Les universités ne sont pas responsables de l’état dégradé du marché du travail pour les jeunes diplômés du supérieur, en particulier depuis la crise ouverte à l’automne 2008. 8,6% des diplômés de master 2007 étaient au chômage au 1er semestre 2010 : les universités ne sont pas responsables de ce niveau élevé.
Par contre, les universités doivent prendre leurs responsabilités en matière de préparation des étudiants à l’emploi, à la recherche d’emploi. La loi LRU a insisté sur leur mission d’insertion professionnelle ; elle a créé les bureaux d’aide à l’insertion professionnelle (BAIP). En octobre 2008, Valérie Pécresse avait promis 55 millions d’euros en 5 ans pour la création et le fonctionnement des BAIP ; elle n’a pas tenu sa promesse financière. Les BAIP ont pourtant été créés et ce blog a mis en valeur leur rôle crucial, même s’ils ont encore des progrès à faire. Quelques exemples de BAIP efficaces : universités de Lorraine (ici), Lille 3 (ici), Strasbourg (ici), Besançon (ici), Evry (ici), Mulhouse (ici)… A l’inverse, le Service Stages et Insertion professionnelle de Paris Sud 11 ne brille pas par le nombre de ses initiatives d’accompagnement des étudiants vers l’emploi (ici). Pas besoin : l’université ne se targue-t-elle pas d’être classé 1ère pour l’insertion de ses étudiants (chronique : “Insertion. Féliciter Paris Sud 11 ?“).
Les BAIP doivent faire comprendre aux étudiants que rechercher un emploi est un vrai travail : il faut anticiper l’arrivée sur le marché du travail (ne pas attendre d’être diplômé pour rechercher l’emploi) ; il faut consacrer du temps et des ressources à rechercher le meilleur emploi ; il faut évaluer les démarches faites. L’APEC, Pôle Emploi et l’AFIJ développent des partenariats avec les universités et leurs BAIP pour professionnaliser la recherche d’emploi.
L’AFIJ a édité en septembre 2010 un livret des bonnes pratiques en faveur de l’insertion profesionnelle des étudiants (document de 28 pages). Elles doivent être connues et mises en oeuvre dans les universités. “Préparer à l’insertion professionnelle (modules de formation aux stratégies de recherche d’emploi, accompagnement individuel et permanences), favoriser les rencontres entre étudiants et professionnels, organiser des évènements, prévenir les discriminations, expérimenter (prévenir et traiter le décrochage universitaire, valoriser les compétences acquises par le bénévolat)”.
Il existe cependant un problème de “taille”. Le travail pour acquérir des compétences dans la recherche d’emploi doit-il être obligatoire pour tous les étudiants ou ne concerner que les “volontaires” intéressés par l’offre des BAIP ? Il est sûr que ceux-ci ne pourraient pas faire face, dans l’état actuel de leurs ressources, à un “traitement de masse”. La question de la généralisation à tous les étudiants se pose pourtant. J’irai plus loin : l’acquisition de compétences pour la recherche d’emploi doit s’intégrer dans les cursus et être validée par des crédits. Par expérience, je sais que la plupart des enseignants n’y sont pas favorables. Ils devraient se remettre en question.