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Pierre Dubois

Insertion. Masters de Marne-la-Vallée

Suite de la chroniqueInsertion. L’université de Marne-la-Vallée ne répond pas“. Il est intéressant de relire le message du président de Marne-la-Vallée, désormais en page d’accueil du site de l’université. Un message pour expliquer que l’OFIPE, l’observatoire de l’université, n’a pas participé à l’enquête de la DGESIP sur le devenir professionnel des diplômés de masters obtenus en 2007 : cliquer ici. Confiant, le président Francis Godard affirme : “les résultats sont disponibles en ligne pour les étudiants et nos partenaires. Ils montrent d’excellents taux d’insertion de nos étudiants grâce à la politique volontaire de professionnalisation menée depuis la création de l’UPEMLV”.

J’ai écrit en fin de chronique du 18 octobre. “Répartition des indicateurs-clés par grandes disciplines enseignées à Marne-la-Vallée ? On ne sait pas. En fait, on ne sait plus grand’chose car l’équipe de l’OFIPE ne publie plus d’OFIPE Résultats : 10 numéros en 2008, 1 numéro en 2009, aucun en 2010. Ancien directeur de cet observatoire, j’ai pris ma retraite en novembre 2008 et ignore les raisons d’un tel changement de stratégie de publications. La transparence ne serait-elle plus de mise à l’UMLV ?”.

Un heureux hasard fait que l’OFIPE vient de mettre en ligne deux nouveaux numéros d’OFIPE résultats, l’un consacré au devenir des titulaires d’une licence professionnelle, l’autre dédié… au devenir des titulaires d’un master obtenu en 2007 (n°100). Ces deux numéros sont datés de mai et de juin… 2009 (cliquer ici). Ils ont donc été bloqués (censurés ?) plus d’une année ! Par qui ? Pourquoi ? Mais en définitive, bravo à l’OFIPE : “il faut publier les résultats qu’ils soient bons ou mauvais”.

On peut comprendre le malaise de cette université, fière de ses formations professionnelles (59 masters et 858 diplômés en 2007) et pilote du PRES Paris-Est. La dégradation de l’insertion des masters 2007, 18 mois environ après l’obtention du diplôme, est patente : le taux de chômage observé est de 14,6% (+ 5,6 points par rapport aux deux promotions précédentes) ; le taux de réponses à l’enquête est de 85%. Le taux de chômage atteint même 19,6% pour les masters ”Ville, territoire et environnement”. N’est-ce pas, président, votre champ de recherche ? Confirmez-vous que vous qualifiez d’excellents les taux d’insertion des masters de l’UMLV ?  

Ce n’est hélas pas tout. 20% des diplômés de master ont poursuivi ou repris des études après l’obtention de leur master. Rien à dire si ces 20% s’étaient inscrits en doctorat : c’est seulement le cas de 40% d’entre eux. Qu’ont fait les 60% des 20% (soit 12% des diplômés de master) ? Ils ont préparé ou préparent un concours, suivi une formation spécialisée, un autre master ou encore un autre diplôme de l’enseignement supérieur. Président, est-ce satisfaisant de voir 12% des diplômés de master poursuivre des études (autres que le doctorat) ou en reprendre ?

Bien des observatoires ne s’interrogent pas sur les poursuites d’études après le master. Le faible taux de poursuites (hors doctorat) devrait pourtant être un indicateur de performance parmi d’autres.

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