Un rapport proprement révolutionnaire

Le dernier rapport de l’IGESR[1] encense les services d’orientation et surtout les personnels. Mais son objectif n’est plus du tout l’orientation. Il appelle la mise en place d’un « nouveau service » qui rassemblerait les PsyEn EDO et divers services existants dont l’objectif serait la santé mentale.

Au-delà de la saisine

La saisine[2] porte sur des clarifications d’ordre administratives et techniques telles que le positionnement et l’articulation du PsyEn EDO avec les autres personnels, le rôle et le statut du Directeur de CIO, le positionnement du CIO, les difficultés de recrutement, les modalités d’accès aux fonctions de formateur académique, l’application du pacte, et « les évolutions administratives éventuellement nécessaires pour contribuer à une amélioration du service rendu par ces personnels ».

Or, le rapport va bien au-delà de ces demandes. Il indique franchement une autre « orientation » de ces personnels. Alors que la saisine indique un « contexte de fragilisation de la santé mentale des élèves », le rapport en fait l’objectif ! Dès la première page, le rapport reformule : « Parallèlement, dans un contexte de fragilisation de la santé mentale des jeunes, s’affirme la nécessité de développer les compétences psychosociales des élèves et de mettre en place des protocoles et du secourisme en santé mentale, toutes dispositions qui appellent une expertise de psychologue et des interactions coordonnées avec les acteurs santé-sociaux de l’éducation nationale (médecins, infirmières, assistantes sociales). » (p. 1)

Le statut des PsyEn EDO formulé sur la page du ministère[3] ne présente pas une telle préoccupation de la santé mentale des élèves. L’équilibre psychologique des élèves est une condition pour une orientation, pas un but.

« La spécialité « éducation, développement et conseil en orientation scolaire et professionnelle » s’exerce auprès de collégiens, lycéens et étudiants.

 Sa mission est de contribuer à créer les conditions d’un équilibre psychologique des élèves favorisant leur réussite et leur investissement scolaires. Le psychologue de l’Éducation nationale « éducation, développement et conseil en orientation scolaire et professionnelle » accompagne les élèves et les étudiants dans l’élaboration progressive de leur projet d’orientation. En lien avec les équipes éducatives, il participe à la conception et à la mise en œuvre d’actions permettant l’appropriation d’informations sur les formations et les métiers et l’évolution de leurs représentations. Il contribue à l’élaboration de parcours de réussite des élèves en leur permettant de prendre conscience des enjeux de leur formation et de s’orienter vers une qualification visant leur insertion socioprofessionnelle. Il informe ainsi les élèves et leurs familles ainsi que les étudiants, et les conseille dans l’élaboration de leurs projets scolaires, universitaires et professionnels.

Il porte une attention particulière aux élèves en difficulté, en situation de handicap ou donnant des signes de souffrance psychologique. Il participe également à la prévention et à la remédiation du décrochage scolaire. Le psychologue de l’Éducation nationale « éducation, développement et conseil en orientation scolaire et professionnelle » mobilise ses compétences sous l’autorité du directeur du centre d’information et d’orientation dans lequel il est affecté. »

Vers une autre révolution copernicienne

Dans son rapport, Jean Guichard[4] appelait à une approche copernicienne de l’orientation. En conclusion il écrivait : « Une transformation majeure apparaît donc nécessaire que l’image suivante peut illustrer : la vue prévalente en matière d’orientation scolaire est aujourd’hui ptoléméenne, centrée sur l’école comme l’était le système de Ptolémée sur la terre. Il apparaît nécessaire d’y substituer une vue copernicienne, supposant un décentrement et un autre ancrage. » (p. 54) Mais l’ancrage dont il parlait concernait bien la question de l’orientation. Aujourd’hui, il poursuit cette révolution[5] en l’étendant au « développement équitable et soutenable ».

Le dernier rapport de l’IGERS propose également une sorte de révolution copernicienne, non pas pour l’orientation, mais pour les personnels. Il s’agit de fonder leurs actions non plus sur l’orientation (vision ptoléméenne) mais sur la santé mentale et le bien-être (vision copernicienne). Le statut du corps unique en posait les prémisses, mais en maintenant la spécificité et le territoire des PsyEn EDO, il n’allait pas jusqu’à prôner d’une certaine manière la coupure avec le service d’orientation du rectorat (DRAIO) comme semble l’envisager le rapport.

