rythmes scolaires du primaires et l’introduction d’activités périscolaires).
    Le collège n’a pas été traité et ne l’est toujours pas, puisque Blanquer a lui choisi de réformer le lycée. Il en résulte à la veille de l’élection présidentielle, ce que j’appellerais exagérément des bruits de botte menaçant le collège unique de sa disparition prochaine. Sinon, bien malin qui peut dégager une perspective quelconque offerte à l’éducation dans le projet d’un des candidats.
    Dans ce contexte, il n’est pas étonnant sur ce chantier de l’information et de l’orientation, d’assister à des combats minables, que l’un ou l’autre va remporter puis perdre. Au milieu de tout ça, les destinées individuelles se fraieront toujours un chemin, tout en reprochant sur les réseaux sociaux, à l’un ou l’autre des acteurs, d’être coupable de ne rien avoir fait pour lui. Une véritable usine à déceptions, protestations, amertume, et enfin sensation qu’il n’y rien à attendre des politiques publiques.

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