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Pierre Dubois

Déjà une manif ! 20 janvier 2011

Premières manifestations de l’année à l’appel de l’intersyndicale de l’enseignement supérieur et de la recherche (communiqué intersyndical sur le site du SNESUP). ”Exigeons les emplois nécessaires. Imposons la résorption de la précarité. Refusons le budget de pénurie“. Rassemblements, manifestations : jeudi 20 janvier 2011. Y en aura-t-il un(e) à Strasbourg ? Si oui, ce sera ma première manif de l’année : je m’indignerai avec les pieds !

Les emplois à contrat déterminée (”contrats précaires”) dans l’enseignement supérieur et la recherche ne datent pas d’aujourd’hui mais ils progressent : ils concernent des personnels enseignants aussi bien que des personnels BIATOSS (bibliothécaires, ingénieurs, administratifs, techniciens, ouvriers de services) et même des emplois étudiants dans les universités (l’UNEF est le seul syndicat étudiant signataire de l’appel intersyndical).

Les universités passées aux responsabilités et compétences élargies (RCE) – depuis le 1er janvier 2011, la plupart d’entre elles sont dans cette situation dite d’autonomie – ont la main mise totale sur la gestion de leurs ressources humaines ; leur masse salariale ne peut cependant dépasser “un plafond d’emplois”, ce qui rend complexe voire impossible la titularisation des salariés précaires. Ce blog a déjà attiré plusieurs fois l’attention sur ce point : des universités vont aller droit dans le mur (tag Financements et tag RCE).

Les syndicats ont raison d’attirer l’attention sur la conséquence néfaste des RCE sur les précaires. Pour les universités autonomes, ceux-ci constituent une “marge de manoeuvre” plus forte que celle possible pour les personnels titulaires : ”certains établissements passés aux RCE se sont engagés dans des non renouvellements de CDD, faute d’une masse salariale suffisante alors que d’autres ont embauché à de très bons salaires des contractuels”. Les syndicats ne veulent pas du nouveau contrat qui serait proposé pour la fonction publique, le “contrat à terme incertain“.

Les syndicats ont d’autant plus raison de protester que les dotations de l’Etat aux universités pour 2011 ne sont pas, contrairement aux affirmations de la Ministre (site du MESR), en progression moyenne de 3%. Le CNESER, organe dont la consultation est obligatoire et qui n’a été convoqué qu’aujourd’hui… après la conférence de presse de la ministre, a rejeté massivement le budget des universités : 28 voix contre, 5 pour, 2 abstentions et 3 ne se prononçant pas. Valérie Pécresse continue de provoquer les syndicats en leur donnant des documents dans lesquels il est impossible de s’y retrouver et de pouvoir comparer les évolutions d’une année sur l’autre. La ministre ne cesse de provoquer les présidents en ne leur annonçant que mi-janvier leurs dotations pour 2011.

Il ne faut pas être grand prophète pour prévoir que les indignations vont s’accentuer dans les universités jusqu’au printemps 2012. Celles contre des statistiques manipulées vont être de plus en plus fréquentes (chronique : “Je cesse de m’indigner ? “). Dans l’immédiat, les présidents d’université doivent s’indigner avec le CNESER et boycotter les voeux de Valérie Pécresse (chronique : “Valérie 2011. Voeux ou bêtisier ?“).

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