Une révolution qui semble déjà acceptée

Cette révolution copernicienne semble de fait déjà acceptée. En effet, il ne faut pas sous-estimer les préoccupations de la nouvelle génération de ces personnels qui représentent 30 % des effectifs actuellement et auxquels il faut ajouter un pourcentage équivalent de contractuels. Pour ces personnels, la question de l’orientation semble bien périphérique dans ses intérêts, ce qui peut sembler d’ailleurs normal, vu leurs formations et titres. Ils sont d’abord psychologues sur un emploi de PsyEn EDO, et la santé mentale et le bien-être est évidemment leur préoccupation première. Autrement dit la dynamique du corps va vers cette préoccupation de par sa constitution, ce que note d’ailleurs le rapport.

Du côté syndical, à ce jour, il y a peu de réactions. Le SNES-FSU a publié un texte court[6], titré comme d’habitude sur le manque de moyens : Ne pas recruter ! Un interdit qui biaise les propositions ! FO a publié un communiqué[7] le 16 octobre 2023 indiquant ce qu’il avait défendu lors de son audition par l’IGESR : Non à la dénaturation des missions des PsyEN. Le SGEN avait publié le 16 décembre 2023 un texte, PsyEN et santé mentale des enfants et des jeunes[8].

Du côté des associations, il n’y a pas, à ce jour de réactions au rapport lui-même.

L’APSYEN s’est adressée le 16 mars 2024 à G. Attal[9], Premier ministre de la manière suivante :

« Lors de votre discours de politique générale devant l’Assemblée Nationale, vous avez affirmé que s’agissant des enfants, des jeunes, et de la formation des futurs citoyens « l’Ecole est la mère des batailles » et souligné vos préoccupations quant à la santé mentale des jeunes, l’importance de les aider à se projeter dans l’avenir de façon positive.

Vous omettez hélas les psychologues de l’Éducation nationale qui pourtant sont également en première ligne et qui de par leur qualification et leurs missions sont très sollicités sur cette question de la santé mentale. Cela a fortement choqué l’ensemble de la profession. »

Le communiqué de presse du groupe d’organisations des Psychologues de l’Éducation nationale[10] s’inquiète également de ce silence du Premier ministre.  

La présentation des Journées d’Étude de l’APSYEN, programmées à La Rochelle[11], s’ouvre ainsi : « Les enquêtes de Santé publique France font état en 2023 d’une dégradation de la santé mentale des Français et plus particulièrement des jeunes de 11 à 24 ans, tendance constante depuis 2020. Parallèlement, la préoccupation pour le bien-être des élèves dans notre système éducatif évolue de manière croissante, renforcée par des études confirmant son impact positif sur la réussite scolaire. Les luttes contre le harcèlement et les discriminations font l’objet de campagnes régulières pour soutenir cette volonté politique. »

Jacques Vauloup (IEN-IO retraité, mais sans retrait comme il se présente sur son blog) affirme, dans son commentaire détaillé du rapport[12] : « Malgré tout, maigre consolation d’un texte insuffisant, le décret 2017-120 du 1er février 2017 rend possible-souhaitable-indispensable l’articulation entre une clinique psychologique dédiée au développement et au soutien d’un enfant-adolescent-jeune adulte scolarisé et une clinique de l’orientation pratiquée avec expertise par les PsyEN-EDO et leurs prédécesseurs depuis un siècle. » Et en conclusion, « les PsyEN (EDO et EDA) ne peuvent rester dans l’entre-deux actuel vide de sens, trop éloignés des écoles et des établissements scolaires où se trouvent au moins 80 % de leurs publics, et à ce point artificiellement dissociés en deux groupes professionnels alors qu’ils ne forment qu’un seul corps de psychologues de l’éducation nationale. »

Le désengagement de l’État de l’aide à l’orientation se poursuit

Nous signalons depuis longtemps ce désengagement de l’État[13]. Un exemple récent, l’attribution d’un label au réseau Information jeunesse qui permet de le positionner « comme l’un des acteurs de l’orientation des jeunes et contribue à favoriser l’égalité des chances. »[14] L’État réduit ses propres services d’orientation et promeut diverses associations et autres organismes subventionnés, mais aussi le mouvement du mentorat, sans oublier l’attribution de la compétence d’information professionnelle aux Régions par la loi de 2018. Tout ceci prépare, de fait, le terrain pour les services marchands dans ce domaine.

