Catégories
Pierre Dubois

Les facteurs d’insertion des diplômés

Cette chronique recense les facteurs explicatifs de l’insertion professionnelle des jeunes diplômés du supérieur : 1. Impact des niveaux et types de diplôme, 2. Impact de la conjoncture économique, de l’évolution de la structure des emplois et des politiques de recrutement des entreprises, 3. Impact des caractéristiques individuelles des diplômés (sexe, origine sociale, type de baccalauréat, nationalité…). 4. Impact des politiques menées par les universités (dont les initiatives de préparation à l’emploi (BAIP).

Les résultats de la première enquête nationale sur le devenir professionnel en 2010 des diplômés de masters obtenus en 2007 (enquête DGESIP) vont-ils contredire une vérité qui semblait définitivement établie ? Il était vérifié en effet, dans toutes les enquêtes antérieures, que les diplômés du supérieur connaissaient un devenir professionnel meilleur que les diplômés d’un niveau d’études inférieur, que ceux de l’enseignement supérieur long connaissaient une meilleure situation que ceux de l’enseignement supérieur court. Avoir réussi des études supérieures longues représentait le meilleur atout sur le marché du travail.

Or qu’indique l’enquête DGESIP ? Le taux de chômage des diplômés du supérieur long (diplômés de master) était de 8,6%, 30 mois environ après l’obtention du diplôme, soit un taux de 2,6 points supérieur à celui observé pour les diplômés 2004 enquêtés au 1er semestre 2007. En 2007, le taux de chômage des diplômés 2004 de DUT, de BTS, de licence professionnelle était de 7% (enquête CEREQ, Génération 2004). Quel est le taux de chômage en 2010 des diplômés qui ont obtenu leur diplôme professionnel en 2007 ? L’enquête Génération 2007 du CEREQ le dira : hélas, les résultats n’en seront publiés qu’au début de l’année prochaine. En Italie, les enquêtes Almalaurea de ces dernières années ont révélé que les diplômés de 3 ans d’études (laureati) gagnaient davantage en début de vie professionnelle que les diplômés de 5 ans d’études (cliquer ici).

Ce bouleversement de la hiérarchie des diplômes universitaires sur le marché du travail est-il en train de se produire en France ?  Certes, le taux de chômage de l’enquête DGESIP n’est peut-être pas le taux réel, car le taux de réponses est à peine supérieur à 60%. Toujours est-il que les taux de chômage révélés par d’autres enquêtes sont en hausse pour les diplômés 2009 du supérieur par rapport à ceux des promotions précédentes : enquête APEC 2010enquête AFIJ. L’OFIPE vient de mettre en ligne les résultats de ses enquêtes sur les diplômés 2007 de l’université, diplômés de licence professionnelle  et de master. 18 mois environ après l’obtention du diplôme, deux des critères d’insertion sont meilleurs chez  les diplômés de licence professionnelle que chez les diplômés de master : taux de chômage de 8% contre 14,6%, taux de contrats stables de 83% contre 79%. Les masters conservent cependant un avantage salarial : salaire mensuel net (salaire médian : 2.040 euros contre 1.680). Lire la suite…

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *