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Bernard Desclaux

Nouvelle mission pour l’EPLE : la mission d’information pour l’orientation

Depuis 2007, on parle de la mission d’information pour l’orientation au sein des EPLE. Le parcours de découverte des métiers et des formations (pdmf) est mis en place depuis la rentrée 2008 dans les établissements volontaires, et est généralisé depuis la rentrée 2009. Il concerne tous les élèves, de la classe de cinquième jusqu’en classe terminale de lycée. (sur Eduscol : http://www.education.gouv.fr/cid24356/parcours-decouverte-des-metiers-des-formations.html ). Et étape récente, lancement du site salvateur : http://monorientationenligne.fr .


En 2007, à la suite d’un débat dans lequel j’étais intervenu lors de la formation des nouveaux directeurs de CIO à l’ESEN, j’avais écrit la matière du texte qui suit.

L’information pour l’orientation

Elle évoque pour moi nécessairement le modèle rationnel de la décision. C’est un modèle qui suppose, notamment, la liberté du sujet décideur, et qui s’est construit en opposition au modèle majoritaire antérieur de la décision sur l’autre. La décision du/des professionnels sur l’autre (le plus généralement l’enfant, puisque l’orientation professionnelle en France s’est pour l’essentiel développée à partir de la question de l’apprentissage) est fondée notamment sur le savoir sur l’autre. Les tests notamment ont fondé « scientifiquement » ce savoir sur l’autre.

On peut discuter du modèle de l’information totale, et de l’évolution vers le modèle du choix à rationalité limitée. Mais on ne va pas insister ici. Si ce n’est tout de même pour dire que les discours « injonctifs » habituels qui réclament le développement de l’information, supposent en général que l’on est sûr de cette information. On est sûr qu’elle n’est pas sujette à caution, qu’elle correspond bien à une « réelle » réalité, etc. Et on suppose également que le receveur en tirera évidemment « les conclusions qui s’imposent ». Donc d’une certaine manière on n’est pas loin en fait du modèle précédent de l’imposition sur l’autre.

Enfin la plus part du temps lorsque on évoque la nécessité d’une information, il s’agit toujours de l’information sur le « monde » : les formations, les métiers, l’emploi… Or dans le modèle traditionnel d’orientation basée sur la décision, il y a entre autre la question de l’information sur soi. On avait retrouvé le triptyque (métier-formation-soi) dans les circulaires sur l’éducation à l’orientation. Mais ce triptyque disparaît, et il y a en général oubli de cette dimension de l’information. C’est ce que l’on voit dans le PDMF (parcours de découverte des métiers et des formations, Apprendre à s’orienter tout au long de la vie : http://eduscol.education.fr/cid46878/le-parcours-decouverte-des-metiers-des-formations.html ).

Dans le monde scolaire, existe une source traditionnelle de connaissance sur soi. Il s’agit de l’évaluation professorale. En France cette évaluation professorale est très particulière, la notation à la françaisei. Le système français est plutôt de nature dépréciatif, il est plus basé sur le repérage de l’erreur, de la faute que sur la question de l’acquisition ou du progrès. Ce système lié aux procédures d’orientation développe également le paradoxe enseignant (faire réussir tous les élèves et produire des différences justifiant les décisions d’orientation, voir le rapport des IG : Les acquis des élèves, pierre de touche de la valeur de l’école ? IGftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/syst/igen/acquis_des_eleves.pdf ). Ce système est en pleine évolution, notamment par la question du socle, et des objectifs autour de l’acquisition de compétences. Mais cela suppose des modifications très profondes des comportements et d’attitudes.


Bernard Desclaux

ESEN, Poitiers le 15 novembre 2007

Suite à la formation des directeurs de CIO première année 2007

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