Reste une interrogation lourde de conséquences

Le 7 avril 2021, une proposition de loi visant à la création d’un ordre des psychologues[15], fut déposée par le député LR du Vaucluse Julien Aubert et un groupe de députés. Il s’agissait de pallier la pénurie de psychiatres hospitaliers dans un contexte de crise sanitaire liée à la pandémie de la Covid-19 aux conséquences de difficultés psychiques importantes chez les jeunes. Le 2 mai 2024, un autre groupe de députés Renaissance, cette fois-ci, emmené par Éric Poulliat, déposait une nouvelle proposition de loi sur le même objet[16], mais avec une autre formulation. Cette proposition est soutenue par l’ACOPsy, et inscrit franchement les psychologues dans le champ de la santé mentale. Ce projet de loi est combattu par le Syndicat national des psychologues : « Plus que jamais, le SNP soutient l’autonomie et l’indépendance de la profession, la pluralité des approches et refuse la paramédicalisation et l’assujettissement au pouvoir médical ! »[17]

La préoccupation pour la santé mentale des adolescents est aujourd’hui largement partagée. Marie Lauricella, vient de rédiger un dossier pour l’IFE sur les souffrances adolescentes en rapport avec l’éducation[18]. Mais une petite remarque de sa part est à relever notamment : « Norwich et al. (2022) identifient un glissement de l’usage du terme de bienêtre dans le cadre scolaire vers celui de santé mentale, ou une utilisation indifférenciée des deux concepts, souvent accolés l’un à l’autre. Selon les auteur·es, la domination de l’intérêt pour la santé mentale peut être attribuée à un oubli et à un évitement de la réflexion sur les objectifs de l’école, sur la raison d’être des institutions scolaires et sur les modèles d’enseignement contribuant au bienêtre. » (p 5)

Béatrice Mabilon-Bonfils, dans ses recherches,[19] avait identifié trois sources de souffrances ou de mal-être des élèves produites par la situation scolaire imposée, aujourd’hui, à la totalité d’une génération. « Pour la première fois dans l’histoire, avec l’élévation de la scolarisation obligatoire, la massification de l’enseignement secondaire (collège et lycée) et du premier cycle de l’enseignement supérieur, une part majoritaire et croissante d’une génération suit une scolarité longue. » (Lauricella, M. (2024) p. 8-9). On peut résumer ces trois sources ainsi :

  • La non-conformité entre la position sociale et les attentes et propositions scolaires
  • La tension à la réussite
  • Le cadre scolaire produisant de la souffrance

Ces trois sources de souffrances ont un lien direct avec nos procédures d’orientation qui ont des effets sur l’inégalité sociale, qui sont fondées sur le principe méritocratique, et dont la temporalité n’est pas en rapport avec le développement psychique de chacun.
Marie Lauricella, le formule ainsi : « Des souffrances scolaires ordinaires aux impératifs d’ascétisme des classes préparatoires, en passant par le harcèlement entre pairs, la pression sur la santé mentale des jeunes n’a jamais été aussi forte parce que le diplôme – dans une société très compétitive – est devenu incontournable en France pour réussir socialement et professionnellement. » (p 9)

 

Ainsi, le retrait des PsyEn EDO du champ de l’aide à l’orientation risque bien d’avoir l’effet inverse de celui attendu et de concourir à une aggravation de la situation.

 

Bernard Desclaux

[1] IGSERS. Les psychologues de l’éducation nationale de la spécialité « éducation, développement et conseil en orientation scolaire et professionnelle », Mars 2024. https://www.education.gouv.fr/media/194106/download

[2] En annexe du rapport de l’IGESR en page 43-44.

