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Bernard Desclaux

Arguments pour le maintien et la définition du CIO

Depuis plusieurs années, le corps des conseillers d’orientation-psychologues est en régression : quasi arrêt du recrutement, application de la RGPP. Depuis peu les Conseils généraux annoncent leur retrait du financement des CIO départementaux, provoquant des organisation de « fusion-disparition » de plusieurs CIO1. Enfin la mise en place du Grand service publique d’orientation fait craindre à nos syndicats une dilution de cette structure.

Il est donc nécessaire de rappeler à quoi sert un CIO.


L’argument habituellement employé de la notion de service de proximité est malheureusement à relativiser de par la réalité du maillage actuel des CIO, notamment hors des grandes zones urbaines. Les décisions des Conseil généraux de se défausser des CIO « départementaux » risque de remettre en cause encore plus ce maillage. Rappelons que le décret de création du CIO (1971) imposait à l’état une étatisation de tous les CIO dans un délai de cinq ans.

Il n’empêche que nous chercherons ici à formuler des arguments de principe.

1/ Le CIO (centre d’information et d’orientation) est un organisme extérieur aux établissements scolaires. Les COP (conseiller d’orientation-psychologue depuis 1992) y sont nommés. Tout en travaillant dans l’établissement sous l’autorité du chef d’établissement et dans le cadre du projet d’établissement, le COP reste indépendant du chef d’établissement, et son service est défini par le Directeur du CIO.

2/ A la différence du COSP (59-70, centre d’orientation scolaire et professionnelle), le CIO est un espace ouvert au public. C’est une situation très particulière et rare dans le cadre de l’éducation nationale. Ceci suppose notamment qu’un personnel technique (COP) devrait être présent et accessible sur tout le temps d’ouverture au public.

3/ Un espace ouvert à tout public depuis la création du CIO. Bien sûr, le CIO est fréquenté par les jeunes scolaires (du public et du privé) et leurs parents. Mais depuis 15 ans au moins, il l’est également par les étudiants, et de plus en plus par les jeunes adultes en recherche d’insertion ou de formation, et par les adultes en recherche d’une reconversion. D’une certaine manière, le CIO est impliqué de fait et depuis longtemps dans l’orientation tout-au-long de la vie.

4/ Les modalités de conseil et d’information sont déjà très diversifiées :

  • la réception physique bien sûr des demandeurs sous différentes formes ;
  • les réponses téléphoniques, aux courriers et aux mel sont courantes ;
  • les auto-documentations papiers sont de plus en plus supplantées par la consultation accompagnée des ressources sur le net ;
  • certains CIO développent des ressources électroniques locales accessibles par le public.


5/ Dans le cadre d’un travail prioritaire auprès des publics à besoin particulier ou à propos des décrocheurs, il est sans doute nécessaire de disposer d’
un espace neutre, hors de l’établissement scolaire.

6/ Le CIO est un observatoire du bassin. Etant extérieur et non-dépendant des établissements, il est à même de produire des données et des études sur le fonctionnement notamment de l’orientation au niveau du bassin.

7/ Enfin les nouvelles missions des COP vis-à-vis des établissements vont demander le développement de nouvelles compétences professionnelles chez les COP eux (conseil technique, ingénierie, formation). Cela nécessite un travail d’équipe, un travail collectif, hors de l’établissement, aussi bien pour exercer que pour développer ces compétences. Voir deux billets précédents :

Bernard Desclaux


1Voir la carte de ces projets http://www.service-public-orientation.fr/index.php?carte-de-france-des-fermetures-programmees-et-menaces-de-fermetures

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