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Pierre Dubois

842 CPGE dont “42″ nouvelles

“Valérie Pécresse a annoncé, pour la rentrée 2011, l’ouverture de 42 nouvelles classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) : 30 dans le public, 12 dans le privé” (site du MESR). Trois étonnements qui me confirment que la Ministre a un rapport fort désinvolte avec les données statistiques, ne dit pas la “vraie réalité” (chronique : “Quiz. Valérie Pécresse“). 1. Parmi ces 42 créations, il n’y a que 20 nouvelles “1ère année de CPGE” (tableau des créations), les autres “créations” sont des 2ème ou 3ème année (3ème année de prépa Economique et commerciale technologique au lycée Cassin-Frey à Strasbourg : chronique de ce blog). 

2. A la rentrée 2011, il y aura, selon le site Admission Post-bac, 842 CPGE. La Ministre ne savourait-elle pas, au vu des voeux Admission post-bac 2010, un regain de l’attrait des universités pour les étudiants et une moindre attractivité des CPGE. Pourquoi, dès lors, augmenter le nombre de CPGE ? 3. 12 créations de CPGE privées, soit 28,6%. Combien de CPGE privées à la rentrée 2011 ? 123, soit 14,6%. La “part belle” est donc donnée aux CPGE privées. S’en étonnera-t-on ? Non. L’enseignement supérieur privé progresse avec l’appui du gouvernement (chronique : “L”Etat se désengage“).

Suite du communiqué ministériel. “La rentrée 2011 s’inscrit dans le cadre de la volonté du ministère de mettre en place des partenariats entre les classes préparatoires et les universités. 28 nouvelles CPGE font l’objet d’une convention avec un établissement d’enseignement supérieur. Ce dispositif permet de décloisonner les formations de niveau Licence et d’assurer ainsi la fluidité des parcours pour le plus grand bénéfice des étudiants”. Valérie Pécresse se moque des élèves, de leurs parents, des enseignants-chercheurs universitaires en osant dire cela : ces partenariats sont du “pipeau”, même si certaines universités se plient à ses volontés : chronique “Prépas en université” et chronique “CPGE : casser le mur de béton“.

Suite du communiqué. “La ministre a précisé que la moitié des CPGE ouvertes concerneront la voie technologique (20 ouvertures sur 42). Celle-ci devrait ainsi compter 201 divisions [sur 842] à la rentrée 211 (avec un objectif de 221 en 2012), contre seulement 143 en 2007″. Très bien pour la voie technologique, mais qu’en est-il de la voie littéraire ?

Valérie Pécresse “fait” aussi pour cette voie : elle veut “offrir de nouveaux débouchés” aux élèves de ces prépas. Par la mutualisation des épreuves du concours BEL (Banque d’épreuves littéraires), ne leur ouvre-t-elle pas les portes des écoles commerciales et de management, de sciences politiques, de communication, de journalisme ou de traduction (chronique “Sois BEL et fuis l’université“) ?

Combien de prépas littéraires à la rentrée 2011, selon Admission post-bac ? 131 sur 842 (soit 15,6%). Combien parmi les 42 créations de 2011 ? Une seule : une 1ère année nouvelle au lycée Léon Blum à Créteil, en partenariat avec l’université de Paris 12 Créteil Val-de-Marne (c’est son nom ancien : je n’ai pas mémorisé le nouveau !). Le député-maire de Créteil est Laurent Cathala, membre du Parti socialiste. Un bon point pour la ministre ? Non ! Combien cette ville de 82.000 habitants avait-elle de CPGE avant cette création ? Zéro.

Quelles sont les villes et les lycées qui ont bénéficié de nouvelles créations de 1ère année de CPGE ?Marseillle, Noyon, Meaux, Lille, Saint-Etienne, Lyon, Montpellier, Le Mans, Bar-le-Duc, La Roche sur Yon, Sophia Antipolis, Cannes, Paris, Langres, La Havre, Strasbourg (collège épiscopal), Les Ulis et Corbeil-Essonne.

La ville de Meaux attire mon attention parce que son maire est connu. Meaux, ville de 49.000 habitants et qui n’est pas le siège de préfecture de la Seine-et-Marne, aura 7 CPGE à la rentrée 2011. Je n’oublie pas Créteil (cf. supra) et la région Midi-Pyrénées dont 5 départements (Ariège, Aveyron, Gers, Lot et Tarn et Garonne) n’auront toujours pas de CPGE à la rentrée 2011 (chronique du blog). La carte des CPGE est “politique” : elle n’est en aucun cas une carte des formations équitablement répartie sur l’ensemble du territoire. C’est une carte qui va à l’encontre de la démocratisation de l’accès à l’ensignement supérieur. Paris possède, à lui seul, 103 CPGE, et l’Ile-de-France 241, soit 28,6% des CPGE. Vivement les Instituts d’enseignement supérieur, socles d’une plus grande démocratisation de l’accès à l’enseignement supérieur : toutes les chroniques sur les IES.

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