[3] https://www.education.gouv.fr/etre-psychologue-de-l-education-nationale-psyen-11831

[4] Jean Guichard. Pour une approche copernicienne de l’orientation à l’école. [Rapport de recherche] Haut Conseil de l’éducation. 2006, 66 p. https://cnam.hal.science/hal-03234288/document

[5] Jean Guichard. Orientation durable et équitable : principes, concepts et méthodes. Février 2024. https://avenirs.onisep.fr/equipes-educatives/les-rendez-vous-de-l-orientation/orientation-durable-et-equitable-principes-concepts-et-methodes

[6] https://www.snes.edu/article/rapport-igesr-sur-les-psyen-edo/

[7] https://www.fo-snfolc.fr/wp-content/uploads/2023/10/com-PsyEN.pdf

[8] https://www.sgen-cfdt.fr/actu/psyen-et-sante-mentale-des-enfants-et-des-jeunes/

[9] https://apsyen.org/attachments/article/552/APSYEN-sante-mentale-lettre-premier-ministre-03-24.pdf

[10] https://apsyen.org/attachments/article/554/CP-mars-2024-VD-PsyEN.pdf#

[11] https://larochelle2024.apsyen.org/

[12] Jacques Vauloup. (2 mai 2024). Que faire des psy à l’école ? (CIO 96). http://propos.orientes.free.fr/dotclear/index.php?post/2024/04/15/Que-faire-des-psy-%C3%A0-l-%C3%A9cole

[13] Bernard Desclaux. (30 octobre 2012). Services d’Orientation de l’EN : Un virage pour rebondir ou pour disparaître ? https://blog.educpros.fr/bernard-desclaux/2012/10/30/services-d%E2%80%99orientation-de-l%E2%80%99en-un-virage-pour-rebondir-ou-pour-disparaitre/ et Bernard Desclaux. (3 juin 2019). « L’État français considère-t-il encore l’orientation scolaire comme relevant de sa responsabilité ? » https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/06/03/l-etat-francais-considere-t-il-encore-l-orientation-scolaire-comme-relevant-de-sa-responsabilite_5470859_3224.html

[14] MENJ – Djepva. Label Information jeunesse. Stratégie régionale Information jeunesse. NOR : MENV2409317J. Instruction du 29-3-2024. https://www.education.gouv.fr/bo/2024/Hebdo17/MENV2409317J

[15] PROPOSITION DE LOI N° 4055, le 7 avril 2021. https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/textes/l15b4055_proposition-loi.pdf

[16] PROPOSITION DE LOI portant création d’un ordre national des psychologues, déposée le 2 mai 2024. https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/16/textes/l16b2587_proposition-loi.pdf

[17] Communiqué – Ordre des psychologues : la grande illusion. https://psychologues.org/actualites-single/communique-ordre-des-psychologues-la-grande-illusioncommunique/

[18] Lauricella, M. (2024). Souffrances adolescentes : quand la santé mentale traverse les frontières de l’éducation. Dossier de veille de l’IFÉ, 148, avril. ENS de Lyon. http://veille-et-analyses.ens-lyon.fr/DA-Veille/148-avril-2024.pdf (

[19] Mabilon-Bonfils, B. (2011). Les élèves souffrent-ils à l’école ? Des souffrances scolaires « ordinaires » qui ne peuvent se dire…. Adolescence, 293, 637-664. https://doi.org/10.3917/ado.077.0637

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6 Responses to “Un rapport proprement révolutionnaire”

  1. Annick Soubai Says:

    Il me semble que les questions du développement durable et du travail décent sont jusqu’à présent peu investies par les PsyEN. Les concepts sont peu connus et surtout les pratiques en orientation ne se réfèrent pas à ces préoccupations, sauf exception. La psychologie existentielle est peu utilisée. C’est le constat que je fais lorsque j’anime des formations où j’évoque ces sujets. L’ONISEP a produit quelques outils intéressants. Le « corps » de PsyEN n’est pas unifié dans ses pratiques et je me demande s’il est unifié dans ses finalités.
    Reste la question politique de la finalité de l’éducation : quel citoyen forme-t-on et plus encore quel être humain forme-t-on pour quelle conception du vivant. Nous en sommes là. Il ne faut pas se cacher la montée des discours totalitaire, partout dans le monde. L’effacement de l’État a commencé depuis les années Thatcher-Reagan et les politiques d’ajustement structurel qui ont suivi. Le problème c’est qu’aujourd’hui, on ne dispose plus tellement de récits de lendemains qui chantent. Faute d’espoir, on se réfugie dans des récits de bien-être, qui peinent à tenir leurs promesses. Je me demande comment il faut faire pour que les professionnels de l’éducation de tous poils prennent conscience des réels enjeux. L’orientation, c’est la question de l’avenir et des places. Avouons que c’est une question difficile à soutenir. Parlons plutôt de la pluie et du beau temps, mais suffisamment longtemps pour s’apercevoir que le temps change.

  2. Bernard Desclaux Says:

    L’orientation n’a pas encore bifurqué vers la préoccupation globale de la survie. L’orientation institutionnelle se fait toujours dans le cadre du productivisme capitaliste, pendant que la pratique des personnels recherche le bien-être. Le présent l’emporte sur le futur pourrait-on dire.

  3. jeanmarie Quairel Says:

    Lier la dégradation de la Santé mentale des adolescents et celle de leur orientation procède d’un amalgame dangereux et pervers : Dans un système où les procédures d’orientation divisent la classe d’age, sur des critères majoritairement sociaux et où les jeunes ne disposent pas d’une égalité de pouvoir de décision sur leur avenir, je trouve que ce projet est un petit scandale…Il aurait du sens, si, au moins pour ce qui concerne la possibilité d’exercer un pouvoir sur son avenir scolaire et professionnel, l’ensemble des jeunes étaient logés à la mème enseigne. Cela éliminerait sans doute en partie une des raisons du mal-être des jeunes..C’est loin d’être le cas et je m’interroge sur la fonction exacte qui incombera aux PsyEnEDO ? Confrontés aux élèves en souffrance psychiques sérieuses, pour des raisons liées à un avenir qui leur semble échapper à leur pouvoir de décision, quelle sera leur pratique ? Psychologiser à outrance ( Psychiatriser ? ) le rapport douloureux d’un jeune à sa scolarité et à son désir d’avenir, me parait dangereux et pervers, s’il s’avère que ce sont les conditions extérieures qui le génère. C’est un projet éminemment réactionnaire, déguisé sous des préoccupations de « santé mentale », dans la lignée des mesures liées au « Choc des savoirs ». J’espère au moins que le SGEN-CFDT s’en dissociera !

  4. Bernard Desclaux Says:

    Concernant la position du SGEN-CFDT, je crains qu’ils aient basculé déjà sur la thématique santé mentale. Voir la page que je signalais dans le poste https://www.sgen-cfdt.fr/actu/psyen-et-sante-mentale-des-enfants-et-des-jeunes/ Eux-aussi, comme le SNES-FSU, n’évoque que la question du manque de personnel. L’objectif est accepté.

  5. Bob Poisson Says:

    Ce n’est pas parce qu’on va mal « psychiquement » qu’on ne peut pas envisager une émancipation scolaire. C’est même parfois la raison qui pousse l’individu à trouver des solutions en dehors de sa centration sur lui-même.
    Il y a là c’est vrai, une forme de paradoxe dont la résolution pour moi équivalait à travailler sur la capacité à « s’orienter » et non pas à « être orienté ».
    Je crois que ce phénomène/processus est très mal compris. L’accompagnement en orientation est devenu progressivement un sujet de croyance au lieu d’un objet scientifique. La question a été rangée par la profession de l’orientation elle-même comme une sous-catégorie mineure de la psychologie individuelle. J’ai même entendu des discours tout à fait sincères supposant la non-existence de la question de l’orientation réduite à un processus institutionnel. Ce qui arrangeait en fait l’institution, prompte à vouloir confier ces questions aux enseignants, qui ne peuvent raisonnablement « qu’orienter » les élèves, versus la capacité de l’élève à « s’orienter ».
    Je persiste dans mes « sentiments » sur la question en constatant la « cause est perdue » depuis un moment. Pour moi, la psychologie individuelle n’a jamais été qu’un outil parmi d’autres, qui pouvait être très pertinent, pour permettre à l’individu de s’émanciper de ses déterminants de tous ordres (sociologiques, économiques, d’origine etc…) De ce point de vue, la santé individuelle ne résout rien. Il reste tout à fait possible « d’aller mal » mais d’être tout de même sur un chemin d’émancipation pour peu qu’on ait les clés de ce chemin, qui peuvent « extra-individuelles ».

  6. Bernard Desclaux Says:

    L’échec, la frustration, le rejet peuvent-être moteur et énergisant pour certains, mais pour d’autres avoir un effet bloquant au contraire. Complexité du psychisme humain, mais aussi des entourages sociaux.
    La psychologie individuelle comme un outil parmi d’autres (comme tu dis) est devenu l’outil unique et universel avec la création du corps des PsyEn. Avoir une seule lunette est en fait très handicapant et produit l’illusion de « bien voir ».

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